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Conseil fédéral: pas de concordance réduite aux mathématiques svp

En s’opposant aux accords bilatéraux, l’UDC s’exclut elle-même de la succession de Samuel Schmid

icone auteur icone calendrier 17 novembre 2008 icone PDF DP 

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La succession de Samuel Schmid offre pour l’instant des airs de déjà vu. On se croirait revenu une année en arrière. La concordance mathématique est de retour. Comme si l’UDC n’avait pas choisi elle-même d’entamer une cure d’opposition qui paraît lui avoir apporté plus de maux que de remèdes.

Comme il y a un an aussi, le débat se cristallise autour de la seule personne de Christoph Blocher. C’est le «tout sauf Blocher»: pourvu que le candidat soit «respectueux de l’Etat de droit», ce qui ne paraît pas trop demander   en démocratie. Comme si l’UDC n’avait pas exclu et décidé d’exclure à l’avenir les représentants élus par l’Assemblée fédérale sans avoir reçu l’onction du parti.

L’élection du 10 décembre 2008 devrait donc tout être sauf la répétition du 12 décembre 2007. Il ne s’agit plus de décider de ne plus gouverner avec l’UDC mais de décider si l’on peut à nouveau gouverner avec ce parti. Pour savoir si on fait équipe, il est légitime de poser quelques conditions de fond, pas seulement au candidat, mais aussi au parti qui le présente. Aujourd’hui encore plus qu’hier (DP 1753), la question de la poursuite de la voie bilatérale est incontournable.

Coïncidence du calendrier, l’élection complémentaire intervient au moment de la campagne en vue de la votation capitale du 8 février prochain sur les accords bilatéraux avec l’Union européenne. En liant extension et reconduction contre l’avis du Conseil fédéral, le Parlement a voulu jouer à quitte ou double notre avenir européen (DP 1776). Il doit aujourd’hui assumer les conséquences de ce choix discutable.

Occupée à courir derrière ses jeunes, dépassée par sa base, l’UDC va probablement faire activement campagne pour le non. Or, «qui choisit le non se met en marge des responsabilités communes» (DP 1753). Choisir un candidat UDC partisan de la voie bilatérale, ou, pour reprendre la formule du docteur ès girouettes Christophe Darbellay, «qui a manifesté son opposition aux bilatérales pour des raisons électoralistes» est insuffisant. Peu importe également que le candidat sache situer Bruxelles sur une mappemonde. Un candidat issu d’un parti qui combat la voie bilatérale est résolument inéligible (DP 1800). A moins de deux mois d’un scrutin aussi essentiel, on ne peut choisir de faire entrer le loup dans la bergerie.

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Discussion

  • L’UDC est déjà au Conseil Fédéral, mais elle ne veut pas de ses membres. Peut-être mon propos sera t’il perçu de simpliste, certes, mais il est à l’image de ce que l’UDC tente de faire pour (re)placer Blocher. Comment se fait-il que l’UDC demande d’avoir un Conseiller Fédéral alors qu’ils en avaient deux et que pour des raisons internes ils ne les reconnaissent plus comme faisant parti de l’UDC. Mesdames, Messieurs les citoyens UDC qui devant les sections cantonales avez décidez de ne pas garder Mme Slumpf et M Schimd, de quel droit pensez-vous avoir toujours un droit à un représentant. Si 25% de la population (la part des UDC) estime que leurs représentants ne les représentent plus ….alors quizz pour l’UDC et non pas pour les autres partis. C’est votre problème et pas celui du reste des Suisses et Suissesses.

    Quand aux autres partis, j’ose espérer que vous ne ferez pas de concessions supplémentaires. L’UDC a démocratiquement décidé de se retirer du Conseil Fédéral en refusant ses deux membres, laissez-les ce débrouiller en famille. A priori, ils ont en fait une stratégie qui ne semble pas être la bonne. Ils sont dans un cul-de-sac, mais il s s’y sont mis tous seuls….comme des grands.

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