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Régulation: frilosité helvétique

Face à la crise, se rappeler que l’Etat, en Suisse, ne se donne même pas les moyens de jouer son rôle normal quand les choses vont bien

Le tout libéral n’a plus la cote. La crise réhabilite le rôle de l’Etat. Même en Suisse, mais avec réserve et circonspection. La Banque nationale fait exception à cette morosité. En concertation comme toujours avec les autres Banques centrales, elle libère d’abondantes liquidités. Là se limitent pour l’instant les interventions de l’Etat pompier. En Allemagne, le gouvernement accorde sans délai la pleine garantie de l’Etat à tous les épargnants. Cela représente 2500 milliards de nos francs. En Suisse Eveline Widmer-Schlumpf concède prudemment que l’on peut réexaminer le montant de la garantie étatique plafonnée à 4 milliards. Le Conseil fédéral étudie, nous dit-on, les scénarios qui permettraient, en cas de besoin, d’éviter le naufrage d’une de nos grandes banques. Cette prudence gouvernementale est pour une part due aux lenteurs institutionnelles de la Suisse.

Mais la réserve gouvernementale ne surprend pas. Elle est conforme à l’allergie helvétique face à l’intervention de l’Etat. Cette frilosité ne date pas du «sauvetage» raté de Swissair. Depuis toujours, les compétences de l’Etat régulateur sont strictement limitées. Les organes de contrôle sont affamés et squelettiques.

Un cadre bancaire de haut niveau refusera de rejoindre la Commission fédérale des banques pour un salaire divisé par 10. Le vice-directeur de la Comco, récemment démissionnaire, déplore le faible effectif et le salaire modeste des gardiens de la concurrence. Une fois formés, les jeunes juristes ou économistes sont happés par les entreprises qu’ils surveillaient. L’Office fédéral de la santé publique, qui ne fait pas le poids face à l’industrie pharmaceutique, doit consentir un prix des médicaments incomparablement plus élevé que celui de nos voisins immédiats. Et dernière panne en date, l’Elcom, le tout nouvel organe de régulation du marché de l’électricité, se déclare incapable d’estimer le juste prix de l’utilisation des lignes à haute tension ni le bien fondé de la flambée des tarifs des 900 compagnies distributrices d’électricité.

Pour les télécommunications, l’autre secteur libéralisé, la ComCom a peut-être une tâche un peu moins désespérante. Elle ne doit contrôler qu’un nombre limité d’opérateurs, dont l’ancienne régie, plus facile à morigéner parce qu’elle reste dans les mains de l’Etat.

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Discussion

  • 1
    Benoît Gaillard

    Mais que veut dire exactement M. Tille?

    Je n’ai très sincèrement pas tout à fait compris le sens de l’article. En revanche, les faits présentés me semblent démontrer une chose: l’inanité du faible système de régulation suisse. D’où se dessine l’alternative: laisser tomber la régulation et adhérer franchement au capitalisme, ou alors réguler plus dans l’objectif de le dompter vraiment.
    Mais augmenter les salaires des cadres de la Confédération… là, je ne vois pas le but.

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