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Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)
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Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)
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Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet
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Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)
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Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)
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Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)
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Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)
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Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)
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Par Michel Rocard et Pierre Larrouturou (Le Monde)
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Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)
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Femme merveilleuse, de courage et d’imagination débordante Jacqueline Berenstein Wavre est toujours forte et dynamique. Félicitations pour tes 90 ans, nous suivrons de près tes futurs combats
Heureux anniversaire Madame
RV pour le 100ème!
D’accord avec tous ! Curieux non ? …
Mais je suis juste déçu que l’UDC soit encore au gouvernement, on aurait du l’exclure. Comme déjà dit, je suis partisan du cordon sanitaire.
Bon, pensons à l’avenir. Il est assez rose pour les vrais démocrates à mon avis. Je crois que l’euro et l’Europe vont s’en sortir par le haut, ce qui isolera d’autant plus la Suisse. Pour beaucoup de conservateurs de ce pays, cela leur ouvrira quand même les yeux, et le PBD va d’ici quatre ans se renforcer au détriment de l’UDC.
Suis-je trop optimiste, me crois-je déjà à Noël ? Peut-être, mais je crois qu’avec le début de sénilité de Blocher, l’UDC va perdre peu à peu de sa substance et de son mordant, si ce n’est de ses ressources. Tant mieux. La Suisse va pouvoir enfin avancer, dans la stabilité.
Ne convient-il pas que la cupidité, l’accaparement, la compétition et l’endettement (appelé hypocritement investissement) continuent à être de plus en plus encouragés par les pouvoirs publics de gauche comme de droite (par leur comportement et par leur fiscalité), pour que l’amélioration se produise par l’autodestruction du système?… Heureusement que, pour accélérer ce processus, « on » élit et réélit une majorité de gens qui cumulent les fonctions et/ou méprisent leurs électeurs…
D’où nous viendra le secours?… Le secours vient de … (peut-être l’intérieur de nous-mêmes? Ce qui est peut-être moins facile que de lever les yeux vers les montagnes, ou vers les « autorités », ou vers le discernement…)
Excellent article de Jean-Pierre Ghelfi, c’est le type d’article qui aide à nous rendre intelligents.
Trois modestes contributions :
Par un hasard total j’ai un cousin qui faisait partie du bureau d’Economie Suisse. Il me disait, il y a déjà au moins 10 ans, que l’incompréhension était presque totale entre le monde industriel (dont il faisait partie) et le monde financier (banques,…), qui avait un poids complètement disproportionné par rapport à la réalité de l’économie productive. Le constat était donc déjà là et n’était pas ignoré, en tout haut lieu.
La cupidité est le vrai problème et c’est un problème de société. Me trompais-je quand j’affirme que le rêve secret d’une grande majorité de nos concitoyens est de gagner un jour le gros lot à la loterie ? Parmi nos jeunes adultes j’ai l’impression que le taux de cette rêverie est effarant.
Il n’y a qu’un concept qui peut faire changer quelque chose, c’est la solidarité. Mais il ne viendra que de la base, et certainement pas des autorités politiques, ni des partis, même de gauche. Quant on suppute en effet la différence entre les médianes du revenu et de la fortune de nos élus socialistes dans nos législatifs et celles des citoyens des classes sociales pauvres, cela doit aussi être effarant. J’aimerais bien une fois que le parti socialiste calcule et publie ces chiffres, s’il en a le courage.
Enfin dernière piste : l’énergie est le coeur de nos économies et c’est lui que l’on doit taxer, ou plutôt imposer, en priorité. Mais il faudrait aussi beaucoup de courage politique à la gauche pour plaider qu’une envolée des cours de l’énergie, en prétéritant dans un premier temps à coup sûr ces mêmes classes sociales pauvres, sera bénéfique à l’ensemble de notre société à moyen et long terme. Le vieux slogan de Lénine de 1920, «le communisme, c’est les Soviets plus l’électricité», est encore bien ancré dans les dogmes inamovibles de la gauche.
Accord total. Ce qui me surorend, c’est le nombre de femmes qui, dans mon entourage, tiennent encore aujourd’hui ce langage sexiste. Cela me pose des problèmes de comportement: Que dois-je dire à une adolescente que j’aime bien et qui sort avec un décolleté généreux? Il se trouve que le danger existe: elle va sans aucun doute croiser des hommes qui penseront sincèrement qu’une telle tenue leur donne des droits. Je lui rappellerai ce danger et donc le risque qu’elle court, dans notre société telle qu’elle est encore. S’il lui « arrive quelque chose », je ne penserai pas qu’elle l’a cherché, mais qu’elle a accepté consciemment ce risque. Au fond de moi-même, je regretterai peut-être de n’avoir pas été plus directif
« L’émission n’aura fait que perpétuer les clichés les plus éculés sur les soi-disant différences entre les genres. »
Tout d’abord, il est très incorrect d’écrire « soi-disant », au lieu de « prétendues » et ensuite le succès des ouvrages de John Gray montre bien que les femmes comme les hommes se reconnaissent dans les clichés les plus éculés.
