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	<title>Domaine Public</title>
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	<description>Analyses, commentaires et informations sur l&#039;actualité suisse</description>
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		<title>«Pour des salaires équitables»</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 21:53:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Ghelfi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droits populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Initiative 1:12]]></category>
		<category><![CDATA[1956]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="187" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/un-douze-250x187.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Juso SG" title="1er-Mai 2010 à Saint-Gall" /></p>L'initiative 1:12 pose une «vraie question» que le Conseil fédéral laisse sans réponse<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="187" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/un-douze-250x187.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Juso SG" title="1er-Mai 2010 à Saint-Gall" /></p><p>Les très hauts salaires sont devenus objet de débat public. Des gains annuels de plusieurs millions de francs, voire de plusieurs dizaines de millions, heurtent beaucoup de personnes.</p>
<p>Les réactions dans les pays anglo-saxons ne sont pas les mêmes qu’en Europe continentale. De très très hauts traitements sont choses courantes et généralement admises aux Etats-Unis, où l’idée même qu’on puisse imaginer de les réglementer, par exemple en imposant un plafond, est tout simplement impensable.</p>
<p>Chez nous, les gens paraissent marquer une moindre tolérance au versement de gains très élevés. Les infinies tergiversations des Chambres fédérales autour de l’initiative Minder <em>«contre les salaires abusifs»</em> (<a href="http://www.domainepublic.ch/articles/20185">DP 1949</a> et références citées) illustrent le profond malaise dont cette question est entourée et témoigne de l’incapacité des milieux politiques bourgeois à traiter cette problématique.</p>
<p>L’initiative des Jeunes socialistes suisses <em><a href="http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis375.html">«1 :12 - Pour des salaires équitable»</a></em>, déposée en mars 2011, contribuera-t-elle à élargir et approfondir le débat? Le <a href="http://www.admin.ch/ch/f/ff/2012/503.pdf"><em>Message</em></a> du Conseil fédéral commence en effet par relever que cette proposition soulève une question importante:</p>
<p>«<em>L’initiative aborde un thème qui pose une vraie question de société. Le versement de salaires extrêmement hauts n’est pas concevable pour une grande partie de la population, et de nombreuses personnes considèrent que de telles rémunérations sont injustes. En outre, des salaires et des bonus très élevés et pas assez orientés sur la réussite à long terme de l’entreprise posent le problème de la gouvernance d’entreprise. Des systèmes de salaires ainsi conçus peuvent mener les cadres à prendre des risques excessifs.</em>»</p>
<p>A partir d’un tel constat, on peut imaginer que le <em>Message</em> va comporter quelques développements et réflexions intéressantes. Que nenni! L’audace du Conseil fédéral commence avec cette phrase. Et s’arrête avec elle. Il enchaîne ensuite avec l’idée dont chacun doit s’imprégner: «<em>la Suisse fait partie des pays où les inégalités de revenu entre les ménages se situent au-dessous de la moyenne</em>». Sans préciser que la plupart des pays d’Europe continentale sont moins inégalitaires (DP <a href="http://www.domainepublic.ch/articles/20397">1952</a> et <a href="http://www.domainepublic.ch/articles/20568">1955</a>).</p>
<p>Pour le surplus, l’argumentaire gouvernemental consiste surtout à noyer le poisson. Le gouvernement axe l’essentiel de ses propos en faveur rejet de l’initiative sur les conventions collectives de travail, qui règleraient à satisfaction la question des bas et moyens salaires. Mais il se garde de fournir des indications chiffrées quant au nombre de personnes pour lesquelles les CCT garantissent des conditions meilleures que les minima figurant dans le contrat de travail du Code des obligations. Or, en réalité, seule la moitié des salariés est couverte par une CCT, ce qui signifie que la <em>«couverture»</em> de l’autre moitié se limite à celle du Code des obligations. Le Conseil fédéral évoque aussi les mesures d’accompagnement instituées dans le cadre des accords de libre circulation des personnes signés entre la Suisse et l’Union européenne dont l’objectif est de lutter contre le dumping salarial.</p>
<h3>Réflexions médiocres</h3>
<p>Les autres éléments mentionnés par le Conseil fédéral (droit de la société anonyme, politique fiscale, politique sociale, règles particulières par les banques qui seraient soutenues par l’Etat, débats parlementaires en relation avec l’initiative Minder) sont en réalité du remplissage. Au fond, le Conseil fédéral disserte beaucoup plus sur les bas et moyens salaires qu’il ne traite des (très) hauts revenus.</p>
