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«Too Big to Fail»

Une commission fédérale à la démesure du problème sans personne pour représenter les hommes et les femmes au bout de la chaîne

Le Conseil fédéral a, le 4 novembre, nommé une commission d’experts chargée «de se pencher» – on appréciera la rédaction de la mission, délicate comme une aquarelle: les experts se pencheront… – sur la question des établissements trop grands pour faire faillite (too big to fail).

A relever, mais ce n’est pas le sujet de cet article, le retournement néo-libéral du mythe de Babel. L’orgueil humain, dans sa folie des grandeurs, voulait, jusqu’à ce jour, construire si grand et si haut qu’il se condamnait à l’écroulement. Aujourd’hui Big-Babel est une garantie, étayage assuré.

Dans ce too big, on range des phénomènes économiques de nature différente. La taille, d’abord. Elle est à mettre en rapport avec le pays où s’exerce l’activité. Par exemple, l’industrie automobile, seule à faire vivre une région. Deuxième critère, la nature de l’activité. Les banques ont montré leur spécificité. Elles irriguent l’économie. Sans la circulation sanguine qu’elles assurent, l’économie serait paralysée, si bien qu’il est moins coûteux d’assurer leur survie que de secourir les entreprises touchées, systémiquement, par les faillites. Le troisième critère est la combinaison des deux premiers, la taille et l’activité bancaire. Il fait ressortir une particularité suisse: un déploiement mondial et une assise étroite. Un cône renversé. La question: comment éviter que les affaires mondiales d’UBS ou de Credit Suisse puissent mettre en danger l’économie nationale?

Les experts désignés représentent les grands secteurs publics et privés de la Confédération: Administration des finances, Banque nationale, Seco, Finma, Commission de la concurrence, Université, UBS, Credit Suisse, Novartis, Swiss Re, Zurich Financial. Economiesuisse occupe deux sièges: un membre de son comité directeur, président du Conseil d’administration de Holcim, et son président.

Les experts «se pencheront» donc sur les effets systémiques de la défaillance d’un too big. Mais au bout de la chaîne, les derniers dominos sont des emplois – c’est-à-dire, au-delà du vocabulaire économique, des hommes, des femmes qui «gagnent leur vie». Ils n’ont pour les représenter aucun expert dans la commission des entre-soi, où s’affichent en anglais les titres, tel Ulrich Körner, «Group Chief Operating Officer, Member of the Group Executive Board, UBS, USA».

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