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	<title>Domaine Public &#187; UDC / Christoph Blocher</title>
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	<description>Analyses, commentaires et informations sur l&#039;actualité suisse</description>
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		<title>La saga de la «Basler Zeitung»</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/19729</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Feb 2012 22:55:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Ghelfi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication, médias]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1943]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="187" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/baz-250x187.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo nchenga" title="Basler Zeitung" /></p>Presse: la droite nationaliste entre mensonges, demi-vérités et écrans de fumée<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="187" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/baz-250x187.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo nchenga" title="Basler Zeitung" /></p><p>Peu avant Noël, le financier tessinois Tito Tettamanti a racheté, pour la deuxième fois en moins de deux ans, la <em>Basler Zeitung (BaZ</em>), en reprenant les actions de la fille cadette de Christoph Blocher, Rahel. De nombreux articles ont été publiés à ce sujet dans la presse alémanique. Peu de choses en revanche ont paru dans les médias romands.</p>
<p>L’histoire est pourtant édifiante. Autant par les personnages qui occupent le devant de la scène que par la manière dont des gens très fortunés (Blocher, Tettamanti, Ospel et quelques autres) se préoccupent de la diversité de la presse helvétique.</p>
<p>Tito Tettamanti est arrivé à la tête de la <em>BaZ</em> en 2010 en installant de suite un nouveau rédacteur en chef, Edwin Somm, auteur d’une biographie autorisée de Christoph B., qui œuvrait jusque-là à la <em>Weltwoche</em>, hebdomadaire officieux de l’UDC. Auparavant, la <em>Weltwoche</em> faisait partie du groupe de presse Jean Frey, racheté déjà par Tito Tettamanti, qui avait installé à sa tête le conseiller national zurichois Filippo Leutenegger, radical tendance UDC. Leutenegger s’était fait un nom en lançant et animant <em>Arena</em>, l’émission politique du vendredi soir de la télévision alémanique.</p>
<p>Les journaux du groupe Jean Frey (notamment <em>Beobachter</em> et <em>Bilanz</em>) ont été vendus au groupe de presse allemand Springer, alors que la <em>Weltwoche</em> était cédée, à des conditions jamais révélées, à celui qui en est devenu l’éditeur et rédacteur en chef, Roger Köppel.</p>
<h3>Qui était derrière Moritz Suter?</h3>
<p>L’arrivée du duo Tettamanti-Somm à la tête de la <em>BaZ</em> n’a pas été appréciée dans la région bâloise, dont les références ne sont pas trop tessino-zurichoises, et les affinités plutôt de centre-gauche qu’UDC. Pour ne rien arranger, quelques mois plus tard, Tettamanti révélait qu’un mandat d’expertise de la holding qui coiffe le journal et l’imprimerie avait été confié à la société Robinvest, propriété de Christoph et Rahel Blocher.</p>
<p>La <em>bronca</em> bâloise qui en découla conduisit Tettamanti, en novembre 2010, à annoncer qu’il avait résilié le mandat de Robinvest et cédé la holding à un Bâlois pur sucre, Moritz Suter, fondateur de la société d’aviation Crossair et très éphémère président de Swissair peu avant la débâcle de cette dernière.</p>
<p>La question a immédiatement surgi. Qui était derrière cette acquisition? Moritz Suter n’est certainement pas à plaindre mais il ne possède pas les dizaines de millions de francs nécessaires pour financer un tel achat (ou pour fournir des garanties suffisantes en vue d&#8217;obtenir un prêt bancaire). Il a pourtant prétendu qu’il avait déboursé un million de francs et qu’il était désormais seul maître à bord. Les médias alémaniques qui suivaient l’affaire ont eu de la peine à le croire. L&#8217;hypothèse était d’autant moins crédible qu’Edwin Somm était confirmé comme rédacteur en chef.</p>
<p>La situation est restée en l’état jusqu’à la mi-décembre 2011. En fait, jusqu’à l’envoi d’un courriel de Suter aux membres de la rédaction du journal dans lequel il expliquait qu’il avait dû céder les actions de l’entreprise à Rahel Blocher, conformément à une disposition (<em>call option</em>) figurant dans un contrat qui le liait à Robinvest et qui lui avait permis de racheter le capital-actions pour la somme d’un million de francs. La sortie de Moritz Suter signait aussi l’échec de sa tentative de lever dans la région bâloise les fonds suffisants pour racheter le contrat à Robinvest et changer de rédacteur en chef.</p>
<p>Dans la foulée, on apprenait que l’intermédiaire qui s’était porté garant d’un prêt de 70 millions de francs accordé au groupe <em>BaZ</em> par un consortium bancaire (UBS, Credit Suisse, Banque cantonale de Bâle et sa filiale Banque Coop) était Marcel Ospel, l’ancien dirigeant d&#8217;UBS, auquel on doit la quasi-faillite spectaculaire de la première banque du pays. L’occasion de rappeler qu&#8217;Ospel avait vigoureusement fait campagne en 2003 pour l’élection de Blocher (et aussi par la suite de Hans-Rudolf Merz) au Conseil fédéral. Et que Blocher avait été l’invité d’honneur d&#8217;Ospel lors du mariage de ce dernier il y a quelques années.</p>
<h3>«Pas lié, ni directement, ni indirectement»</h3>
<p>Le départ de Moritz Suter de la <em>BaZ</em> a tardivement permis d’établir la transparence tant demandée quant aux vrais détenteurs du quotidien bâlois. Mais plus encore que la transparence, c’est le jeu trouble et mensonger de Christoph Blocher qui est apparu au grand jour à cette occasion. Et Tito Tettamanti n’a pas été en reste dans cette affaire. Ce n’est pas à Suter qu’il a vendu la <em>BaZ</em>, comme il l’a annoncé, mais à Robinvest. Le mandat de cette dernière a été si bien rompu, comme il l’avait indiqué, que Robinvest est devenu propriétaire de facto de la <em>BaZ</em>!</p>
<p>Quant à Blocher, c’est un plaisir de relever qu’il a constamment prétendu qu’il n’était <em>«pas impliqué»</em> dans la <em>BaZ</em> et qu’il n’y était <em>«pas lié financièrement, directement ou indirectement»</em>.</p>
<p>En avril 2011, le journaliste Roger Schawinski lui a demandé s’il savait auprès de qui Moritz Suter avait obtenu un prêt? Blocher lui a répondu <em>«non, je ne le sais pas»</em>. En novembre 2010, la <em>NZZ am Sonntag</em> avait écrit que Blocher avait pris le pouvoir à la <em>BaZ</em>; il rétorquait que c’était un mensonge. Dans <em>Tele Blocher</em>(sur internet), il s’est plaint, à la mi-décembre dernier, de faire l’objet d’une chasse à l’homme qui lui rappelait l’époque où l’on disait de ne pas acheter chez les Juifs. Tentative de victimisation que le président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme a qualifiée de <em>«monstrueuse»</em>. Et dans la même émission de<em>Tele Blocher</em>, il qualifiait de <em>«nord-coréennes»</em> les relations qui règnent dans le paysage médiatique helvétique.</p>