<p>Comment nier, pourtant, que les intentions de l’initiative sont digne d’intérêt: les dirigeants d’entreprises ne doivent pas gagner <em>en un mois</em> davantage que les salariés (le plus souvent les salariées) les moins bien payés <em>en une année</em>. Inscrire toutefois un tel objectif dans la Constitution ne paraît guère réaliste. Les possibilités de contournement de la règle sont nombreuses. Une même norme peut difficilement être appliquée à des entreprises nationales, qui sont, dans leur très grande majorité, petites et moyennes, et à de grandes sociétés souvent multinationales. Le nouveau président de la République française s’est contenté d’une proposition fixant un écart maximum de un à vingt, mais applicable aux seules sociétés publiques.</p>
<p>Ce n’est donc pas dans ce message du Conseil fédéral que nous aurons l’esquisse de l’amorce d’une réflexion sur les hauts salaires et, subséquemment, sur des règles d’équité en matière salariale et de morale dans le fonctionnement de l’économie. Il serait exagéré de dire que ce constat nous surprend. Néanmoins il est attristant qu’une <em>«vraie question de société»</em> fasse l’objet de réflexions aussi médiocres.</p>
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		<title>DP 1956</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/20613</link>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 09:27:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1956]]></category>

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		<description><![CDATA[<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
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		<title>DP 1955</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/20526</link>
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		<pubDate>Mon, 21 May 2012 08:45:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Webmestre</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1955]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="354" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/dp1955-250x354.png" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="dp1955" title="dp1955" /></p><hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="354" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/dp1955-250x354.png" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="dp1955" title="dp1955" /></p><hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></content:encoded>
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		<title>Donner la parole au peuple, oui, mais lorsqu’il la demande!</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/20598</link>
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		<pubDate>Mon, 21 May 2012 08:39:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Dépraz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Droit]]></category>
		<category><![CDATA[Droits populaires]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[1955]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="149" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/un_flags-250x149.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo rytc" title="L&#039;ONU à Genève" /></p>Votation du 17 juin: l’initiative de l’ASIN aurait pour seule conséquence une multiplication des scrutins sans intérêt<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="149" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/un_flags-250x149.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo rytc" title="L&#039;ONU à Genève" /></p><p><a href="http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis363.html">L’initiative de l’ASIN sur les traités internationaux</a> donne en partie lieu à un faux débat. De manière habile, ses partisans pointent du doigt l’influence croissante des traités internationaux sur l’ordre juridique interne de la Suisse.</p>
<p>Ce phénomène est incontestable. La mondialisation de l’économie entraîne des relations plus étroites entre les Etats. La Suisse est membre de plusieurs organisations internationales &#8211; tels le Conseil de l’Europe ou l’Organisation des Nations Unies &#8211; dont l’une des activités majeures est l’élaboration de nouveaux accords internationaux. Enfin, la Confédération ne participe pas à un espace juridique européen commun par le biais de l’UE ou de l’EEE, ce qui la contraint à régler ses relations étroites avec les pays qui l’entourent par des kyrielles d’accords.</p>
<p>Sur un plan démocratique, il n’y a pas de raison que ces traités internationaux échappent au contrôle du Parlement et &#8211; cas échéant &#8211; à celui du peuple. Rien ne justifie de priver le souverain et ses représentants de leurs prérogatives sauf s’il a choisi lui-même de les déléguer. Le Conseil fédéral l’a appris à ses dépens lorsqu’il a de manière choquante passé par-dessus le Parlement pour régler avec les Etats-Unis le différend fiscal concernant les clients d’UBS.</p>
