Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste du 31 octobre 1963 au 24 juin 2021
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Après 58 ans, Domaine Public a cessé de paraître. Ce site ne publiera plus de nouveaux articles et est en cours de transformation pour présenter l'histoire et les archives du journal.

Transports : 48 dimanches avec voitures

Le souvenir de 1973 est encore vif. Le Conseil fédéral avait décrété trois dimanches sans voitures pour parer, au moins symboliquement, à la crise du pétrole de l’époque. Tout le monde en avait profité. La joie de fouler des espaces défendus s’était mêlée à la crainte d’un avenir énergétique incertain. Avant 1973, le Conseil fédéral n’avait interdit la circulation que pendant la Deuxième Guerre mondiale et lors de la crise de Suez en 1956.
Depuis ces jours extraordinaires, l’envie de recommencer ne s’est jamais éteinte. Les projets, les initiatives et les pétitions se sont succédé en vain. En 1975, le peuple et les cantons ont refusé d’introduire douze dimanches sans véhicules à moteur ni avion. En 1976, le Parlement a rejeté l’idée d’interdire la circulation le jour du Jeûne fédéral. Les cantons de Berne et de Bâle-Campagne ont essayé à leur tour sans succès, tout comme la Session des Jeunes en 1994. En 1996, une initiative parlementaire exigeant deux jours par an sans voitures avait été refusée. L’initiative «des dimanches» a repris le flambeau en 1998. Après un parcours tourmenté aux Chambres fédérales, elle sera enfin soumise au vote du peuple et des cantons sans contre-projet.

Le réalisme contre l’utopie
L’opposition, menée par le Conseil fédéral, invoque les libertés individuelles, les impératifs touristiques, les besoins des régions périphériques, la surcharge administrative et les relations internationales. La crédibilité du pays serait en jeu, aussi bien en Suisse qu’à l’étranger.
Les partisans des dimanches sans voitures parlent, quant à eux, de joie de vivre, d’espace de liberté, de loisirs et de sérénité. La convivialité et le bien-être populaires ainsi que la protection de l’environnement sont au cœur de leur action. Ils réclament la voie publique, car la vie doit primer sur le trafic.
Le débat s’articule entre un pragmatisme fondé sur les contraintes administratives, juridiques et économiques – sans oublier les impératifs sacro-saints du fédéralisme – et un rêve urbain nourri de valeurs à la fois indéfinies et irréfutables, œcuméniques en quelque sorte.
L’initiative conteste le diktat de la mobilité à tout prix. Elle revendique des plages d’immobilité ou de lenteur non productives. Quatre dimanches par an sans voitures sont une hallucination de bonheur. Le signe d’une naïveté qui ne perd pas espoir. C’est David contre Goliath, car l’économie du pays, ses relations extérieures et l’indépendance légendaire de sa population ne seront pas compromises. Quarante-huit dimanches voués au va-et-vient routinier à moteur devraient suffire largement à leur sauvegarde.

www.dimanches.ch
Message du Conseil fédéral, décembre 1999.

Une réaction? Une correction? Un complément d’information? Ecrivez-nous!
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, https://www.domainepublic.ch/articles/1087 - Merci
DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur https://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: https://www.domainepublic.ch/articles/1087

Thématiques

Accueil

Auteures / Auteurs

Les articles

Les publications

Le Kiosque

À propos de DP