<p>La <em>BaZ</em> est peut-être un bon exemple de pratiques nord-coréennes. Après que M. Suter eut annoncé son départ, le rédacteur en chef a réuni les journalistes qui lui ont demandé s’il savait que Christoph et Rahel Blocher étaient les vrais propriétaires du journal. Somm a prétendu ne rien savoir de tout cela. Ce qui n’a pas convaincu grand monde. Pas non plus inintéressant de savoir que la <em>BaZ</em>, qui collabore à Newsnet (la version en ligne du <em>Tages-Anzeiger</em>), a fait filtrer les informations accessibles à Bâle relatives aux rapports de propriété du quotidien bâlois. A nord-coréen, nord-coréen et demi.</p>
<h3>De quelle indépendance parle-t-on?</h3>
<p>La reprise de la <em>BaZ</em> par Rahel Blocher a tenu moins d’une semaine. Tito Tettamanti est réapparu le 14 décembre pour annoncer qu’il venait de fonder la holding Medienvielfalt (diversité de la presse) qui reprenait avec effet immédiat les actions de la <em>BaZ</em>. L’opération a pu se dérouler très rapidement, a indiqué Tettamanti, parce que Blocher s’est engagé à garantir intégralement et sans limites les pertes d’une imprimerie surdimensionnée, lourdement déficitaire, qui emploie une centaine de personnes. Le découvert cumulé tournerait autour des cent millions de francs, auxquels s’ajouteraient une trentaine de millions de francs pour assainir la caisse de pension. Un milliardaire peut sans doute se permettre des pertes potentielles aussi élevées. Mais cela signifie aussi que son influence dans la <em>BaZ</em> reste déterminante.</p>
<p>Le conseil d’administration de la holding Medienviefalt est composé de Marina Masoni (présidente, radicale, ancien conseillère d’Etat tessinoise), Georges Bindschedler (avocat, membre de la société des <em>Schweizer Monatshefte</em> – mensuel du parti radical), Filippo Leutenegger, Robert Nef, président du <em>Liberales Instituts Zürich</em>) et Uli Windisch (professeur de sociologie à l’Université de Genève). Et dans le conseil d’administration de la <em>BaZ</em> : F. Leutenegger (président), Adriana Ospel-Bodmer (épouse de Marcel) et quelques autres personnes souvent présentées comme les partenaires de jass de Marcel Ospel…</p>
<p>S’agissant de la diversité de la presse, la holding Medienvielfalt a accordé un crédit de 450&#8217;000 francs au site internet <em>LesObservateurs.ch </em>lancé par Uli Windisch<em></em>. Il est bien connu en effet que le <em>«politiquement correct et la bien-pensance de gauche dominent encore largement»</em> dans la grande presse helvétique. Nous voilà rassurés.</p>
<h3>Une authentique famille d’oligarques</h3>
<p>On pourrait se demander quels sont les motifs qui ont poussé Blocher à tant s’investir dans la <em>BaZ</em>? Il lui importait, a-t-il dit, que ce quotidien ne tombe ni dans le giron du groupe <em>NZZ</em> ni dans celui du <em>Tages-Anzeiger</em> afin de maintenir l’indépendance de la <em>BaZ</em> et, par extension, d&#8217;assurer la diversité de la presse en Suisse. Mais de quelle indépendance est-il question si ce journal passe sous le contrôle du premier parti politique du pays qui n’est pas autrement connu pour sa pratique du pluralisme d’opinions?</p>
<p>Dans toute cette histoire, fédéralisme oblige, il ne faut pas omettre de mentionner la concurrence très ancienne qui oppose Bâle et Zurich, ainsi que les aspects émotionnels suscités dans la région bâloise par les mensonges, les demi-vérités et autres écrans de fumée lancés par la droite nationaliste zurichoise. Robinvest est zurichois; Edwin Somm continue d’habiter sur les bords de la Limmat. Filippo Leutenegger fait partie de la députation zurichoise aux Chambres fédérales. Tettamanti est certes tessinois, mais c’est depuis Zurich qu’il a fait savoir qu’il rachetait pour la deuxième fois la <em>BaZ</em>.</p>
<p>Christoph Blocher a souvent été comparé à Silvio Berlusconi (sans les <em>bonga bonga</em>) pour son appétit de l’argent et du pouvoir. Mais le journaliste Constantin Seibt, dans le <em>Tages-Anzeiger</em> du 13 décembre 2011, suggère une autre comparaison: <em>«avec les Blocher, la Suisse a une authentique famille d’oligarques: avec ses propres château, parti, sociétés, usines et journaux»</em>.</p>
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		<title>La recherche incessante de la déstabilisation des institutions</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/19490</link>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 10:18:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Ghelfi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Secteur financier et bancaire]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1939]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="164" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundesplatz2-250x164.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Andreina Schoeberlein" title="Bundesplatz" /></p>Au-delà l'affaire Hildebrand, retour sur la filière UDC<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="164" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundesplatz2-250x164.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Andreina Schoeberlein" title="Bundesplatz" /></p><p>Le nuage de poussière autour de <em>«l’affaire Hildebrand»</em> étant retombé, on commence à mieux distinguer la manière dont les différentes éléments s’articulent.</p>
<p>Un informaticien de la banque Sarasin, membre de l’UDC, prend à la mi-août une ou plusieurs photos d’écran où apparaît une transaction monétaire sur le compte de Philipp Hildebrand. L’informaticien contacte un ami d’école, avocat, député UDC au Grand Conseil thurgovien. Apparemment d’un commun accord, ils rédigent un projet d’interpellation qu’ils adressent au conseiller national Hans Kaufmann, membre de l’UDC. L’<a href="http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20114163">intervention</a>, déposée le 23 décembre dernier, est formulée en termes très généraux (entre autres: «<em>Les membres du Conseil de banque, de la direction générale et les collaborateurs de la BNS sont-ils soumis à des prescriptions internes leur interdisant d&#8217;utiliser des informations confidentielles. A-t-on effectué les vérifications nécessaires, en 2010 et 2011;? A-t-on examiné les relations et les opérations bancaires des personnes concernées?»</em>).</p>
<p>Les versions de l’informaticien et de l’avocat divergent pour savoir qui a décidé de transmettre parallèlement ces informations à la <em>Weltwoche</em> (quasi organe de l’UDC) et à Christoph Blocher, vice-président de l’UDC. Ce dernier en informe Micheline Calmy-Rey, alors présidente de la Confédération, à trois reprises, entre le 5 et le 15 décembre.</p>
<p>Dans les quelques jours qui suivent, l’organe de révision externe de la BNS (la société PriceWaterhouseCoopers) rend un rapport qui ne trouve rien à redire à la transaction financière du couple Hildebrand (l’opération de revente de dollars deux mois plus tard, avec un bénéfice de change d’une septantaine de milliers de francs est cependant qualifiée de <em>«délicate»</em>). Un autre rapport du Contrôle fédéral des finances n’en dit pas davantage. Après coup, on peut s’interroger sur le sérieux de ces deux rapports. Encore faudrait-il connaître les termes précis du mandat qui a été donné. Probablement consistait-il principalement à déterminer si cette opération contrevenait au règlement interne de la BNS. Or du point de vue réglementaire l’opération d’achat de devises ne posait pas de problème particulier. Et pas davantage sous l’angle pénal puisque la notion de délit d’initié ne recouvre pas les opérations sur devises.</p>