<p>Mais, comment déterminer quels traités internationaux doivent être ratifiés par le Parlement, voire faire l’objet d’un vote populaire? La question n’est pas nouvelle. Le cercle des accords internationaux qui doivent être ratifiés par le Parlement et qui peuvent, et dans certains cas doivent, être soumis au peuple s’est considérablement élargi ces dernières décennies. En 1977, une révision constitutionnelle a notamment étendu le référendum facultatif à tous les traités internationaux <em>«entraînant une unification multilatérale du droit»</em> et a introduit le référendum obligatoire pour l’adhésion à des organisations de sécurité collective ou à des communautés supranationales. Depuis 2003 et la réforme des droits populaires adoptée après la nouvelle Constitution, <a href="http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a141.html">l’article 141</a> prévoit que tous les traités internationaux qui contiennent des dispositions d’importance équivalente à celles d’une loi fédérale doivent être sujets au référendum facultatif.</p>
<p>Le droit constitutionnel autrefois déficient a donc été corrigé. On ne peut plus prétendre que le droit international s’appliquant à la Suisse est négocié dans des salons bruxellois à l’abri du contrôle du Parlement et du peuple. Si la ratification d’un traité international est politiquement contestée, les opposants peuvent déjà la soumettre au peuple s’ils récoltent les signatures nécessaires. Ainsi, toutes les récentes conventions de double imposition signées par la Suisse qui élargissent la notion d’entraide sont sujettes au référendum facultatif. Le contrôle démocratique existe donc bel et bien: que cet instrument n’ait été que peu utilisé &#8211; pas plus d&#8217;une dizaine de fois depuis 1977 &#8211; démontre que la politique internationale de la Suisse est peut être plus consensuelle que ne veut le faire croire l&#8217;ASIN.</p>
<p>L’adoption de l’initiative n’aurait d’ailleurs aucune conséquence sur le cercle des traités internationaux pouvant être soumis au vote populaire. Elle ne ferait que décréter pour certains d’entre eux un vote obligatoire là où il n’est actuellement que facultatif. En droit interne, c’est un critère formel qui détermine le type de contrôle populaire dont une norme fait l&#8217;objet: les révisions de la Constitution sont toutes soumises au vote à la double majorité (référendum obligatoire) tandis que les révisions de la loi ne sont soumises au souverain que si 50&#8217;000 signatures sont recueillies (référendum facultatif). Cette hiérarchie formelle n’est pas toujours équivalente à l’importance matérielle de la question: le peuple et les cantons se sont par exemple prononcés sur la question de la <a href="http://www.admin.ch/ch/f/pore/rf/cr/2000/20001272.html">suppression de l’approbation de la création d’évêchés</a>, qui figurait dans la Constitution et donc soumise au référendum obligatoire, mais pas sur le nouveau Code pénal, de rang législatif et donc seulement sujet au référendum facultatif, lequel n&#8217;avait pas été demandé.</p>
<p>Certains cantons ont dans l’histoire passablement étendu le champ d’application du référendum obligatoire en soumettant d’office au vote certaines lois ou certaines dépenses décidées par le Parlement. Ces expériences se sont souvent soldées par des déceptions. En effet, l’extension du référendum obligatoire multiplie le nombre des objets soumis au vote qui sont dépourvus d’enjeux et de contestations politiques. Au final, la démocratie semi-directe n’en sort pas gagnante. Ainsi, le constituant vaudois de 2003 avait supprimé le référendum financier obligatoire réintroduit quelques années auparavant après que quelques votations aient enregistré des participations misérables. La suppression du vote obligatoire sur les dépenses n’a pas empêché les citoyens vaudois de refuser en 2008 le crédit d’étude pour le très contesté Musée cantonal des Beaux-Arts à Bellerive, le référendum ayant sans peine récolté les signatures nécessaires.</p>
<p>Si elle était adoptée le 17 juin, l’initiative de l’ASIN aurait pour principal effet de provoquer des scrutins supplémentaires sur des textes ne souffrant aucune contestation politique. Loin d’améliorer le contrôle démocratique sur les traités internationaux, elle risque de désintéresser le peuple de ses compétences. Donner la parole au peuple, oui, mais lorsqu’il la demande!</p>
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		<title>Si le Conseil fédéral parlait en son nom</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/20587</link>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 15:22:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>André Gavillet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique fédérale]]></category>
