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L’Etat et les féodalités bancaires

Il est urgent de taxer les transactions financières

La crise financière semble s’apaiser, mais pas la colère politique et populaire contre les gains octroyés à certains acteurs de l’industrie financière – rétribution des administrateurs ou des membres de la direction, parachutes dorés, bonus récompensant les traders, tous dans le même sac. Le rejet prend des formes diverses : exigence que les résultats soient assurés dans la durée, bonus-malus (G20), renforcement du contrôle par les actionnaires, écart plafonné des salaires (initiatives populaires suisses).

Toutes ces propositions seront difficiles à appliquer. Qu’importe ! Elles méritent d’être soutenues. Car ce qui compte, ce n’est pas (pas seulement) leur efficacité économique, mais l’expression, culturelle, d’une autre échelle des valeurs.

Système

Les bénéficiaires de l’industrie financière sont aujourd’hui plus visibles. Mais, pour produire leurs gains a été mis en place tout un système. Accroché à l’activité bancaire utile, celle qui met à disposition de la croissance économique les crédits irrigants, s’est développée une finance parasitaire et spéculative. Elle ne crée pas de plus-value. Elle rançonne, comme des seigneurs, maîtres d’un passage obligé, prélevaient un péage. Cette comparaison n’a rien de littéraire. L’affrontement est réel entre les Etats qu’incarne le G20 et les féodalités bancaires, fortes de la démonstration que leur importance (“too big to fail“) leur garantit une assurance contre la faillite.

Les exigences des Etats en contrepartie demeurent timides : renforcement des fonds propres pour les activités de banque d’affaires, application plus rigoureuse de règles comptables.

Taxes

Les activités parasitaires devraient être cernées et faire l’objet d’une taxation adéquate. On retrouve, sous une forme ou sous une autre, la proposition Tobin. Frapper les mouvements de capitaux est une idée simple et juste. Réaliste si les Etats responsables des grands centres financiers coordonnaient leur politique. Le droit de timbre qui frappait jadis les transactions mobilières est resté efficace aussi longtemps qu’il n’a pas été démantelé par les Etats se faisant concurrence. Si ces mêmes Etats appliquaient une règle identique, par exemple une taxe commune, ils affirmeraient leur supériorité sur les féodaux bancaires et se procureraient des ressources indispensables à leur développement et à celui des pays sous-dotés.

Réagir contre les bonus, soit. Mais que cette protestation ne détourne pas de l’essentiel qui est de s’en prendre au système.

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