<h3>Blocher et Ebner</h3>
<p>Même en l’absence de contravention au règlement interne et au Code pénal, la faute morale du couple Hildebrand est évidente. Jean-Pierre Roth, ancien président de la direction générale de la BNS, a été on ne peut plus clair: un banquier central, qui a la tâche de veiller à la stabilité de la monnaie, doit s’abstenir de toute opération sur devises, quelles qu’elles soient. La crédibilité de sa parole est liée à une activité irréprochable, qui doit rester au-dessus de tout soupçon.</p>
<p>Sans doute. Mais lorsqu’on voit Blocher répéter en boucle qu’il est inadmissible d’avoir un spéculateur à la tête de la BNS, on ne peut s’empêcher de penser à sa <a href="http://www.tagesanzeiger.ch/wirtschaft/unternehmen-und-konjunktur/Christoph-Blocher--der-Profi/story/30928937?">carrière d’industriel et de financier</a>. Avec son maître et ami, le banquier Martin Ebner, ils n’ont eu de cesse, pendant une vingtaine d’années, de spéculer sur tout ce qui bougeait – ou ne bougeait pas – et s’offrir des plus-values se chiffrant en dizaines et dizaines de millions de francs.</p>
<h3>Faux-monnayeur</h3>
<p>Maintenant que le dénouement est connu (prenant connaissance d&#8217;autres pièces, le Conseil de la BNS retire sa confiance à Hildebrand et celui-ci démissionne), on peut revenir au début.</p>
<p>Avec une première question qui titille. Pourquoi diable l’informaticien de la banque Sarasin s’est-il intéressé à une transaction sur devises sur le compte du couple Hildebrand? La réponse semble évidente. L’UDC – et la <em>Weltwoche</em> – ont mené depuis l’été 2010 une campagne haineuse contre le président de la BNS, accusé d’être un faux-monnayeur et un voleur, qui dilapidait la <em>«fortune du peuple suisse»</em>. En cause, bien sûr, les achats massifs de dollars et d’euros au printemps 2010 pour éviter la réévaluation constante du franc suisse. </p>
<p>Ces achats massifs ont permis de maintenir une parité de l’euro autour de 1,40 franc. Mais lorsqu’ils ont été interrompus, la réévaluation du franc a repris, pour terminer l’année 2010 à 1,25 franc. L’option de la BNS est controversée. Certains parlent de fiasco, qui a fait perdre plus de 20 milliards à la BNS. D’autres ont une vision plus positive. Les interventions ont eu lieu au printemps 2010, alors que l’économie suisse (et mondiale) sortait d’une crise financière majeure, qui comportait un risque substantiel de se transformer en profonde récession économique. L’action de la BNS est intervenue à un moment stratégique et a permis à l’économie suisse de rebondir et de réaliser une croissance économique réelle de 2,7% (1,7% en moyenne dans la zone euro). Sans les interventions de la BNS, la réévaluation du franc aurait coupé les ailes de la reprise, avec un risque certain de récession.</p>
<p>Vue sous cet angle, la question de la <em>«fortune du peuple suisse»</em> se pose en des termes bien différents: est-ce le bilan de la BNS qui est le plus important ou bien la santé des entreprises et l’emploi?</p>
<p>L’UDC ne s’embarrasse pas de telles nuances. Sa campagne haineuse laisse des traces. Ce n’est sans doute pas par hasard que l’informaticien de la banque Sarasin et l’avocat-député thurgovien se sont retrouvés pour discuter de la meilleure tactique pour faire tomber le président de la BNS. L’ancien procureur tessinois Paolo Bernasconi (<em>NZZ am Sonntag</em> du 8 janvier) a raison de considérer que les membres de l’UDC ont cherché un coup politique bien davantage qu’ils ont eu le souci de rétablir l’ordre légal. Sinon ils se seraient adressés à un procureur ou au président du Conseil de banque, et en dernier recours aux autorités politiques et aux médias si leur intervention était restée sans effet. Le même Paolo Bernasconi ne peut non plus s’empêcher d’ironiser sur ce parti qui, il y a encore quelques mois, parlait de vouloir défendre sans concession le secret bancaire, au point de proposer de l’inscrire dans la Constitution fédérale, et qui ensuite n’hésite pas à le violer pour poursuivre des objectifs politiques.</p>
<h3>Pourquoi tant de haine?</h3>
<p>Cette question de la violation ou non du secret bancaire conduit certains des acteurs à tenir des propos alambiqués. L’avocat-député thurgovien, qui a eu les documents en mains et les a vraisemblablement transmis à la <em>Weltwoche,</em> dit qu’il n’était qu’un <em>«facteur»</em>. Christoph Blocher a déclaré qu’il n’avait jamais eu les documents en main, puis qu’il n’avait pas eu des documents <em>«originaux»</em> (les photos d’un écran d’ordinateur sont-elles des <em>«originaux»</em>?) et enfin qu’il n’était, lui aussi, qu’un <em>«facteur»</em>…</p>
<p>Mais pourquoi tant de haine? En plus des éléments évoqués plus haut, il y a certainement un aspect personnel. Philipp Hildebrand représente un peu l’antithèse de Christoph Blocher. C’est un cosmopolite, largement ouvert au monde, qui n’imagine pas un instant que la Suisse puisse vivre isolée et qui collabore intensément avec les autres Banques centrales et les institutions internationales. Cerise sur le gâteau ou épine – c’est selon – il a épousé une Anglo-saxonne d’ascendance pakistanaise. Pire encore, il a joué un rôle central dans la mise en place des éléments du sauvetage de l’UBS et s’est parfaitement entendu à cette occasion avec la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, suppléante de Hans-Rudolf Merz alors hospitalisé. Et la maîtrise dont cette dernière a fait preuve dans ce sauvetage n’a pas peu contribué à sa bonne réputation, qui a elle-même joué lors de sa récente réélection.</p>
<p>Hildebrand a également, dès le début de la crise financière de 2007-2008, réclamé une hausse substantielle des fonds propres des grandes banques, qui a débouché sur la modification législative récente dite du <em>«too big too fail»</em>, combattue jusqu’au bout par l’UDC. Sans succès. <em>Last but not least</em>, Hildebrand a<em>«osé»,</em> le 6 septembre, lier le franc à l’euro (plancher de 1,20 franc pour un euro). Une option qui équivaut, aux yeux de l’UDC, à saborder l’indépendance nationale et à se <em>«soumettre»</em> à l’Union européenne. Quasi un crime de haute trahison.</p>
<p>Derrière la personne, il y a, évidemment, l’institution. La BNS est également visée. L’été dernier, le groupe UDC a déposé une <a href="http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20113540">motion</a> qui entend fortement restreindre la marge de manœuvre dont dispose la BNS dans la conduite de la politique monétaire.</p>
<p>C’est en particulier pour assurer le traitement avancé de cette motion que l’UDC veut une session spéciale du Parlement. L’objectif est de limiter l’indépendance de la BNS et son autonomie par rapport au politique. Et le moyen pour y parvenir est de laisser entendre que la BNS n’est pas à la hauteur de ses tâches.</p>