		<category><![CDATA[1955]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="166" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundeshaus_11-250x166.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Martin Abegglen" title="Bundeshaus" /></p>Le programme de législature: plus prolixe que politique<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="166" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bundeshaus_11-250x166.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Martin Abegglen" title="Bundeshaus" /></p><p>Le programme de législature, c’est une revue de printemps, un époussetage, une feuille de route. L’exercice se fait tous les quatre ans. Qu’est-ce qui a été mené à bien dans la législature écoulée (2007- 2011)? Quels projets pour celle qui commence (2011-2015)?</p>
<p>Le <em><a href="http://www.bk.admin.ch/themen/planung/04622/index.html?lang=fr">Message</a></em> du Conseil fédéral est daté du 20 janvier 2012. Personne ne croit qu’en un mois il ait fait rédiger et qu’il ait en collège discuté des propositions neuves et des priorités. Le Conseil fédéral fait l’éloge de cette continuité qu’assure l’administration. Il ne croit pas à un régime d’alternance. Mais alors le programme de législature est-il un outil prospectif ou un choix politique?</p>
<h3>Programme minimum</h3>
<p>Dans les années 60, DP participait déjà à ce débat, l’exigence d’un programme commun aux partis gouvernementaux fut lancée notamment par quelques intellectuels (ce terme est en politique suisse connoté péjorativement), en majorité de gauche.</p>
<p>Paradoxalement, ce fut l’effet de la formule magique par laquelle le parti socialiste obtenait une représentation à l’exécutif égale aux autres partis gouvernementaux. Pourquoi ne pas se contenter de ce succès? La réponse était simple. Les partis de droite pouvaient facilement minoriser les socialistes, les tenir à l’écart des centres de décision où l’USAM et le Vorort avaient leur carte d’entrée. Pourquoi les socialistes étaient-ils prédestinés à diriger les affaires étrangères, même si certains et certaine d’entre eux y firent un travail efficace (ouverture vers les pays arabes, approches onusiennes, tentative de donner du poids au Traité d’Helsinki). Enfin, gouverner à quatre partis impliquait des échanges, des concessions réciproques.</p>
<p>Le programme même ne vit jamais le jour parce que le Parti socialiste ne disposait d’aucun moyen de pression. Certes, il pouvait toujours mettre en jeu sa participation au gouvernement. Mais qui brandit de telles menaces prend le risque de se voir répondre que, libre à lui, on ne le retient pas. Lorsque le jeu ne fut plus théorique, mais brutal lors de la pénible non-élection de Lilian Uchtenhagen et de Christiane Brunner, le PS montra les limites de sa prise de risque.</p>
<h3>Autres tentatives</h3>
<p>Certains songèrent (le <a href="http://www.roger-nordmann.ch/CRIS/">CRIS</a>, Centre pour la réforme des institutions suisses) à placer les discussions gouvernementales en amont entre les états-majors des partis et l’Assemblée fédérale. Mais celle-ci tient à choisir, un à un, les membres du gouvernement. Elle se délecte d’un choix individuel qui lui permet d’exprimer simultanément ses convictions (ou ses tactiques partisanes) et ses affinités.</p>
<p>Mais, pendant ce temps, l’administration et ses chefs de file travaillaient. Ils comprirent que les programmes ont plus d’effets que les rapports de gestion. Les programmes de législature feraient connaître leurs projets et, s’ils étaient cités et avalisés par le Parlement, ils prendraient une autre dimension : celle d’un projet d’intérêt national.</p>
<p>L’incident de 2004 ne renversa pas cette tendance. On rappelle que le gouvernement avait voulu attacher le  Parlement à son programme. Mais au Conseil national, le cumul des non du PS et de l’UDC fit rejeter le document. Ni casse ni dégâts. Le programme n’impliquait aucune contrainte légale. Son refus n’ouvrait aucune crise gouvernementale. On renonça simplement pour les prochaines moutures au vote final.</p>
<h3>2011</h3>
<p>Le Conseil fédéral s’est voulu généreux: il signe un pavé de 150 pages, il recourt aux données de l’état-major chargé des <em>Perspectives statistiques (2010-2025</em>); il analyse l’état de la Confédération, multiplie les tableaux du budget et les relevés de la planification.</p>
<p>De plus, il se choisit ou feint de se choisir une méthode. Selon un schéma philosophique classique qui veut que l’on parte de valeurs reconnues pour leur donner corps et réalité par l’action. Ainsi, le Conseil fédéral a choisi six <em>Lignes directrices</em> qui permettent de donner sens à des <em>Objectifs concrets</em> (26). </p>
<p>Exemple (ont été choisis la ligne 1 et l’objectif 3).</p>
<p>Ligne directrice 1:<em> La place économique suisse est attrayante, concurrentielle, et se signale par un budget fédéral sain et des institutions étatiques efficaces</em>.</p>