Pour ma part, je suis d’ores et déjà certain que, dans deux siècles, nos temps seront brocardés comme ceux où les femmes ont voulu être des hommes… Mais les Suisses d’alors sauront que tout le monde ne souscrivait pas à cette idiotie, grâce aux archives et à Me Marc Bonnant :
« On convoitait une femme, on aimait une femme. La femme au fond était notre complément d’objet direct. Elle a voulu être sujet, ce qui a créé un grand désordre dans notre grammaire. A mon sens, les femmes ont tout perdu. Elles ont perdu notre admiration fébrile, elles nous ont proposé une sorte de camaraderie de chambrée, mais pour cela nous avons déjà le service militaire. »
« Il n’y a aucune raison que mon coeur s’embrase pour un autre moi-même. Les femmes ont basculé dans un psittacisme dérisoire du masculin. Elles ont fait la démonstration rapide qu’elles savent faire ce que nous faisons. Quel grand avènement pour l’humanité que d’avoir des sapeuses-pompières, des procureuses atrabilaires, de bouffonnes candidates présidentielles et autres cheffes humorales… »
« Les femmes ont cessé d’être aimables en voulant nous ressembler, avec des brutalités, des vulgarités, des ambitions subalternes, des fatigues inesthétiques. »
Et le bon sens sera sauf !
Adam Smith, Amartya Sen, Paul Krugman, André Orléan et quelques autres sont magnifiques de perspicacité mais ils sont la preuve que l’on a identifié le mal depuis le 18ème siècle au moins sans avoir trouvé la réplique. Plus exactement sans l’avoir mise en oeuvre. La dérégulation associée à la mondialisation, un certain découplage de l’économie réelle et de l’industrie financière et une bonne dose de laxisme dans la gestion des finances publiques à grande échelle ont au contraire stimulé la cupidité des « prodigues » d’Adam Smith. Une banque ne peut-être seule à être vertueuse; il en va de même pour une banque centrale. Si l’on veut conserver les avantages du libre-échange et d’un certain marché, il faut des régles édictées à la même échelle que ce marché sans quoi on laisse ouverte des brêches par lesquelles les « prodigues » savent habilement s’engouffrer. Merci à J-P Ghelfi pour son article stimulant.
Enfin une motion pour secouer une apparente léthargie des pouvoirs politiques concernant l’expansion de l’implantation de sociétés de négoces en Suisse et particulièrement à Genève. Quand on sait le nombre grandissant de traders qui s’établissent dans l’arc lémanique et surenchérissent le prix de l’immobilier, il y a des questions à se poser. Oû sont les limites? D’autant plus que ces sociétés de négoce ont une réputation sulfureuse si on en croit l’ouvrage publié par la Déclaration de Berne « Swisstrading ».
Un débat politique de fond avec des parlementaires bien informées devient une affaire de première nécessité.
Bonne année quand même!
Merci à Jean-Pierre Ghelfi pour son excellent article. Il nous invite à participer à sa réflexion, je m’y exerce en toute modestie.
