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La santé de l’Allemagne est plus importante que le prix du franc

Les exportations helvétiques ne dépendent que de manière modérée des taux de change

Photo Pierre Luypaert
Photo de Pierre Luypaert (licence CC)

La cherté du franc menace les entreprises exportatrices: même s’ils diffèrent sur le remède, patronat et syndicats, gauche et droite, ne discutent pas le théorème économique du moment. Le raisonnement est logique: lorsque le franc suisse s’apprécie au regard des devises de nos principaux clients – l’euro, mais aussi le dollar ou le yen – les produits suisses deviennent automatiquement plus chers. Ils sont donc moins vendus.

Toutefois, comme dans n’importe quel marché, le prix n’est qu’un des facteurs qui influence la demande des produits d’exportation. La demande des produits d’exportation dépend également de la santé économique de nos partenaires commerciaux. S’ils sont en forte croissance, ils nous achètent plus de biens.

Alors, du taux de change ou de la bonne conjoncture économique, quel est le facteur déterminant?

Une étude de Credit Suisse réalisée en 2009 avait comparé l’élasticité des exportations par rapport à la demande étrangère et par rapport au taux de change. Elle arrive à la conclusion que le volume des exportations suisses est très sensible à la croissance des partenaires commerciaux tandis qu’il est «relativement inélastique par rapport aux fluctuations des taux de change». Ainsi, si l’Allemagne a une forte croissance économique comme en 2010 (3,6%), les exportations suisses vers ce pays croissent en règle générale du double, soit de 7,2%. Alors que si le franc s’apprécie de 1%, la diminution n’est que de moitié soit 0,5%.

Les exportations suisses ont donc beaucoup plus souffert de la crise financière de 2007 qui a entraîné un ralentissement quasi mondialisé de la croissance que de l’actuelle cherté du franc. Grâce à la croissance soutenue de nos clients – et surtout de l’Allemagne qui bénéficie, elle, de la baisse de l’euro -, les exportations suisses se portent actuellement bien.

A cela s’ajoute que les produits helvétiques se caractérisent par leur haute qualité ainsi que par leur forte intensité de connaissance et de recherche. Les acheteurs ne renoncent pas facilement à la qualité et à l’innovation même si les prix augmentent quelque peu.

Une raison de plus pour que les salariés refusent d’accepter les sacrifices demandés par un secteur économique qui semble profiter de l’occasion pour diminuer ses coûts.

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