<p>Objectif 3:<em>La stabilité de la place financière et son attrait sont garantis</em>.</p>
<p>Et lorsqu’on décrit, comme le fait le Conseil fédéral en introduction, le bouleversement des structures mondiales et européennes, lorsqu’on en cite les contrecoups que subira la Suisse, les phrases sont bien creuses pour ce thème politique sur lequel il entend faire porter toute son attention au-delà des années à venir. Qu’on en juge:</p>
<p><em>«Créer et promouvoir les conditions générales propres à l’épanouissement durable d’une société moderne et d’une économie compétitive tout en respectant l’environnement naturel indispensable à cet épanouissement»</em>.</p>
<h3>Qui parle</h3>
<p>L’utilité d’un tel <em>Message</em> – dont on mesure l’effort et le travail qu’il représente, sans parler de la journée de délibération que le Conseil national lui a consacrée – c’est de documenter et de clarifier. Pour cela, première condition, il faut que l’on sache qui parle: le Conseil fédéral ou son administration.</p>
<p>L’administration doit documenter. Elle n’a pas besoin d’échafaudages philosophiques. Elle recherche plutôt des indicateurs qui mesurent efficacement son action. Elle doit particulièrement fournir les donnée utiles pour qu’on comprenne les choix du gouvernement.</p>
<p>Quant au Conseil fédéral, on souhaiterait qu’il parle avec sa voix, sans fioriture, sans recourir aux infinitifs impératifs, <em>«créer»</em>, <em>«promouvoir»</em>, <em>«assurer»</em>. Il doit communiquer pour une part ses inquiétudes. Comment il entend les surmonter et, la politique étant un destin commun, les partager avec le Parlement, les cantons et le peuple. </p>
<p>En fait il ne s’agit plus de programme, ni de la manière dont sera composé le panier à provisions. La responsabilité du gouvernement est de donner au pays une ambition: repositionnement de la Suisse en Europe, ou mutation écologique, ou lutte contre l’aggravation de la pauvreté. Que le Conseil fédéral prenne les risques du choix, sans langue de bois, sans cryptage. Après un large débat, il appartiendra à l’Assemblée fédérale de ratifier ce choix. Un vote devrait exprimer sa confiance.</p>
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		<title>The Climate Fixers</title>
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		<pubDate>Sun, 20 May 2012 09:10:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ursula Nordmann</dc:creator>
				<category><![CDATA[KIOSQUE]]></category>

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		<description><![CDATA[Is there a technological solution to global warming? (The New Yorker)<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Is there a technological solution to global warming? (The New Yorker)</p>
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		<title>L’ombre du père</title>
		<link>http://www.domainepublic.ch/articles/20575</link>
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		<pubDate>Fri, 18 May 2012 09:56:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Dubuis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[1955]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="421" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/voisard-250x421.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Bernard Campiche Editeur, Orbe" title="Le poète coupé en deux, Alexandre Voisard" /></p>Alexandre Voisard, «Le Poète coupé en deux, Un roman à bâtons rompus», Orbe, Bernard Campiche Editeur, 2012<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="421" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/voisard-250x421.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Bernard Campiche Editeur, Orbe" title="Le poète coupé en deux, Alexandre Voisard" /></p><p>En 2004, Alexandre Voisard publie <em><a href="http://www.campiche.ch/pages/oeuvres/motmusique.html">Le Mot musique ou l’Enfance d’un poète</a></em>, beau récit tout entier dédié à la figure du père, que l’écrivain ne cesse de regretter d’avoir déçu et peiné durant son enfance et son adolescence. Regret poignant qui est, à bien des égards, à la source de son œuvre. Comment racheter en effet ce manque, cette défection, ce rejet des valeurs du père, et en particulier de la musique, si ce n’est en modulant une autre espèce de musique, celle de l’écriture? Ainsi, toute l’œuvre de Voisard apparaît comme une entreprise de rachat de ce manque qui reste malgré tout inexpiable.</p>
<p>Et le dernier livre publié procède bien de la même manière. <em><a href="http://www.campiche.ch/pages/oeuvres/poete%E2%80%93coupe%E2%80%93en%E2%80%93deux.html">Le poète coupé en deux</a></em>, ce n’est pas seulement, comme le raconte Voisard dans un texte liminaire, l’exclamation d’une masseuse en apercevant la longue cicatrice qui barre l’abdomen du poète: <em>«Mais on vous a coupé en deux!»</em>. <em>Le poète coupé en deux</em>(intitulé qui rappelle ceux d’Italo Calvino), c’est aussi cet homme écartelé entre l’admiration qu’il voue, enfant, à son père, et son brûlant désir d’indépendance. C’est le hiatus entre les conventions familiales et sa folie personnelle; entre le père et la poésie; la fidélité à la lignée et les multiples trahisons, si tentantes qu’on ne peut qu’y céder; c’est la tension perpétuelle entre la mémoire des ancêtres et l’oubli du fils prodigue.</p>