Il faut définanciariser nos économies, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. En effet, les financiers qui dérangent les activités économiques ne font du profit que s’ils parviennent à faire varier les valeurs des « papiers » qu’ils achètent. C’est la vente à une valeur plus haute que celle de l’achat qui leur procure un gain. Si la valeur totale restait au même niveau, les gains des uns compenseraient globalement les pertes des autres et nous laisserions jouer entre eux ces spéculateurs en applaudissant même les gagnants, puisqu’ils sont plus malins que ceux qui perdent. Cela ne nous dérangeraient que fort peu, puisque ceux qui s’occupent d’économie réelle ne seraient pas dérangés par ces joueurs. Seulement voilà, les joueurs veulent gagner toujours davantage et pour ce faire, il faut que les montants globaux des mises soient plus élevés, donc il faut pour cela que la masse monétaire augmente de manière à ce que les joueurs en moyenne sont gagnants. C’est de cette manière que l’on crée de la masse monltaire sans aucune contrepartie correspondant à la valeur a priori échangeable dans le monde réel. Mardi dernier vers 8h sur la première Anton Brender a dit très justement que c’est de la responsabilité du monde politique d’intervenir dans ce cas, comme il ferait si des individus tournaient les lois que nous avons mises en place pour protéger la société des individus sans scrupules. Pourquoi cette idée somme toute assez banale ne parvient pas à s’imposer ? Une des raisons me semble résider dans la croyance à l’équilibre naturel des choses. Cette religion de l’équilibre, croire que la Nature, ou Dieu pour certains, va réguler les choses et que tout écart engendrera « naturellement » une force opposée pour ramener le système à l’équilibre. Sur ce point, les tenant du libéralisme économique rejoignent les écologistes intégristes, croire qu’en laissant faire le monde des finances ou celui de l’économie conduit à un équilibre est aussi naïf que de penser que la planète terre est en équilibre et qu’il suffit, par exemple en cas d’augmentation moyenne de la température, que si l’homme cessait toute activité, la température retrouverait sa situation précédente. Pour garder un système dans un certain équilibre, il faut le piloter et cela demande parfois une énergie dont on ne dispose pas. Nous y sommes parvenus dans le cas de la crise des subprimes, mais au prix d’une action du monde politique sans précédent. Cela n’a évidemment pas suffit à assainir tous les autres cas de prêts qui ne sont pas financés de manière à pouvoir se rembourser un jour. Notre monde politique devrait s’y mettre au plus vite et prendre enfin des mesures destinés à corriger la situation au lieu de continuer de croire que le libéralisme conduit le monde au parfait équilibre.
Enfin un article qui analyse froidement la situation juridique en dehors du méli-mélo politique. Concernant les « whistleblowers », cette suggestion sur http://www.lameduse.ch (« La malédiction des lanceurs d’alerte »):
http://www.lameduse.ch/2012/01/06/affaire-hildebrand-la-malediction-des-lanceurs-d’alerte/
Je rappelle ici le chiffre 1. de l’article 161 du code pénal.
Art. 161 Exploitation de la connaissance de faits confidentiels
1. Celui qui, en qualité de membre du conseil d’administration, de la direction, de l’organe de révision, ou en qualité de mandataire d’une société anonyme ou d’une société dominant cette société anonyme ou dépendant d’elle, en qualité de membre d’une autorité ou de fonctionnaire, ou en qualité d’auxiliaire de l’une de ces personnes, aura obtenu pour lui-même ou pour un tiers un avantage pécuniaire, soit en exploitant la connaissance qu’il a d’un fait confidentiel dont il est prévisible que la divulgation exerce une influence notable sur le cours d’actions, d’autres titres ou effets comptables correspondants de la société ou sur le cours d’options sur de tels titres, négociés en bourse ou avant bourse suisse, soit en portant un tel fait à la connaissance d’un tiers, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.
Monsieur Hildebrand est Président de la direction générale.
La BNS est une société anonyme de droit suisse.
Les billets de banque suisses que la BNS vend sont des titres (on peut discuter du terme : Si ce ne sont des titres, ce sont en tous cas des effets comptables).
Ces titres sont diffusés par la BNS.
Ils sont négociés, notamment, en Suisse. La BNS en publie chaque jour à 11 heures le cours à Zurich.
Je ne vois donc pas que l’article 161 du code pénal ne s’appliquerait par au cas Hildebrand. Ou alors, dans le cas contraire, je trouverais souhaitable que M. Dépraz (ou le ministère public du canton de Zurich) fournisse quelques explications supplémentaires.
Les modifications du taux de change ne sont pas assimilées à un effet comptable. Et les billets de banque émis par la BNS ne sont pas des titres au sens de cette disposition. L’application du principe de la légalité des délits et des peines ne permettrait donc pas de poursuivre M. Hildebrand. A celà s’ajoute que c’est Mme Hildebrand qui a fait l’opération délicate: il faudrait donc prouver que M. Hildebrand lui avait fourni l’information interne et qu’elle l’a ensuite sciemment utilisée. Ces restrictions expliquent également pourquoi les condamnations pénales pour délit d’initié sont très peu nombreuses.
1. Vous ne donnez pas au couple de mots « effet comptable » le sens que lui donne le code pénal : Votre interprétation rend la phrase du Code incompréhensible. Bien entendu, le mot « effet », dans la loi, se rapporte au second sens que lui attribue le Petit Robert (effet de commerce : en Suisse effet comptable par souci de traduction littérale de l’allemand) : « Titre à ordre ou au porteur, négociable et transmissible par le créancier, et donnant droit au paiement d’une somme d’argent à une échéance généralement prochaine : billet, chèque, traite, warrant ». Dans cette acception, le couple « effet comptable » rend la phrase du Code parfaitement cohérente.