<p>Mais comment faire admettre une idée apparemment aussi farfelue que celle de limiter les moyens d’intervention de la BNS? Il faut parvenir à déstabiliser l’institution, lui faire perdre son aura dans l’opinion publique, la rendre impotente et amener le peuple suisse à considérer que la BNS fait mal son travail et dilapide sa <em>«richesse»</em>.</p>
<p>Qu’on ne s’y trompe pas. L’UDC ne cherche pas seulement à déstabiliser la BNS. Elle s’en prend en réalité à toutes les grandes institutions qui constituent ensemble le ciment de ce pays, comme le rappelait Roger de Weck, le patron de la SSR lors de la dernière assemblée de la Société de radio-télévision-Neuchâtel. Le Conseil fédéral est évidemment, et en permanence, en première ligne (à propos: l’UDC voulait-elle vraiment faire élire un deuxième représentant au gouvernement en décembre dernier?). La BNS suit juste derrière, et même volerait actuellement la vedette au gouvernement. La SSR est aussi dans son colimateur (critique incessante sur de pseudo-positions <em>«progressistes»</em> et proposition de réduire de moitié la redevance). Le Tribunal fédéral (et plus généralement le principe de la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire) rencontre rarement les faveurs l’UDC (l&#8217;édifiante affaire Blocher-Roschacher, <a href="../articles/9701">DP 1758</a>).</p>
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		<title>Ueli Maurer, un magistrat à placer sous haute surveillance</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/19418</link>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 17:37:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1938]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="176" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/BundesratsFoto_2012_lowres-250x176.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo: admin.ch" title="Conseil fédéral 2012" /></p>Le conseiller fédéral UDC est-il vraiment apte à devenir président de la Confédération en 2013?<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="176" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/BundesratsFoto_2012_lowres-250x176.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo: admin.ch" title="Conseil fédéral 2012" /></p><p>La réélection sans problème d&#8217;Eveline Widmer-Schlumpf le 14 décembre dernier et son accession à la présidence de la Confédération (174 voix) ont détourné l&#8217;attention d&#8217;une autre élection, celle d&#8217;Ueli Maurer à la vice-présidence de la Confédération (122 voix). C&#8217;est dire que, si la tradition du tournus est respectée, le magistrat zurichois devrait occuper la charge présidentielle l&#8217;an prochain.</p>
<p>Jusqu&#8217;à preuve du contraire, on peut douter de sa capacité à exercer une telle fonction.</p>
<p>Alors que le Parlement procédait à l&#8217;élection du Conseil fédéral, Ueli Maurer se trouvait en compagnie de ses partisans dans un hôtel proche du Palais fédéral. Sans doute sonné par le succès de Widmer-Schlumpf, il s&#8217;est <a href="http://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/Wenn-Ueli-Maurer-mal-wieder-den-Querschlger-gibt/story/30532305">plaint</a> face aux caméras de télévision de devoir collaborer quatre années supplémentaires avec ses collègues de l&#8217;exécutif.  Aussitôt après la prestation de serment du nouveau gouvernement, la présidente sortante Micheline Calmy-Rey l&#8217;a admonesté pour ce manquement grossier à la collégialité. Apparemment sans effet puisqu&#8217;un peu plus tard, lors du repas du groupe parlementaire UDC, le magistrat a posé son téléphone devant lui <em>«pour être prêt à entendre une nouvelle réprimande»</em>. Visiblement Maurer persiste à se considérer d&#8217;abord comme un fidèle partisan, au détriment de son rôle de magistrat membre d&#8217;un collège. On a pu le vérifier notamment lors de l&#8217;élaboration du rapport sur la sécurité que le Conseil fédéral a dû retourner par deux fois à son auteur pour cause de non-conformité aux décisions du gouvernement (<a href="../articles/11312">DP 1867</a>).</p>
<p>Dans ces conditions, on voit mal comment pourraient s&#8217;établir les relations de confiance indispensables au bon fonctionnement du collège. Et lors du traitement de dossiers délicats, faudra-t-il que le Conseil fédéral se réunisse à six pour éviter des fuites qui pourraient affaiblir sa capacité de décision?</p>
<p>La situation se corse si le petit soldat est appelé à présider le gouvernement l&#8217;an prochain. Certes la fonction n&#8217;implique pas un pouvoir décisionnel prépondérant, comme c&#8217;est le cas pour un premier ministre en régime parlementaire. Mais elle exige de son titulaire une capacité de négociation, la recherche patiente d&#8217;un terrain d&#8217;entente pour dégager des solutions de compromis. Bref un engagement constant au service du collège et non une posture d&#8217;opposition.</p>
<p>Au Parlement de placer Ueli Maurer sous haute surveillance durant cette première année de législature. Car en se conformant à l&#8217;usage les députés prendraient le risque, en 2013, de créer une pagaille gouvernementale. L&#8217;UDC s&#8217;offusquerait-elle d&#8217;une mise à l&#8217;écart de son magistrat? Il suffirait alors de lui rappeler qu&#8217;elle a elle-même répudié la coutume du tournus le 14 décembre dernier: dans une ultime foucade elle a présenté, contre la vice-présidente Eveline Widmer-Schlumpf, la candidature d&#8217;Ueli Maurer pour la présidence de la Confédération (il a recueilli 32 voix seulement).</p>
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		<title>Merci, la concordance se porte assez bien</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 19:30:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1936]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="312" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/14_dec_2007-250x312.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Dom Dada" title="14 décembre 2007" /></p>Conseil fédéral: les leçons d'un mercredi serein<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="312" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/14_dec_2007-250x312.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Dom Dada" title="14 décembre 2007" /></p><p>Le 14 décembre dernier, à l&#8217;issue de l&#8217;élection du Conseil fédéral, de nombreux commentateurs ont annoncé la mort de la concordance, répercutant l&#8217;antienne de l&#8217;UDC. En effet, le chef de la fraction Kaspar Baader, moins pète-sec qu&#8217;à son habitude, a une fois encore devant ses pairs travesti la revendication de son parti d&#8217;occuper deux sièges gouvernementaux: les difficultés auxquelles la Suisse est confrontée de par la situation économique et financière internationale exigeraient un exécutif disposant d&#8217;une large assise parlementaire. Or le Parlement, par ses choix, n&#8217;a fait précisément que réaffirmer ce principe de gouvernement.</p>
<p>La <em>«formule magique»</em> adoptée en 1959 a tenu si longtemps qu&#8217;on a cru pouvoir l&#8217;interpréter comme une règle arithmétique. En effet, des décennies durant la répartition des sièges a traduit le rapport des forces entre les quatre principaux partis. Mais ces partis &#8211; des adversaires et non des ennemis -, manifestaient malgré leurs divergences une volonté d&#8217;œuvrer en commun à la recherche de solutions majoritairement acceptables.</p>