<p>Comment réconcilier l’urgence de ces désirs d’évasion et d’écriture avec la figure paternelle? Comment rapprocher la poésie de la musique? Le titre des souvenirs d’enfance le dit sans équivoque: faire jaillir du mot la musique aimée du père (compositeur, hautboïste et saxophoniste amateur), recréer les sonorités, le rythme, les couleurs par le truchement d’un instrument autre, celui de la langue. Ce sera une façon d’affirmer sa fidélité au père, ou tout au moins de tenter de racheter ses trahisons successives: <em>«Quand mon père s’est mis en tête de m’embrigader dans sa fanfare, il n’était pas le plus éclairé des maîtres ni le plus inspiré des musiciens […] Pendant les répétitions […] j’avais un malin plaisir aux fausses notes qui faisaient pester (ou ricaner) les instrumentistes autour de moi […] Sans doute mon père subit-il là, en public, la pire humiliation de sa vie.</em> J’en rougis encore<em>»</em> (p 39, c’est moi qui souligne).</p>
<p><em>Le Poète coupé en deux</em> s’organise en petits textes munis chacun d’un titre; à considérer la table des matières, on voit se dessiner quelques-unes des préférences, des obsessions ou des angoisses de l’écrivain. <em>«Seins»</em>, par exemple, est un titre qui revient à quatre reprises, comme <em>«Femmes»</em> d’ailleurs. L’univers féminin n’est battu que par le mot <em>«Musique»</em>, on s’en était douté, qui revient, lui, à six reprises. <em>«Seins 1»</em> raconte la constitution d’un tabou (le corps de la mère) avec, corollaire obligé pour une nature aussi rebelle que celle du poète, la fascination de la transgression. L’enfant, agacé par le peigne, repousse sa mère en s’appuyant sur ses seins, s’attirant aussitôt une sévère réprimande. <em>«Je n’ai jamais recommencé. </em>Je crois que c’est là mon premier souvenir d’enfance<em>»</em> (p. 18, c’est moi qui souligne).</p>
<p>Sept chapitres intitulés <em>«Anecdote»</em> émaillent le livre, rappelant le bonheur du récit chez Voisard, qui manie aussi bien la prose que les vers. Pour s’en convaincre, les lecteurs peuvent se reporter à la bibliographie très complète qui ferme le volume et constitue un apport précieux à la critique. Grâces en soient rendues à Bernard Campiche!</p>
<p>Le livre se clôt sur une <em>«Lettre à mon père qui ne m’a connu qu’en chenapan et en père de famille»</em>. Ce père <em>«inoubliable»</em> en effet n’a, de son côté, jamais reconnu, en ce fils rebelle, le poète qu’il était dès l’enfance, et n’a pas voulu, ou n’a pas pu entendre l’autre sorte de musique qui émanait de lui, <em>«cette Poésie [qui] deviendrait pour [lui], familier des échappées buissonnières, la fugue interminable qui [l’]anime jusqu’en un âge proclamé respectable»</em> (p. 145). Autre regret que rien ne viendra apaiser.</p>
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		<title>Crise financière: le règne (annoncé?) de la ploutocratie</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 15:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Pierre Ghelfi</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Secteur financier et bancaire]]></category>
		<category><![CDATA[Société / histoire]]></category>
		<category><![CDATA[1955]]></category>

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		<description><![CDATA[<p><img width="250" height="167" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bankroll-250x167.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Steven Depolo" title="Liasse en main" /></p>La concentration des richesses transforme le fonctionnement des sociétés démocratiques<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="250" height="167" src="http://www.domainepublic.ch/wp-content/uploads/bankroll-250x167.jpg" class="attachment-single-post-thumbnail wp-post-image" alt="Photo Steven Depolo" title="Liasse en main" /></p><p>On sait que les crises financières ont des durées de vie (nettement) supérieures à celles des crises économiques <em>«habituelles»</em>. A cet égard, le livre de référence est celui de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff <em>Cette fois, c’est différent; huit siècles de folie financière</em> (éd Pearson, 2010).</p>
<p>Nous en sommes à la cinquième année de cette crise, dont les premières manifestations remontent à l’été 2007, et le bout du tunnel n’est encore pas en vue.</p>