2. Quant à votre affirmation selon laquelle les billets de banque émis par la BNS ne seraient pas des titres au sens de cette disposition, vous ne l’appuyez sur rien. La définition du Petit Robert ci-dessus, elle, propose le contraire : Selon elle, un billet est un titre à ordre ou au porteur, négociable,…. Le billet de banque de la BNS est à tous points de vue un titre au porteur, négociable et transmissible par le créancier (vous, ou moi), dont le débiteur est la BNS. L’ensemble des billets de banques suisses en circulation est la première ligne du passif du bilan de la BNS.
Décidément, mon interprétation, qui ne conduit à aucune contradiction logique dans l’article du Code pénal, mérite au moins une analyse. La vôtre, qui semble être également celle du ministère public du canton de Zurich, et d’autres encore, ne laisse pas de me surprendre. Ce qui me surprend particulièrement, c’est que l’hypothèse d’un éventuel crime – ce serait le cas si le code pénal a été violé – soit écartée si facilement.
L’art. 161 CP est clairement inapplicable aux faits reprochés à Philippe Hildebrand. Les transactions sur devises ne tombent pas sous le coup de l’art. 161, et il faut, en outre, que les titres soient négociés en bourse ou avant-bourse suisse pour que la disposition entre en compte. On pourrait imaginer une violation du secret de fonction au sens de l’art. 320 CP, si toutefois PH avait révélé des secrets à sa femme. Cela n’est toutefois pas probable ou en tout cas pas établi dans le cas d’espėce. N’importe qui, et a fortiori une ancienne trader, pouvait constater que le dollar était à un taux ridiculement bas.
Un parent de ma femme, pasteur, rédigeait ses prêches dans un cahier. Vraisemblablement les resservissait-il à ses ouailles. Il écrivait, en marge, à l’encre rouge, des notes. L’une d’elle mérite ici d’être citée: « argument faible, parler fort ».
C’est à ça que me font penser les commentaires des juristes, qui me répètent, mais sans aucune référence raisonnée, que l’article 161 CP est inapplicable en l’occurrence. Mais plus encore: « On pourrait imaginer une violation du secret de fonction au sens de l’art. 320 CP, si toutefois PH avait révélé des secrets à sa femme. Cela n’est toutefois pas probable ou en tout cas pas établi dans le cas d’espèce », me répond Madame Cassani. Est-ce que, d’habitude, en justice pénale, il ne faut pas investiguer pour éventuellement « établir », avant de libérer d’un soupçon? Le fait que ça ne soit pas établi, même si envisagé, justifie-t-il de ne pas investiguer ? Qu’est-ce à dire ? A quel moment la justice se prononce-t-elle ? après ou avant instruction (si c’est comme ça que ça s’appelle).
Je persiste à trouver quelque peu suspecte la hâte avec laquelle la justice (ceux qui sont en charge de la faire fonctionner) s’est en l’occurrence défaussée.
Là je trouve que l’on fait tomber le débat politique à un niveau vraiment très bas.
La succession au poste de président(e) de la Confédération a toujours été depuis 1848 une simple affaire de tournus sans AUCUNE considération de personne, d’idées, de programme, de style ni rien de tel.
Vous proposez maintenant une innovation consistant à supprimer le principe du tournus aveugle pour un primus inter pares sans autres attributions qu’inaugurer les chrysanthèmes et vous voulez remplacer ce tournus par une évaluation selon des critères impossibles à déterminer car ce sera toujours une question de goût. Vous jugez le comportement de Maurer incorrect. C’est votre opinion. Une masse de gens ne la partagent pas et pensent au contraire que celui de Mme Calmy-Rey (par exemple, mais il n’y a pas qu’elle) a été en bien des circonstances plus que contestable, politiquement, au point de vue vestimentaire (affaire du voile à Téhéran etc.) où à de multiples autres points de vue. M. Couchepin aurait mérité d’être honteusement chassé à cause de son comportement dans l’affaire Roschacher, et dans plusieurs autres circonstances d’ailleurs, etc., etc. Pour autant il est exclu de discuter du droit de n’importe quelle personnalité membre du Conseil fédéral, une fois dument élue et réélue, d’accéder à la présidence de la Confédération selon le tournus habituel.
Ce débat fait penser à une discussion de cour de récréation entre bambins. « Tu peux pas être le chef parce que tu as les oreilles en feuilles de choux. Na ! » C’est puéril et ça n’a aucun sens.