<p>La véritable rupture de la concordance est intervenue en 2003 avec l&#8217;élection contre une conseillère fédérale sortante de Christoph Blocher qui, une fois membre du collège, ne s&#8217;est jamais départi de sa fonction de chef de parti. Alors que, pratiquant une opposition systématique, manifestant un mépris ouvert pour l&#8217;Etat de droit et la séparation des pouvoirs, traitant ses adversaires comme des ennemis, excitant la xénophobie par des campagnes haineuses, ce parti n&#8217;avait plus sa place au Conseil fédéral. Le Parlement a rectifié le tir quatre ans plus tard, sans toutefois aller jusqu&#8217;à exclure l&#8217;UDC puisqu&#8217;il a élu Eveline Widmer-Schlumpf et non par exemple le démocrate-chrétien Urs Schwaller. Sans ciller et très clairement, il maintient le cap aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Faut-il s&#8217;indigner que plus du quart de l&#8217;électorat ne soit représenté au gouvernement que par le seul Ueli Maurer, alors que le parti de Widmer-Schlumpf ne pèse que 5,4% des voix? Aucunement. Les électeurs qui donnent leurs voix à l&#8217;UDC le font en toute connaissance de cause. Ils manifestent leur colère, leurs craintes, leur conception d&#8217;une Suisse qui n&#8217;existe plus. C&#8217;est leur droit. Mais ce droit n&#8217;implique pas aussi celui d&#8217;être représenté à l&#8217;exécutif puisque leur parti cultive l&#8217;opposition et abhorre le compromis. Quant à la conseillère fédérale grisonne, elle fut élue en 2007 avec l&#8217;estampille UDC, que ce dernier lui a retirée. Fallait-il la sacrifier comme un pion devenu inutile? Si le gouvernement ne peut fonctionner qu&#8217;en cultivant la concordance, il lui faut aussi une certaine stabilité. Son éviction aurait été une erreur, comme le fut celle de Ruth Metzler.</p>
<p>Le 14 décembre, les libéraux-radicaux ont pu une nouvelle fois apprécier la fourberie des conservateurs-nationalistes: soutiens-moi, je te torpille ensuite. Ce coup de Jarnac leur ouvrira-t-il enfin les yeux? Le PLR peut naviguer sans l&#8217;appui de l&#8217;UDC qui, sur les dossiers qui lui sont chers &#8211; économie, fiscalité &#8211; suivra de toute façon, tout comme la solide majorité bourgeoise du Parlement. L&#8217;UDC est aujourd&#8217;hui choquée par ses récents échecs. Rien ne sert de lui tendre une main qu&#8217;elle n&#8217;hésitera pas à mordre. Aux partis gouvernementaux la tâche de réaffirmer à son intention les règles d&#8217;une culture politique garante du fonctionnement des institutions.</p>
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		<title>La concordance est aussi ancienne que la Suisse moderne</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Nov 2011 22:54:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Société / histoire]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1934]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="302" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/495px-Erster_Bundesrat-250x302.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Image Wikimedia" title="Le premier Conseil fédéral" /></p>Les trois principes qui permettent à un exécutif collégial de fonctionner<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="302" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/495px-Erster_Bundesrat-250x302.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Image Wikimedia" title="Le premier Conseil fédéral" /></p><p>La composition du Conseil fédéral obéit à la règle de la concordance depuis 1848 déjà, rappelle l&#8217;historien et homme de médias Roger Blum (<em>NZZ</em>, 21.11). Cette perspective historique offre un éclairage utile au moment où tous les partis se rallient  à la concordance tout en l&#8217;interprétant de manière fantaisiste, en particulier en la réduisant à une formule arithmétique.</p>
<p>Jusqu&#8217;en 1891, les radicaux monopolisent le pouvoir exécutif du nouvel Etat fédéral. Mais le Parlement veille déjà à une représentation des principaux courants politiques du parti dominant: droite libérale, centre et gauche radicale. Lorsque le mouvement démocrate monte en puissance dans les années 1870, il trouve place au sein du collège.</p>
<p>Ainsi, avant même que le parti conservateur catholique accède à l&#8217;exécutif en 1891, le Conseil fédéral intègre trois  puis quatre courants.</p>
<p>Le courant dominant n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas toujours majoritaire dans l&#8217;exécutif: Blum note que les députés préférent élire une personnalité consensuelle du centre  plutôt qu&#8217;un représentant intransigeant du radicalisme. Le souci de former un gouvernement apte à fonctionner est prioritaire par rapport aux exigences partisanes. C&#8217;est ainsi par exemple qu&#8217;en situation de crise, le Genevois Gustave Ador, issu du petit courant libéral démocrate, est élu en 1917.</p>
<p>De l&#8217;observation du comportement électoral du Parlement depuis 1848, Roger Blum dégage trois principes. Tout d&#8217;abord le Parlement vise une certaine concordance. Il place au gouvernement des représentants de différentes tendances politiques de manière à ce que les compromis se nouent déjà au sein de l&#8217;exécutif. Ainsi la plupart du temps, deux tiers des députés sont représentés au Conseil fédéral.</p>
<p>Ensuite le Parlement refuse l&#8217;accès à l&#8217;exécutif aux formations qui n&#8217;adhèrent pas à un consensus minimal: reconnaissance de l&#8217;Etat fédéral, acceptation de la laïcité et de la défense nationale, adhésion à l&#8217;Etat de droit &#8211; y compris au droit international -, à la tradition humanitaire de la Suisse et à la collaboration internationale. C&#8217;est pourquoi les conservateurs catholiques ont dû attendre jusqu&#8217;en 1891 et les socialistes jusqu&#8217;en 1943 pour faire leur entrée au Conseil fédéral. Blum note que les nationalistes xénophobes de James Schwarzenbach et de Valentin Ohen n&#8217;auraient jamais pu espérer un siège à l&#8217;exécutif si l&#8217;UDC de Christoph Blocher ne les avaient pas, eux et leur programme, intégrés ultérieurement en son sein.</p>
<p>Enfin le Parlement se réserve le droit de ne pas suivre les propositions des partis: tous les partis gouvernementaux se sont vu imposer à l&#8217;occasion des magistrats dont ils n&#8217;avaient pas présenté la candidature. A cet égard, le précédent de l&#8217;exclusion d&#8217;Eveline Widmer-Schlumpf des rangs de l&#8217;UDC, tout comme la règle d&#8217;exclusion qui dorénavant menace tout candidat non officiel de ce parti qui accepterait son élection, constituent une violation flagrante de la liberté de choix de l&#8217;Assemblée fédérale et manifestent une incapacité à respecter les règles de la concordance. Le PSS, en exigeant de ses candidats à la candidature qu&#8217;ils refusent une éventuelle élection s&#8217;ils ne figurent pas sur le ticket officiel, semble aussi tenté par les sirènes de la partitocratie.</p>
<p>En prévision de la prochaine élection du Conseil fédéral, aucun parti n&#8217;a jusqu&#8217;à présent clairement adhéré à ces principes. Cette élection se déroulera donc en toute opacité et la composition du futur gouvernement résultera probablement d&#8217;un processus aléatoire. De quoi hélas renforcer les rangs des partisans de l&#8217;élection du Conseil fédéral par le peuple.</p>
