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Ueli éligible

Les conditions préalables à la participation de l’UDC au Conseil fédéral sont-elles abandonnées?

27 novembre. Le groupe parlementaire UDC choisit son ticket pour la succession Schmid. Ce sera ceux qui en douze ans ont fait de l’UDC le premier parti de Suisse: Blocher et Maurer. Le bouledogue et le carnassier-amène.

29 novembre. L’assemblée des délégués de l’UDC, à une écrasante majorité, décide de faire campagne contre la reconduction et l’extension de l’accord passé avec l’Union européenne sur la libre circulation des personnes.

Il y a un an, la non-réélection du conseiller fédéral Blocher avait été expressément motivée. D’une part le style des campagnes publicitaires UDC était jugé intolérable, tel le mouton noir expulsé. D’autre part le soutien aux accords bilatéraux était présenté comme le minimum programmatique exigible. Ces conditions n’étant pas remplies, Christoph Blocher, qui de surcroît avait fait la démonstration de son mépris de la collégialité, ne fut pas réélu.

Un an plus tard, plus d’exigences préalables. Ueli Maurer serait éligible. Il est pourtant pleinement responsable du style xénophobe des campagnes UDC, et son parti vient de s’engager dans une opposition bien arrêtée aux bilatérales.

Quelle incohérence politique!

Deux explications. La première, celle de la prudence et de la lâcheté. Rejeter clairement l’UDC dans l’opposition, c’est la rendre furieuse, avide de revanche, s’engageant à fond contre les bilatérales. En revanche, si elle devient à demi gouvernementale, son opposition sera affaiblie par la collégialité. Ueli Maurer sera appelé à défendre la position du Conseil fédéral.

La deuxième raison tient à la guerre de succession latente. Pascal Couchepin, sa présidence achevée, devrait annoncer son départ. Son siège sera disputé par le PDC qui ne cache pas son ambition. Dès lors, le choix de l’UDC sera décisif. Mieux vaut donc la ménager, dès maintenant.

Ce mélange fade-écœurant de prudence et de reniement, d’exigences devenues molles, de successions ouvertes en permanence mais non déclarées, n’a plus rien à voir avec la clarté de la confrontation et la recherche de la concordance.

C’est le point bas de la politique suisse.

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Discussion

  • Analyse très intéressante, mais vous aurez remarqué que Micheline Calmy-Rey ne la partage pas. Elle a demandé aujourd’hui à ses camarades d’élire le candidat UDC. C’est à dire Maurer, si on admet qu’elle ne souhaite pas se retrouver avec Blocher.

    Bref elle n’a pas vos scrupules. L’affiche des moutons ne l’empêche pas de dormir.

    On peut penser qu’elle fait le calcul suivant:

    Si l’UDC est dans l’opposition, elle va se renforcer énormément d’ici à 2011. En période de crise, elle tirera un gain maximum de son opposition à la libre circulation qui mettra en porte à faux le monde du travail par rapport aux syndicats et au PS. L’UDCe gagnera sur, presque, tous les tableaux et attirera à elle, à coup sur, un nouveau pan de l’électorat PS.

    Ce serait aussi la fin de la concordance et la naissance d’un système majorité opposition.

    Donc, dans un pays à forte majorité de droite, avec une UDC encore renforcée, en 2011 on verrait un gouvernement de droite dure, et les socialistes seraient exclus du CF. Et ça, c’est ce qu’elle ne veut pas. Elle tient à sa place, Micheline!

    Je crois qu’elle fait une analyse lucide.

  • Maurer n’étant pas éligible à vos yeux, et Micheline Calmy-Rey ayant certainement raison de plaider prudemment pour la concordance, c’est à dire un UDC représentatif au CF, alors pourquoi les socialistes ne prendraient-ils pas sur eux de reconsidérer la situation et d’élire carrément Blocher lui-même?

    C’est ce que préconisait Jean Ziegler le 19 novembre dans un article de la BAZ.

    Ce point de vue de Ziegler est très intelligent.

    Si Blocher est l’adversaire le plus redoutable du PS, mieux vaut l’affronter lui-même plutôt que son valet Uli. Ce serait plus net. De la part de la gauche ça aurait de la gueule. Et en plus ça limiterait la casse.

    Si les esprits des parlementaires socialistes ne sont pas assez agiles pour ce genre de raisonnements, alors son intérêt bien compris condamne le PS à s’arranger pour que Maurer soit élu.

  • La balle est évidemment dans le camp des radicaux-libéraux: le sursaut de lucidité va-t-il finalement prévaloir ou le grand vieux parti préfèrera-t-il une fois de plus jouer avec le feu en élisant un personnage aussi imprévisible que dangereux! A lire à ce sujet l’excellente analyse-argumentation de François Cherix développée dans l’entretien-débat face à Olivier Meuwly, publié dans « Le Temps » du 4.12.08.

    La Suisse est à un tournant de son histoire politique le 10 décembre: espérons que le courage prévaudra sous la coupole fédérale…

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