Plus sérieusement, cet argument revient à souhaiter l’instauration de critères inédits, fondés sur une sorte de code de bonnes manières sans aucune légitimité – car la seule légitimité des conseillers fédéraux à siéger puis accéder par tournus à la présidence, c’est leur élection. Ces critères inédits et flous, en réalité, ne cachent que le désir de se débarrasser de la présence gênante de l’UDC au CF, que ce soit avec deux sièges selon la concordance ou même avec un seul selon la nouvelle géométrie bancale qu’impose la réélection de la funeste Eveline Widmer-Schlumpf. Déjà contre Christophe Blocher on entendait ce même genre d’ineptie pour lui dénier le droit d’accéder éventuellement à la présidence.
Du temps d’avant la concordance, où une majorité bourgeoise avait déclaré les socialistes personae non gratae, on imposait à ce parti exactement le genre de mesquineries et humiliations symboliques que vous souhaitez imposer aujourd’hui à l’UDC. Puis le rapport de force a été reconnu avec le droit des socialistes à participer au pouvoir au pro rata de leur force réelle. Vous pouvez certes prêcher pour l’exclusion totale de l’UDC et le passage à un système majorité-opposition. Mais les critères de style que vous suggérez pour harasser l’UDC et lui imposer des vexations ne reposent sur rien, sauf une hostilité épidermique apparemment irrépressible envers elle.
M. Delley nous avait accoutumés à plus de rigueur intellectuelle dans ses analyses politiques.
Excellent article.
La confusion créée par Levrat autour de l’immigration, mélangeant allègrement asile, travailleurs au noir, accords bilatéraux et frontaliers est un scandale politique et intellectuel, qui montre malheureusement que si l’UDC a bien perdu des points aux élections de l’automne passé, elle reste dominante dans les têtes, y compris celles de la direction du PSS.
M. Hildebrand a du se résigner à démissionner parce que qu’il ne pouvait pas apporter la preuve négative que ce que certains prétendent est faux. C’est le cas typique de l’inversion du fardeau de la preuve qui est devenu une habitude dans le combat politique et dans la pratique de la presse. Par exemple et à ma grand peine, plusieurs offices d’impôt suisses pratiquent aussi cette méthode violente et contraire au droit: prouvez ce que nous avançons est faux. Les fonctionnaires qui la pratiquent doivent être licenciés et interdit d’exercice à vie. Ce sont des terroristes de pupitre. Je me bats professionnellement chaque fois contre eux, toujours avec succès. Nous avons pris l’habitude de trouver normal cette situation. Elle me scandalise. Mais l’Etat doit être irréprochable. Autrement, c’est l’état de droit qui est en danger. C’est la justice qui est bafouée. C’est une attaque d’une violence inouïe contre la démocratie. M. Hildebrand a fait une erreur, celle de ne pas annuler la transaction de son épouse. Mais il a versé le bénéfice à une fondation d’utilité publique. Cela n’a pas suffi. L’employé qui a stupidement violé le secret bancaire chez son employeur est perdu et a ruiné sa carrière à vie, tant dans les banques que dans l’autre économie, en Suisse. Il sera puni pénalement et risque une plainte en dommages-intérêts. L’UDC le laissera tomber comme une patate chaude. C’est d’ailleurs déjà fait. Pas juste. Mais il n’est pas un wistleblower, mais un UDC qui par conviction naïve risque d’aller en prison et devra chercher son futur à l’étranger ou terminer comme cas social. Un vrai Winkelried. Seulement: qui l’a poussé?
Des règles plus strictes sur les incompatibilités permettent précisément d’éviter qu’un membre d’une autorité se trouve dans cette situation et doive se justifier. Si cette opération lui avait été simplement interdite, il n’aurait jamais eu à prouver sa bonne foi, ce qui peut effectivement être impossible. On peut penser que M. Hildebrand était de bonne foi. Mais, le soupçon est suffisant pour détruire le lien de confiance. Il vient simplement de tirer les conséquences qui s’imposaient à la lecture du rapport de PWC.
Je suis d’avis qu’une société doit pouvoir vivre avec peu d’interdits, juste avec des grandes lignes directrices. Je fait fondamentalement confiance et suis convaincu que c’est un risque à prendre et A DEFENDRE. C’est une question de liberté. Celui qui INTENTIONNELLEMENT enfreint cette liberté doit être puni sévèrement, car il s’attaque aux fondements de la vie collective. Ce n’était pas le cas de Hildebrand. C’est aussi valable comme règle de gestion d’entreprise. La négligence simple peut être corrigée. La négligence grave aussi, et les conséquences pour le fautif dépendent des circonstances et de son comportement. C’est exigeant, mais on doit être très exigeant avec soi et les autres. Il n’y a pas d’autre approche pour une société sociale et juste à laquelle je tiens comme à la prunelle de mes yeux.