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		<title>La concordance aux mains des épiciers</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Nov 2011 20:39:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1932]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="187" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundeshaus_bw-250x187.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Leumund" title="Palais fédéral" /></p>La formule magique ne s'applique qu'aux partis décidés à travailler ensemble malgré leurs divergences: l'UDC s'en exclut<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="187" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundeshaus_bw-250x187.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Leumund" title="Palais fédéral" /></p><p><em>«Attendons le résultat des élections au Parlement»</em>. C&#8217;est ainsi que dans un premier temps, les partis ont réussi à éluder la question de la composition du Conseil fédéral. Depuis le 23 octobre, on n&#8217;y voit guère plus clair, si ce n&#8217;est que tout le monde ne jure que par la concordance. Cette unanimité sémantique camoufle mal la confusion des esprits et les ambitions de chacun.</p>
<p>Il faut restaurer la concordance, proclame la <em>NZZ</em>  (15.10), une formule qui a fait ses preuves. Et il n&#8217;y a pas de concordance sans deux sièges attribués à l&#8217;UDC, poursuit-elle: dans le cadre de la démocratie directe, l&#8217;intégration des principales forces politiques au gouvernement est un gage de stabilité. Même le socialiste Rudolf Strahm se rallie à l&#8217;idée qu&#8217;on ne peut marginaliser plus d&#8217;un quart de l&#8217;électorat (<em>Tages-Anzeiger</em>, 01.11); <em>«les démocrates doivent faire preuve d&#8217;un esprit de compromis»</em> dit-il, même si leur réticence à accorder une deuxième siège à l&#8217;UDC est compréhensible. La <em>NZZ </em>ajoute cependant que la concordance oblige: elle ne tolère pas de ses acteurs qu&#8217;ils manifestent une opposition systématique. Et avec Strahm, elle admet que le chantage exercé par l&#8217;UDC &#8211; ses statuts prévoient l&#8217;exclusion d&#8217;un candidat non officiel qui accepterait son élection est démocratiquement intolérable et incompatible avec la liberté de choix du Parlement.</p>
<p>Etrange position que celle qui tout à la fois constate l&#8217;inaptitude de l&#8217;UDC à pratiquer la concordance et lui en concède les avantages. Car ce parti a fait du refus du compromis son cheval de bataille. Muré dans une opposition systématique, il dénonce à chaque occasion la mollesse &#8211; quand ce n&#8217;est pas la traîtrise &#8211; de ses adversaires et des autorités. En matière de politique étrangère, l&#8217;UDC sabote avec constance les relations de la Suisse avec l&#8217;Europe, au nom d&#8217;une souveraineté rêvée qui ne pourrait que conduire le pays à la paralysie. Sa récente <a href="http://www.svp.ch/g3.cms/s_page/80890/s_page/80890/s_mode/display">attaque frontale</a> contre la libre circulation en témoigne et justifie à elle seule de tenir éloigné ce parti des responsabilités gouvernementales. La formule dite magique &#8211; 2/2/2/1 &#8211; à laquelle se réfère l&#8217;UDC pour exiger deux sièges est bien une règle arithmétique. Mais cette règle ne s&#8217;applique qu&#8217;aux formations politiques décidées à travailler ensemble malgré leurs divergences. Or l&#8217;UDC privilégie les divergences, elle les cultive avec ardeur et en vit.</p>
<p>Secouée par son recul lors des dernières élections, l&#8217;UDC cherche à donner d&#8217;elle-même une image plus policée. Exit la candidature du chef de son groupe parlementaire Kaspar Baader, parfait représentant de la rigidité et de l&#8217;intransigeance du parti. Et voilà que défilent des magistrats cantonaux, la plupart inconnus au bataillon, mais censés être <em>«présentables»</em>. Or la participation de l&#8217;UDC au gouvernement n&#8217;est pas d&#8217;abord une affaire de personnes qui seraient plus ou moins aptes à l&#8217;exercice collégial du pouvoir. C&#8217;est l&#8217;UDC elle-même qui, par son refus de collaborer à des solutions de compromis, par le mépris dans lequel elle tient ses adversaires, se met en position d&#8217;inaptitude. Aux autres partis d&#8217;en tirer enfin les conséquences et de former le gouvernement sur la base d&#8217;une concordance digne de ce nom, sans représentants de l&#8217;UDC.</p>
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		<title>Commentaire minute d’une élection</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Oct 2011 22:57:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>André Gavillet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1929]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="166" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundeshaus_7-250x166.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo naturalbornstupid" title="Palais fédéral" /></p>Elections fédérales: sans bonnes questions, pas de bonnes réponses<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="166" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundeshaus_7-250x166.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo naturalbornstupid" title="Palais fédéral" /></p><p>11h30 - Dans une demi-heure la Radio romande RSR annoncera la clôture du scrutin fédéral, le taux de participation et peut-être une première <em>«tendance»</em>. Mettre à profit ce court délai pour dire effrontément que le résultat, quel qu’il soit, nous le contestons.</p>
<p>L’article 149 de la Constitution, qui règle l’élection du Conseil national, n’est plus applicable car il pose des exigences contradictoires: chaque canton forme une circonscription électorale, il a droit à un siège au moins, les députés sont élus selon le système proportionnel. Or la proportionnelle exige dans son esprit qu’un parti même minoritaire puisse être représenté. Quand la circonscription est trop exiguë, il est éliminé par un quorum de fait (<a href="../articles/18738">DP 1928</a>). Tel est le cas lors des élections nationales.</p>
<p>La proportionnelle en Suisse n’est pas le choix, occasionnel, d’un système électoral. Elle a été imposée par un vote populaire, après la première guerre mondiale et après la grève générale dont elle fut une des revendications. Elle a élargi, dans les limites de la prédominance radicale, la concordance.</p>
<p>En termes de pouvoir, la proportionnelle biaisée renforce les partis conservateurs (PLR et PDC) déjà favorisés par l’élection du Conseil des Etats. Elle déséquilibre le bicamérisme.</p>
<p>L’élection d’un conseiller fédéral dépend souvent d’une ou deux voix de députés lors du vote de l’Assemblée fédérale. Il est plaisant de les voir disputés, sans que soit jamais posée la question: quel aurait été le vote si la proportionnelle était vraiment appliquée? Rappelons que des systèmes, rôdés en Suisse, permettent de tenir compte de tous les suffrages avant répartition territoriale des sièges.</p>
<h3>13h12</h3>
