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Où en est la restructuration d’UBS?

Cela doit être la question essentielle pour les pouvoirs publics

M. Marcel Rohner, numéro un d’UBS, tenait, en annonçant la semaine dernière les résultats 2008, le rôle du valet fidèle de Madame la Marquise:
Déficit de 20 milliards, mais à part ça….
Retrait par les clients de 226 milliards, mais à part ça…
Licenciements, tout va très bien, tout va très bien.
Et cependant, il faut que l’on nous dise…

Où en est la restructuration de la banque? C’est la question essentielle que l’autorité publique est en droit de poser et l’imposer. Car une banque, telle UBS, ne peut pas à la fois tenir une part importante dans les affaires nationales de crédit et d’épargne, et opérer dans la gestion de la fortune privée internationale ainsi que dans les affaires de négoce. Les intérêts nationaux détenus par la banque ne peuvent pas être exposés aux aléas des placements, des investissements dans les grandes affaires mondiales. Qu’UBS soit présente sur les marchés internationaux, nul obstacle, à la condition qu’elle ne joue pas, à ce casino, l’argent du ménage. Autrement dit, la structure doit clairement séparer, juridiquement et non pas simplement sur le plan organisationnel, les activités et les risques qui en découlent. Et si cette claire séparation des risques n’était pas spontanément décidée, la loi sur les banques devrait l’imposer en ces termes: la banque qui détient plus de X pour-cent du crédit national ne peut participer pour plus de X pour-cent aux affaires internationales.

Concurrence

UBS a annoncé qu’elle allait renforcer sa présence sur le marché suisse, créant des divisions spécifiques pour encadrer cette intervention.

Or, le marché suisse est déjà bien quadrillé par les banques cantonales, régionales, Migros, Raiffeisen. La présence renforcée d’UBS ne peut que le stimuler. On s’en réjouirait si un des acteurs les plus importants n’avait pas bénéficié du soutien de l’Etat. La concurrence en est faussée. Le Conseil fédéral s’en était montré soucieux, mais à l’égard de Credit Suisse, qui l’avait rassuré. En fait, l’intervention de l’Etat en faveur d’UBS pose tout le problème de la structure des deux grandes banques suisses universelles, celui du marché national et de la concurrence. L’Etat ne peut limiter son action à un sauvetage.

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