Ce n’est pas l’immigration qui est en question, mais le contrôle des conséquences de la croissance économique de notre pays. Sans les étrangers, notre économie ne fonctionnerait plus. De plus, j’aime profondément notre pays multiculturel. Mais il est bon que le PS s’occupe de ce sujet et ne le laisse pas dans les mains de l’UDC xénophobe. Quelques questions à discuter: selon mes informations, il y aurait plus de 800’000 étrangers en Suisse qui seraient qualifiés pour demander la nationalité helvétique mais ne la veulent pas. Pourquoi ne pas la leur donner d’office, par la poste ? Pourquoi ne pas diriger l’immigration de pays qui en ont besoin tels que la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie en limitant l’immigration d’Allemagne? (N.B. ma famille est à 50 % allemande) Pourquoi ne pas encourager les étudiants du Maghreb? Pourquoi ne pas abolir l’impôt forfaitaire pour les étrangers ? Il y aurait beaucoup à discuter.
Imaginons un instant Ueli Maurer avec l’habit de président de la Confédération en 2013 : rien que d’y penser nous fait frissonner de honte et de rage ! Le caniche de Blocher qui nous a promis une armée suisse « la meilleure de la monde » va-t-il revêtir l’uniforme de général de l’UDC lors de ses déplacements à l’étranger ???
Sans vouloir contrarier Curieux, qui retombe une fois de plus dans son délire paranoïaque et qui semble outré par l’hypothèse d’une non-élection (sanction amplement méritée !) par le Parlement de son protégé Ueli à la présidence de la Confédération en décembre 2012, faut-il rappeler que Micheline Calmy-Rey a été élue piteusement à la vice-présidence en 2010 avec 106 voix seulement ! Mais MCR en a tiré intelligemment les conséquences…
Etre élue piteusement comme MCR c’était une petite vexation, mais tout le monde voulait lui voir les talons, y compris dans son parti. On avait vraiment peur qu’elle s’incruste. Et sans doute il y a eu aussi des socialistes qui ont voulu la tâcler, au moins lui donner un signal.
Malgré tout on a respecté son droit au tournus.
Si on n’élut pas le seul UDC à la présidence quand ce sera SON TOUR selon la coutume, cela n’aura aucun impact politique. Cela ne modifiera rien au rapport de force dans le pays, ni le pouvoir. Ce serait simplement une mesquinerie allant au dela de tout. Maurer à titre personnel s’en foutra éperdument. Mais pour l’électorat UDC ce sera un affront insupportable.
Je me demande au nom de quoi vous pensez que cela puisse être dans l’intérêt de votre camp politique d’humilier un quart de la population.
A part ça vos propos confirment ce que je pensais. L’ostracisme n’est motivé par aucun calcul politique rationnel, uniquement par l’antipathie à fleur de peau. Pour la mère Calmy je lui trouvais encore un certain archaïsme et un côté tête de mule valaisanne assez sympa. Mais un type comme Leuenberger m’inspirait le même genre de répulsion qu’à vous Maurer. Comme démocrate j’ai donc serré les dents et avalé stoïquement le répulsif en essayant de ne pas vomir.
La concordance c’est ça.
Rassurez-vous Curieux, j’éprouvais la même répulsion que vous à l’endroit de Moritz Leuenberger, ce « bobo » faussement socialiste, qui a fait un tort immense au parti des travailleurs et masses populaires ! Et dire que le néo-libéral Moritz a été remplacé par une autre pseudo « socialiste » Simonetta Somaruga, qui a torpillé avec application la candidature de Pierre-Yves Maillard au Conseil fédéral…
J’aimerais ajouter que seul peut être considéré comme whistleblower celui qui dénonce un acte contraire à la loi, et non celui qui agit pour dénoncer des actes qu’il considère contraire à la morale, c’est à dire contre à sa conception de la morale. Ceci est punissable. Autrement, il faudrait protéger celui qui dénonce des adultères, des blasphèmes, des jurons et je ne sais quoi. L’employé de la banque qui semble avoir agit pour des motifs moraux doit être puni sévèrement, ainsi que ses complices éventuels.