<p>La crise grecque ne cesse de rebondir. Il est aléatoire d’en prévoir les conséquences sur l’euro, les banques, les dettes publiques et sur le comportement des marchés financiers. Le gouvernement espagnol a dû se résoudre à nationaliser la quatrième banque du pays. Les rendements des grands établissements bancaires restent médiocres, quand ils ne continuent pas de se dégrader (par exemple, le cours de l’action UBS ne se situe guère au-dessus de 10 francs depuis quatre ans et celui de Credit Suisse, environ 20 francs, atteint son plancher depuis neuf ans). Les grandes banques sont engagées dans une politique de réduction de leur bilan pour se conformer aux nouvelles exigences fixées dans le cadre des accords internationaux dits de Bâle III (en gros: davantage de fonds propres pour améliorer la couverture de leurs risques). Cette politique (de réduction du bilan) ne dit rien de bon quant à leur volonté et leur capacité d’accorder des crédits aux entreprises.</p>
<p>Il est possible, évidemment, de considérer qu’il est plutôt sain que les banques ne fassent plus des profits mirifiques. Certains auteurs pensent qu’il serait souhaitable que le métier de banquier redevienne ennuyeux (<a href="http://www.domainepublic.ch/articles/19317">DP 1937</a>), comme il le fut avant les <em>«grandes innovations financières»</em> de ces deux dernières décennies – avec les conséquences que l’on connaît. Ou, au moins, il faudrait, en séparant banques de prêts et banques d’investissements, que celles qui veulent poursuivre leurs activités dans <em>«l’innovation financière»</em> ne soient plus couvertes par une quelconque forme de garantie étatique. Ces considérations n’aident toutefois pas à comprendre les raisons pour lesquelles l’actuelle crise financière a pris une telle ampleur et pourquoi elle paraît durer encore plus longtemps que les précédentes, telles qu’elles ont été analysées dans l’ouvrage cité plus haut.</p>
<h3>En 2007 comme en 1929</h3>
<p>Quelques auteurs, surtout américains, ont cherché à savoir s’il y avait un lien entre la concentration de richesses et ladite crise financière (voir <a href="http://www.economist.com/node/21550246"><em>The Economist</em></a> du 17 mars). Leurs travaux portent sur les Etats-Unis et ne sont peut-être pas généralisables, sans examen supplémentaire, du fait que les inégalités de revenus y sont sensiblement plus marquées que dans les pays européens. On ajoutera qu’une corrélation n’est pas (nécessairement) une causalité. Les éléments mis en évidence n’en sont pas moins intéressants.</p>
<p>Par exemple, les inégalités s’étaient fortement accrues dans les années vingt (avant la <em>«grande crise»</em>). Elles ont atteint leur plus haut niveau en 2007: 1% des gens les mieux payés ont reçu 23,5% de l’ensemble des revenus distribués, ce qui représente la part la plus élevée depuis 1929. Se pourrait-il aussi que le style de vie adoptée par les 20% de la population la plus aisée percole sur les comportements des 80% restant de la population? En particulier sous la forme d’un recours toujours plus fréquent à l’emprunt et à l’endettement pour s’offrir un train de vie certes au-dessus de leurs moyens, mais qui les rapproche de celui des plus aisés? Les régions (des Etats-Unis) les plus inégalitaires sont aussi celles où les parlements ont le plus facilement réduits les normes pour emprunter et accéder à la propriété immobilière. Dès le début du nouveau siècle, le gouvernement fédéral américain a réduit les exigences imposées antérieurement aux deux grandes agences publiques (Fannie May et Freddy Mac) pour accepter des prêts immobiliers toujours plus élevés et avec des garanties réduites.</p>
<p>De même, sur la période de 1973 à 2005, on observe une évolution parallèle entre la mondialisation de la finance, la hausse de l’endettement public et un accroissement des inégalités. Ce qui pourrait s’expliquer par le fait que les inégalités créent une pression sur les gouvernements pour augmenter les processus de redistribution (filet social) dont les coûts sont partiellement financés par l’emprunt.</p>
<p>La concentration des richesses dans les mains d&#8217;un petit nombre de personnes a évidemment aussi des incidences sur la vie politique. En effet, les 10% les plus riches ou même les privilégiés du centile supérieur ont des intérêts considérables à défendre, en particulier pour éviter que le système qui les a si bien servis ne soit modifié. Nous avions déjà évoqué le développement des <em>«super PACs»</em> américains qui favorisent les donations illimitées aux candidats (<a href="http://www.domainepublic.ch/articles/19669">DP 1942</a>). A ce jeu, celles et ceux du parti républicain sont nettement en <em>pole position</em>. Chez nous, on peut penser aux nombreux millionnaires qui financent l’UDC, directement ou par fondation interposée.</p>
<h3>Comme une drogue</h3>