<p>Dans les minutes où il faut bien occuper l’antenne, Blocher est cité pour la première fois. A Zurich, comme candidat au Conseil des Etats, il ne sera vraisemblablement pas élu. Or, il est le protagoniste de l’initiative demandant l’élection du Conseil fédéral par le peuple. Préfère-t-il être le second dans son village plutôt que le premier à Rome?</p>
<p>Sa candidature zurichoise faisait partie d’un plan d’ensemble de conquête du Conseil des Etats. Il faut constater qu’elle échoue nettement, quoique emmenée par des gros bras de l’UDC: Toni Brunner à Saint-Gall, Christoph Blocher à Zurich, Caspar Baader à Bâle-Campagne. Mais cela signifie aussi que le pouvoir des partis de droite dépend toujours plus de leur emprise sur les petits cantons.</p>
<h3>13h35</h3>
<p>L’échec du PLR est cinglant, symbolisé par la vraie-fausse non-réélection de son président Fulvio Pelli. Il sanctionne une ambiguïté grave: utiliser la force de frappe de l’UDC pour freiner les dépenses étatiques jugées dispendieuses, et l’affronter quand il dessert les intérêts économiques, notamment dans nos relations avec l’Union européenne.</p>
<h3>15h</h3>
<p>Déjà se dégagent les premières tendances: percée des Vert’libéraux au détriment du PLR, et maintien du nouveau parti PBD. En découle l’obligation pour la droite de se redéfinir pour peut-être élaborer les grandes lignes d’un programme gouvernemental sans la participation de l’UDC. Cela signifierait le refus d’entrer dans le jeu des menaces réciproques lors de l’élection du Conseil fédéral. La concordance n’est pas arithmétique; elle n’inclut pas l’UDC qui promeut une politique anti-européenne; elle implique un autre rapport avec le parti socialiste.</p>
<p>La droite suisse aura à s’occuper des réformes que l’Union européenne nous réclame. Il lui en coûtera politiquement, vu l’emprise de l’économie sur son encadrement. Mais la nouvelle concordance serait à ce prix.</p>
<p>A 15h, on en doutait déjà!</p>
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		<title>Au milieu, du nouveau</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/18787</link>
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		<pubDate>Sun, 23 Oct 2011 22:44:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yvette Jaggi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cantons]]></category>
		<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1929]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="166" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bruderer-250x166.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo pascale-bruderer.ch" title="Pascale Bruderer" /></p>Elections: coup de projecteur sur Argovie<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="166" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bruderer-250x166.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo pascale-bruderer.ch" title="Pascale Bruderer" /></p><p>Argovie, traditionnellement surnommé <em>«le canton du milieu»</em>, méritait une attention particulière en ce dimanche électoral. Jouerait-il une fois de plus l&#8217;équilibre centriste, la Suisse en modèle réduit, en même temps que le séismographe annonciateur? Oui, parfaitement, en réservant les mêmes fausses surprises que dans l&#8217;ensemble du pays.</p>
<p>Au Conseil national du moins: l&#8217;UDC conserve ses six sièges et les Verts leur unique représentant, tout en perdant chacun plus d&#8217;un point pour-cent de suffrages par rapport à 2007. Le PS conforte ses trois fauteuils, assurés par le gain d&#8217;une belle poignée d&#8217;électeurs. Au milieu de l&#8217;hémicycle, la recomposition reflète le mouvement général observé en Suisse: malgré son apparentement avec le Parti Bourgeois et Démocratique (PBD), le PDC cède son troisième siège, le PLR son second, dont s&#8217;emparent le PBD (6,5% des suffrages) et les Verts libéraux (5,5%). A mentionner l&#8217;élection du bouillant Cedric Wermuth, 24 ans, ex président des JuSo (<a href="../articles/16248">DP 1894</a>), qui n&#8217;expulse personne contrairement aux craintes souvent entendues.</p>
<p>Car au Conseil des Etats, c&#8217;est le grand frisson: la socialiste Pascale Bruderer, 34 ans, s&#8217;installe dès le premier tour dans un fauteuil constamment occupé par un élu bourgeois depuis 63 ans. Elle laisse dans l&#8217;arène la sortante radicale Christine Egerszegi et l&#8217;UDC Ulrich Giezendanner, remplaçant in spe du très blochérien sénateur Maximilian Reimann, qui réintègre le Conseil national.</p>
<p>Certes, on ne retrouve pas la configuration argovienne, bien particulière, dans les autres cantons où un second tour aura lieu pour l&#8217;élection au Conseil des Etats. Mais elle est au moins représentative et significative sur un point: elle symbolise l&#8217;échec de l&#8217;assaut livré par l&#8217;UDC contre la Chambre haute, suspectée d&#8217;être désormais plus <em>«gauchisante»</em> que la Chambre du peuple. Non seulement l&#8217;UDC ne réussit pas de nouvelle entrée, mais il a loupé la succession d&#8217;un sortant, dans un canton où le parti de Christoph Blocher est encore fort de 35% des électeurs.</p>
<p>Vingt millions de francs dépensés pour la campagne, des affiches dans toute la Suisse, une ixième initiative populaire fédérale contre l&#8217;immigration <em>«massive»</em> qui passe le cap des cent mille signatures en moins de trois mois, tout cela n&#8217;aura pas suffi. A moins que cette débauche d&#8217;organisation guerrière n&#8217;ait finalement rebuté les citoyens qu&#8217;elle voulait séduire.</p>
<p>Les instituts de sondage seraient bien inspirés de prendre en compte le facteur indignation dans l&#8217;évaluation des résultats de leurs enquêtes.</p>
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		<title>Christoph Blocher, épouvantail à demandeurs d&#8217;asile?</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/18776</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Oct 2011 09:02:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Imhof</dc:creator>
				<category><![CDATA[Asile]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1929]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="150" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/asile_ch_f-250x150.png" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Graphique DP" title="Demandes d&#039;asile, CH et F" /></p>Non, sa présence au gouvernement n'a pas diminué le nombre de requérants<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="150" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/asile_ch_f-250x150.png" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Graphique DP" title="Demandes d&#039;asile, CH et F" /></p><p>L’UDC n&#8217;aime pas que l&#8217;efficacité gouvernementale de son champion, le vice-président de l&#8217;UDC et ancien conseiller fédéral Christoph Blocher, soit remise en question.</p>
<p>Dans le domaine de l’asile, par exemple, il lui est souvent reproché d’être le seul chef du département fédéral de justice et police à n’avoir signé aucun accord de réadmission destiné à faciliter le renvoi des étrangers dans leur pays d’origine. Et chaque membre de l’UDC interrogé à ce sujet de donner la même réponse préparée par le service de presse du parti: sous son ère, de 2004 à 2007, le nombre de demandes d’asile a baissé de 15’000 par an à environ 10’000 à 11’000, alors qu’elles ont passé à plus de 16’000 après son départ. Il était efficace et celles qui lui ont succédé sont laxistes. Point final de la démonstration.</p>