A lire ce commentaire, M. Hildebrand n’a commis aucun acte contraire à la loi. Non, faire joujou à titre privé avec des centaines de milliers de francs en marge d’une décision fondamentale de la BNS, une institution qui symbolise le bas de laine des Suisses, n’est pas plus grave qu’un blasphème ou un juron… L’insolent employé doit être puni, et sévèrement, souligne notre interlocuteur. Diable! C’est amusant, personne ne relève le point de vue de Jean-Pierre Roth. Pour l’ancien président de la BNS, son successeur n’avait pas d’autre choix que la démission. Il a quand même de bonnes raisons pour le dire.
Lisez l’excellent article d’aujourd’hui de Spillmann, rédacteur en chef de la NZZ sur NZZ online: Die Stunde der Selbstgerechten. Il dit exactement ce je pense.
Le commerce de détail n’est pas à l’agonie? Peut-être en zone urbaine, mais dans une localité de 5000 âmes, qui dans les années 50 comptait entre 10 et 12 épiceries, le dernier boulanger du coin qui exerçait depuis deux décennies vient de quitter le bateau nommé naufrage des petits commerces obligés de remettre leurs échoppes à des chaines américaines faisant manger de la malbouffe aux citoyens du coin. Heureusement ceux qui ont conservé la mémoire du lieu et des gens peuvent comparer la dégringolade sociale qui dès 54 débuta. C’est à se demander si on ne cherche pas tout simplement à rendre dépressifs les humains,la plupart l’étant par manque de solidarité qui fut exemplaire de la part des petits commerçants qui eux avaient l’âme commerciale – ce qui, hélas, n’est pas donné à tout le monde, et cela est à souligner et ne jamais oublier.
Avec la règle du 80% de matières premières, pour les produits alimentaires il n’y aura plus de chocolat suisse. Ou bien les paysans prétendent-ils produire du cacao en Suisse?
La règle des 80 % concerne les matières premières que l’on peut produire en Suisse. Pour le chocolat, cela concerne le lait et le sucre et non le cacao.
Quand on sait le biocarburant gros pollueurs pour l’environnement y’a de quoi rester songeur face à ces soi-disants argumentations qui ont vu des populations entières tomber aux mains d’esclavagistes afin de produire toujours plus de soja qui lui est réservé comme aliment de qualité pour les porcs européens et ce afin de soulager la conscience de nombreux consommateurs ,préférant manger kitch et constater des animaux en bonne santé. Ces mêmes animaux qui lors d’un temps pas si lointain mangeaient des restes de repas et ne s’en portaient pas plus mal.Ce qui permettait alors aux indigènes d’Amazonie de manger des produits autres que du soja qui lui n’est pas leur aliment de base,on n’ose penser qu’en les obligeant à cultiver du soja ceux ayant choisi de mieux nourrir les animaux croyant à la sauvegarde de l’espèce humaine n’aient et ce inconsciemment réduits ces indigènes à des humains de seconde zone
Une idée visiblement très intéressante. Ceci étant, je ne retrouve pas le tracé de la ligne historique du Gothard. Juste au cas où, pour vérifier qu’ils serait compatible avec du trafic automobile mais cela ne devrait pas poser de problème.
Je considère qu’il y a deux problèmes distincts qui se posent:
Le premier, que j’ai abordé dans mon article de mars, est celui de l’avenir de la ligne ferroviaire de faîte après la mise en service du tunnel de base. Ce n’est pas seulement de la ligne qu’il s’agit, mais aussi de tout ce qui l’a faite vivre jusqu’ici, et de tout ce qu’elle aura fait vivre: C’est une perspective prochaine mais qui doit voir loin. C’est un problème d’aménagement du territoire.
Le second problème, qui se greffe sur le premier, est celui de la réhabilitation du tunnel routier. L’objet du présent article porte sur ce second problème: Partant de la constatation que la mise en service du tunnel ferroviaire de base assèchera presque complètement et durablement le trafic ferroviaire sur l’ancienne ligne, mais constatant aussi que la réhabilitation du tunnel routier pose des problèmes logistiques et d’économie générale considérables, je propose de rendre le seul tunnel ferroviaire à la route. L’avenir de la plateforme des rampes ferroviaires d’accès au tunnel n’est pas à proprement parler concerné par mon présent article : J’ai esquissé quelques pistes dans mon article de mars.
Par conséquent, la compatibilité du tracé ferroviaire avec un trafic routier ne se pose pas vraiment. Il suffit de constater qu’à Göschenen comme à Airolo, les portails des deux tunnels, le routier et le ferroviaire, sont tout proches l’un de l’autre. Cette disposition permet le raccordement des pistes autoroutières au tunnel ferroviaire transformé.
Les choses ne sont pas si simples. La sortie nord du tunnel ferroviaire actuel débouche sur la gare de Göschenen. Si on met l’autoroute à la place des rails il faudra donc déplacer la gare. Il est facile de trouver des solutions faciles sur le papier sans avoir jamais vu les lieux.