<p>La manière extravagante avec laquelle le secteur financier est parvenu à accumuler des richesses au cours des deux dernières décennies l’incite évidemment à s’opposer à toute réforme, ou à en limiter la portée, ou bien à faire sienne la formule de l’écrivain Giuseppe Tomasi di Lampedusa: <em>«si nous voulons que tout reste tel que c&#8217;est, il faut que tout change»</em>. Il y parvient d’ailleurs avec un certain succès. Les présidents Bush Jr et Obama ont été et sont toujours très (trop) bien entourés par des anciens de Goldman Sachs, le fleuron de la banque d’affaires américaines (dont on sait que les employés parvenaient, simultanément, à offrir à leurs clients des produits dérivés tout en spéculant à la baisse sur ces derniers qu’ils savaient être <em>«toxiques»</em>!) Ainsi, en dépit de la crise financière majeure que nous connaissons, peu de progrès ont été fait, au niveau international, pour éviter sa répétition. Les milieux financiers ont internalisé leurs profits tout en parvenant à externaliser leurs pertes sur la collectivité.</p>
<p>A n’en pas douter, ils vivent, de leur point de vue, dans le meilleur des mondes possibles. Toute modification serait ainsi ressentie comme une régression. Toutefois la messe n’est peut-être pas encore entièrement dite. La <a href="http://blogs.wsj.com/deals/2012/05/11/j-p-morgan-volcker-atms-and-more/?mod=yahoo_hs">perte de 2,3 milliards</a> de dollars annoncée tout récemment par la banque JP Morgan Chase, consécutive à des défauts dans la surveillance des risques, montre une nouvelle fois que les grandes banques ne peuvent s’empêcher de continuer de faire joujou avec des produit dérivés dont elles ne maîtrisent, quoi qu&#8217;elles disent, de loin pas tous les risques. Ces produits sont pourtant potentiellement tellement profitables qu’elles ne veulent pas y renoncer. Exactement comme une drogue.</p>
<h3>La seule vraie innovation: le bancomat</h3>
<p>Et à quoi les prétendues innovations financières ont-elles servis? Paul Volcker, ancien président de la banque centrale américaine (FED) avait douché un auditoire de banquiers en disant, comme le rappelle le blog cité ci-dessus, que la seule invention significative des trente dernières années avait été le bancomat, et qu’il s’interrogeait toujours sur l’utilité économique des autres innovations financières, à part celle d’avoir considérablement enrichi ceux qui les avaient conçues.</p>
<p>De plus la manière dont la finance draine et concentre d’énormes richesses a pour effet d’attirer en nombre les nouvelles élites qui sortent des meilleures facultés scientifiques. La France, il y a quelques années encore, tirait gloire du fait que les premiers de classe sortis de ses grandes écoles étaient très recherchés sur les places financières de Londres et de New York. On peut au moins se poser la question de savoir si cette évolution est vraiment favorable au développement des sociétés humaines en général. Et penser que c’est pour le moins douteux!</p>
<p>Les inégalités de revenus et leur accentuation au cours des dernières décennies ne soulèvent donc pas seulement des questions de statistique (la mesure desdites inégalités) et de morale (la légitimité que certains gagnent quasi infiniment plus que d’autres). Elles interrogent sur l’évolution de nos sociétés démocratiques qui deviennent ploutocratiques, et où la prise de risques toujours plus grands pour gagner toujours plus favorise leur instabilité.</p>
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		<title>So lullt die Pharma Parlamentarier ein</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 08:38:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Daniel Delley</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Einige Parlamentarier der SVP, FDP und CVP plappern nach, was ihnen die Pharma vorlegt. Dafür finanziert die Pharma diese Parteien (Infosperber)<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Einige Parlamentarier der SVP, FDP und CVP plappern nach, was ihnen die Pharma vorlegt. Dafür finanziert die Pharma diese Parteien (Infosperber)</p>
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		<title>Une principauté au bord de l’implosion: le Liechtenstein suivra-t-il la mouvance des Printemps révolutionnaires?</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 11:10:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex Dépraz</dc:creator>
				<category><![CDATA[KIOSQUE]]></category>

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		<description><![CDATA[Le comité «Oui, pour que ta voix compte» a déposé, début février 2012, un projet d’initiative populaire qui vise à retirer au prince de cette monarchie constitutionnelle le droit de veto sur les résultats des [...]<hr /><a href="http://www.domainepublic.ch">Le site de Domaine Public</a><hr />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le comité «Oui, pour que ta voix compte» a déposé, début février 2012, un projet d’initiative populaire qui vise à retirer au prince de cette monarchie constitutionnelle le droit de veto sur les résultats des votations. Qui aura le dernier mot, le prince ou le peuple? (atlantico.fr)<strong><br /></strong></p>
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