<p>Les chiffres sont justes. Mais il est difficile de croire que les demandeurs d’asile potentiels sont influencés par le conseiller fédéral en charge du dossier; et que des mesures simples permettent au chef d’influencer aussi facilement le nombre de demandes déposées.</p>
<p>Il y a d’autres manières d’interpréter ces chiffres.</p>
<p>A supposer que le conseiller fédéral en charge du dossier ait une influence sur le nombre de demandes, c’est essentiellement par la législation qu’il a contribué à mettre en place. Or qu’a fait Christoph Blocher? Il a fait passer au Parlement un durcissement de la loi sur l’asile et des conditions d’assistance pour les déboutés, une réforme entrée en vigueur en 2008 et 2009&#8230; Le nombre de demandes aurait donc logiquement dû baisser depuis cette date, alors que c’est l’inverse qui s’est produit.</p>
<p>Mais entre-temps le chef du DFJP avait démantelé une partie de l’Office fédéral des migrations et baissé le financement en faveur des cantons, en les incitant à diminuer leurs capacités d’accueil afin de les limiter à ce qui était nécessaire pour traiter 10’000 demandes par an. La Confédération était censée héberger le surplus, avec l’aide de l’armée, un projet qui n’a jamais vu le jour. A la hausse suivante, chacun était bien mal préparé et les financements supprimés ont dû être rétablis.</p>
<p>La vérité, c’est qu’une baisse du nombre de demandes d’asile a été observée dans toute l’Europe à partir de 2004 et qu’une hausse s’est produite dès 2008&#8230; La présence de Blocher au Conseil fédéral de 2004 à 2007 n’y est pour rien.</p>
<p>On constate d’ailleurs en comparant la Suisse à la France que le nombre de demandes continue d’augmenter en 2009 et en 2010 chez nos voisins, alors qu’il se stabilise en Suisse, malgré la retraite forcée du Zurichois.</p>
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		<title>De la munition pour un débat politique</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/18745</link>
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		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 11:27:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Institutions / fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse-Europe]]></category>
		<category><![CDATA[UDC / Christoph Blocher]]></category>
		<category><![CDATA[1928]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="130" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/spiderAG_SVP-250x130.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Image andigross.ch" title="Des profils Smartvote contrastés" /></p>Piloté par Andi Gross, un ouvrage collectif présente des alternatives de politique intérieure «au-delà de l'automne»<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="130" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/spiderAG_SVP-250x130.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Image andigross.ch" title="Des profils Smartvote contrastés" /></p><p>A l&#8217;occasion des élections fédérales, le conseiller national socialiste Andreas Gross et ses co-auteurs publient un <a href="http://www.andigross.ch/">ouvrage</a> pour nourrir le débat politique qui a fait cruellement défaut dans cette campagne.</p>
<p>Cela devient une tradition. Naturalisations, interdiction des minarets, initiative pour l&#8217;élection du Conseil fédéral par le peuple: à chacune de ces occasions, le parlementaire et chantre de la démocratie directe produit un livre dans la collection <em>Service public</em> de sa petite maison d&#8217;édition, pour nourrir la discussion. Car Andi Gross aime le débat, non pas l&#8217;argumentation unilatérale et le prêchi-prêcha partisan, mais la discussion ouverte. Aujourd&#8217;hui il aborde l&#8217;élection du Conseil fédéral par le peuple, la concordance, la crise des partis bourgeois, l&#8217;UDC comme symptôme de la crise du politique, les faiblesses de la gauche, la démocratisation nécessaire et la question européenne. Des thèmes pratiquement ignorés au cours de la campagne électorale.</p>
<p>Vingt-cinq auteurs de tous âges pour 36 contributions (dont trois tirées de DP), brèves mais substantielles, rassemblées dans un petit volume facile à emporter dans la poche. Gross a fait appel aussi bien à des universitaires qu&#8217;à des militants, à des parlementaires bourgeois, verts et de gauche, à une députée allemande et à un ancien ambassadeur. Les thèmes sont abordés par le biais de l&#8217;histoire, par celui de l&#8217;analyse politique et sociologique et de l&#8217;expérience personnelle.</p>
<p>Au chapitre de l&#8217;élection populaire du Conseil fédéral, on retiendra les réflexions de l&#8217;historien Martin Schaffner sur l&#8217;usage très helvétique du terme de peuple, qui renvoie à un acteur homogène qui veut et décide et qui, contrairement à l&#8217;évocation des citoyennes et des citoyens, laisse peu de place à la diversité, à la pluralité et aux conflits. La concordance fait l&#8217;objet d&#8217;une minutieuse analyse historique. Au vu des divergences programmatiques des partis actuellement présents au Conseil fédéral, Andi Gross se prononce pour une concordance restreinte sans l&#8217;UDC, une position que défend DP depuis plusieurs années (<a href="../articles/9981">DP 1802</a>).</p>
<p>La démocratie helvétique est perfectible. Non seulement, comme le préconise Gross, en affinant les instruments de démocratie directe &#8211; initiative législative, référendum constructif -, mais aussi en réduisant les inégalités et agissant contre la concentration des richesses qui minent les bases mêmes de la démocratie, comme le soutient le sociologue Ueli Mäder.</p>
<p>Enfin Andreas Gross n&#8217;oublie pas la question de la place de la Suisse et dans le monde, une question que les partis ont soigneusement éludée au cours de la campagne électorale. Sans ignorer les défauts de la construction européenne dans sa forme actuelle, il rappelle que la Suisse, de par sa position géopolitique et sa dépendance, n&#8217;aurait rien à gagner à l&#8217;effondrement de l&#8217;Union. Dans le débat européen, la critique ne devrait pas négliger d&#8217;aborder l&#8217;attitude fondamentale des isolationnistes pour qui la politique consiste en un combat permanent où les uns vainquent les autres. Et non pas comme la collaboration à la recherche de solutions communes.</p>
<p>Publié trois semaines avant l&#8217;échéance électorale, cet ouvrage arrive trop tard, dira-t-on. Mais son intitulé - <em>Au-delà de l&#8217;automne. Alternatives de politique intérieure dans une perspective européenne</em> - éclaire bien l&#8217;intention de porter le débat tout au long de la prochaine législature.</p>
<p>___</p>
<p>Über den Herbst hinaus. Innenpolitische Alternativen mit europäischen Perspektiven, <em>publié sous la direction d’Andi Gross, Fredi Krebs, Martin Stohler et Dani Schönmann, 36 contributions de 25 auteures et auteurs, Éditions le Doubs, St-Ursanne (Jura), 256 pages. CHF 24.80. Editions allemande et française</em>.</p>
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