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Flexibilisation de l’âge de la retraite: les syndicats ont manqué le coche

L’initiative de l’USS en votation le 30 novembre laisse sceptique; il y a pourtant de vraies solutions

icone auteur icone calendrier 13 octobre 2008 icone PDF DP 

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En mai 2004, le peuple a balayé la 11ème révision de l’AVS. Principal motif de ce rejet, la promesse non tenue par le Parlement de mettre les moyens nécessaires à la flexibilisation de l’âge de la retraite. Un an plus tard, l’Union syndicale suisse lançait son initiative «Pour un âge de la retraite flexible». Malheureusement, le modèle ne propose pas une solution flexible. Garantir une rente complète à partir de 62 ans pour tous les revenus inférieurs à 120’000 francs, c’est en réalité abaisser l’âge de la retraite pour l’immense majorité de la population. Or le vieillissement de cette population comme les incertitudes de l’évolution économique appellent une réforme plus profonde et moins schématique.

Giulano Bonomi, un spécialiste des politiques sociales, a mis en évidence trois conditions pour un système de retraites durable: une flexibilisation de l’âge de la retraite, une rente dont le montant dépend de l’évolution démographique et économique et un traitement préférentiel compensant la pénibilité du travail. En Suède dans les années 90, tous les partis politiques ont soutenu un modèle basé sur trois piliers: une rente de base financée par le budget, une première rente complémentaire financée par les employeurs et fonction de la durée de la vie active, une deuxième rente complémentaire relevant d’une assurance obligatoire payée par les salariés par prélèvement de 2,5% de leur salaire. La rente de base est versée à partir de 65 ans, mais la retraite est possible dès 61 ans. Le niveau des rentes est déterminé par le rapport entre salariés et rentiers, par l’évolution des salaires et l’inflation.

Les partis helvétiques ont là un modèle pour éviter les interminables débats qui plombent chaque révision de l’AVS et les déséquilibres financiers qui guettent les assurances sociales.

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Discussion

  • 1
    Jean Christophe Schwaab says:

    Prétendre que l’initiative « pour un âge de l’AVS flexible » abaisse l’âge de la retraite à 62 ans est une mauvaise lecture et du texte de l’initiative et du système des retraites.

    Il est erroné de croire que le 90% des salariés qui auraient théoriquement droit au libre choix de l’âge de la retraite dès 62 ans en feront tous (ou presque) usage. En effet, l’initiative n’accorde qu’une rente AVS. Une rente complète, certes, mais une rente AVS uniquement. Le salarié assuré au 2ème pilier, si son plan de prévoyance ne prévoit pas de retrait anticipée, devra subir une réduction actuarielle de ses futures rentes. Ceci garantit que seules les personnes qui ne peuvent vraiment plus travailler jusqu’à l’âge légal de la retraite, p. ex. pour raison de santé ou à cause du marché du travail, bénéficient du libre choix de l’âge de l’AVS. En revanche, les travailleurs en bonne santé et bénéficiant d’un emploi motivant ne feront certainement pas usage de leur libre choix de l’âge de la retraite. A charge aussi aux employeurs de proposer à ces salariés des emplois intéressants!

    http://www.avs-online.ch/

  • 2
    Benoît Gaillard says:

    J’adhère entièrement au commentaire laissé par mon préopinant et aimerais ajouter une chose: il est de notre devoir, à gauche, de ne pas nous laisser avoir par la rhétorique de droite qui consiste à dire que toute réforme sociale coûte trop cher. Dès que la pression est là, dès que le rapport de force (dans les urnes ou la rue) est à l’avantage des travailleurs, l’argent fait son apparition miraculeuse. Il suffit de comparer les annonces catastrophistes des Cassandre d’il y a quelques années avec la réalité de l’AVS actuelle pour s’apercevoir que les assurances sociales ne se portent pas si mal.

    Enfin, réduire la durée du travail doit rester notre combat fondamental! Rien que pour cela, l’initiative de l’USS a du bon.

Les commentaires sont fermés.