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Le rejet de l’initiative de l’UDC était à portée de main

Même avec la question subsidiaire, le résultat du vote sur une initiative et un contre-projet peut ne pas refléter la préférence réelle de l’électorat

Photo Evan Parker
Photo de Evan Parker (licence CC)

L’acceptation de l’initiative de l’UDC et le rejet du contre-projet ont occulté le résultat de la question subsidiaire, dès lors sans intérêt. Or ce résultat montre que l’UDC aurait pu être tenue en échec si ses adversaires avaient choisi une stratégie adéquate.

En effet, le résultat du vote sur la question subsidiaire indique que le corps électoral a préféré le contre-projet à l’initiative, certes à une faible majorité, mais une majorité tout de même. Le résultat de la votation du 28 novembre dernier ne reflète donc pas la préférence des citoyens. Ce paradoxe dit de Condorcet, du nom du mathématicien français qui le premier l’a analysé à la fin du 18e siècle, peut se réaliser lorsque plusieurs alternatives sont soumises simultanément au vote.

En l’occurrence, seule l’UDC a tenu compte de ce paradoxe en choisissant une stratégie visant à faire gagner à tout prix son initiative. En effet, les conservateurs nationalistes auraient pu préconiser le double oui, dans l’espoir de voir s’imposer l’un (l’initiative) ou l’autre (le contre-projet) durcissement des règles de renvoi et, pour la question subsidiaire, favoriser l’initiative. Or l’UDC a tout misé sur l’initiative, en investissant une part importante de ses moyens dans le dénigrement du contre-projet. En préférant le double non, plus conforme à ses valeurs, la gauche n’a pas tenu compte de ce choix stratégique. Cette démarche, en soi respectable, a conduit au succès de ses adversaires. Or l’analyse des résultats montre que le rejet de l’initiative et l’échec de l’UDC étaient tout à fait possible. A condition toutefois de réfléchir stratégiquement en soutenant le contre-projet.

Il aurait suffi d’un déplacement de 4,3% des voix – un peu plus de 110’000 personnes – pour obtenir une majorité populaire en faveur du contre-projet. Ce déplacement aurait probablement permis de faire basculer dans le camp du oui les cantons (ZH, BE, LU, ZG, FR, SO, BS, BL, SH, AR, AG, VS, NE et JU) qui ont refusé le contre-projet à la plus faible majorité et d’atteindre ainsi la majorité des cantons. Initiative et contre-projet auraient tous deux été acceptés à la double majorité du peuple et des cantons, et la question subsidiaire devenait déterminante.

Passons précisément à la question subsidiaire. Si, dans cette seconde étape de la consultation, une majorité populaire a préféré le contre-projet à l’initiative, seule huit cantons ont fait de même. Le contre-projet n’a donc pas atteint la double majorité nécessaire du peuple et des cantons. Quatre cantons (BE, ZG, GR et SH) ne l’ont repoussé qu’à de faibles majorités. On peut supposer qu’une campagne expliquant clairement l’enjeu – faire échec à l’UDC et non pas exprimer des préférences absolues – aurait permis de mobiliser une partie des quelque 150’000 citoyens – logiquement des partisans du double non – qui se sont abstenus de répondre à la question subsidiaire. Grâce à cet apport de voix, ces quatre cantons auraient pu rejoindre les huit autres ayant opté pour le contre-projet dans la question subsidiaire. Un contre-projet qui aurait alors obtenu la double majorité du peuple et des cantons et dépassé le score de l’initiative. L’UDC aurait perdu son pari du tout ou rien.

On ne réécrit pas l’histoire. Mais on peut en tirer quelques enseignements. Notamment la nécessité de prendre en compte la stratégie de son adversaire si l’on ne veut pas contribuer à son succès.

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