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Crise financière et fonds de pensions

Pourquoi ne parle-t-on que des épargnants à protéger et pas de la prévoyance professionnelle?

icone auteur icone calendrier 7 octobre 2008 icone PDF DP 

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Les épargnants d’abord! Imitant l’Irlande, critiquée puis copiée, les Etats européens s’engagent à garantir l’épargne déposée sur un compte ou un livret bancaire. Le plafond des montants ainsi garantis peut être substantiellement relevé, à un niveau qui poussait les banquiers à conseiller aux clients de ne pas «laisser dormir» autant d’argent sur des comptes sans rendement, mais à les «placer».

Voilà donc l’épargnant promu dans un rôle noble, comme en d’autres circonstances le «petit actionnaire». Il est celui que l’Etat protège.

Mais la véritable épargne de Monsieur et Madame tout le monde, elle est d’abord dans son deuxième pilier. Or, de cette épargne-là, qui assure le niveau de vie d’une grande partie de la population, il est fort peu question dans les prolixes commentaires de la crise. Elle doit pourtant être évoquée à un double titre.

Les fonds de pension comme intervenants…

La fortune accumulée par les fonds de pension américains et européens est gigantesque. L’unité de référence les concernant, le milliard de dollars, est à la hauteur de celle des mouvements boursiers. L’on a souvent décrit la capacité des caisses de pension à influencer la politique des grandes entreprises dans un sens social ou environnemental. Et l’on connaît en Suisse le rôle d’Ethos et ses interventions.

Mais que font-elles devant l’ampleur de la crise boursière? Subissent-elles? Cherchent-elles simplement à limiter les dégâts?

On peut souhaiter qu’elles aient une politique coordonnée. Elles travaillent sur le long terme et, comme telles, elles peuvent jouer un rôle stabilisateur. Encore faudrait-il, pour qu’il ait un effet psychologique, qu’il soit affiché et coordonné.

… et comme perdants éventuels

Dans sa sagesse, la loi suisse limite pour les caisses de pension la part de la fortune placée en actions suisses ou étrangères. Malgré tout, des pertes peuvent être sensibles. Mais il faudrait le savoir de manière globale et précise, à l’échelle nationale. Peut-être des mesures étatiques de garantie seront-elles justifiées. Mais, avant toute action, il faut réunir les données.

L’accent juste

Protéger les petits épargnants, c’est une formule bonne pour la pose. Mais la politique des caisses de pension, elle, touche tous les épargnants salariés. Elle mérite d’être définie et connue. C’est une tâche prioritaire pour la Confédération de réunir toutes les informations qui seront nécessaires à une action de coordination et, si elle est jugée opportune, d’intervention.

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Discussion

  • Judicieuse idée! Qui doit poser la question au Conseil fédéral? Qui doit exiger une réponse? Les Suisses sont-ils prêts à rouler en plein soleil plutôt qu’avec les habituels phares à brouillard?

  • Il faut différencier les caisses en capitalisation pure (dans le privé) et les systèmes mixtes répartition + capitalisation (secteur public).

    Avec la répartition, les prestations vont inexorablement diminuer en raison du rapport actifs-pensionnés qui ne cesse de diminuer. Avec la capitalisation c’est l’épargne elle-même qui s’évapore maintenant.

    Moralité: dans tous les cas de figure, les petits vont devoir troquer le châteaubriand aux cèpes contre le cervelas.

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