A Göschenen, le tunnel routier commence en aval de l’agglomération, la protégeant ainsi des nuisances. Je suis d’avis qu’il faut maintenir cette disposition. Comme vous ne sauriez l’ignorer non plus, environ 600 mètres après son portail, le tunnel ferroviaire croise le tunnel routier. Ce croisement est bien sûr souterrain, le tunnel ferroviaire passant par-dessus le tunnel routier. C’est à cet endroit que j’envisage de raccorder le tunnel routier au tunnel ferroviaire transformé.
Ce qu’il faut aussi garder à l’esprit, lisez à ce propos ma réponse au précédent commentaire, c’est que la gare de Göschenen, qui a été conçue pour un intense trafic ferroviaire, avec d’importants dispositifs de chargement et de déchargement de véhicules sur trains, ne sera plus, dès 2016, qu’une petite gare de montagne desservie par un trafic seulement local.
Le but de la déstabilisation des institutions est l’expression du rejet de notre société d’après-guerre d’économie sociale de marché (la soziale Marktwirtschaft de Ludwig Ehrard) dans laquelle les Blocher, Model, Tettamenti et leurs auxiliaires voient la raison principale de l’endettement des Etats, vu le poids exagéré à leurs vues des dépenses sociales. Ces gens veulent une société dans laquelle seule la performance compte et refusent toute solidarité dans la couverture des risques liés à l’existence. Pour eux, Merkel, Sarkozy et leurs autres confrères européens ainsi que les conseillers fédéraux sont des socialistes. C’est la question de société que les électeurs ne doivent jamais oublier en votant. Ces gens ont logiquement une autre vision de la société démocratique. Pour Model par exemple (qui se construit un petit Etat en Thurgovie et ne se sent plus membre de la communauté citoyenne), toute exigence d’égalité est satisfaite par le fait que chaque citoyen a le droit de vote. Socialement, moralement et culturellement une vision barbare. Avez-vous remarqué qu’ils sont tous proches de l’UDC?
Vos réflexions et propositions sont très intéressantes.
Je ne suis par contre pas du tout certain que la ligne de ferroviaire de faîte ne soit pas conservée. Les besoins de capacité seront important et le système retenu pour la traversée alpine pourrait bien conserver les 4 lignes (2 Simplon, 2 Gothard).
Le projet global d’Alptransit prévoit de doubler les tronçons au nord et au sud des tunnels de base. Si l’on venait à ne pas conserver la ligne de faîte du Gothard, les tunnels deviendraient-il le goulet d’étranglement de l’axe ?
Autre point, vous parler du trafic voyageur à grande vitesse. La compatibilité entre ce trafic et le trafic fret reste pour l’instant problématique et gouffre de capacité.
Les décisions n’ont pas encore été prises selon les infos en ma possession. Si vous en avez d’avantage, c’est bien volontiers.
Vous me posez la question de la capacité: Je ne sais pas – qui peut le savoir ? – quelle sera dans un avenir lointain la charge du système ferroviaire européen, de sa part dans le franchissement des Alpes, et de la part dévolue à la Suisse, de la part du trafic de fret.
Ce que je sais, c’est que la capacité du Gothard aura été brutalement augmentée par la mise en service du tunnel de base, qui est bien plus performant que les lignes qui y accèdent. Je sais aussi que l’OFT a grand peine à trouver le milliard nécessaire à l’adaptation des voies d’accès au tunnel de base, entre Bâle et Erstfeld, et entre Chiasso et Bodio. C’est l’un des avantages de ma proposition de trouver l’argent nécessaire à leur adaptation. Et puis, bien sûr, l’adaptation des gabarits des lignes d’accès au Gothard n’offrirait en aucun cas une capacité supérieure à celle du Gothard de base: Compter sur le Gothard de faîte n’aurait de sens sans augmenter les capacités des lignes d’accès.
Mais aussi, surtout peut-être, je considère que, désormais, si le besoin de capacité ferroviaire à travers les Alpes venait encore à s’accroître à tel point que les tunnels de base du Mont-Cenis, du Lötschberg, du Brenner n’y suffiraient pas, ce n’est pas le passage de faîte du Gothard, compliqué, coûteux à l’exploitation, et comparativement de faible capacité, qui permettrait de résoudre les problèmes posés. Probablement s’imposerait alors la construction d’un tunnel de base au Splügen, que l’Italie a toujours dit préférer, ou éventuellement au Grand Saint Bernard, dont les autorités du val d’Aoste font la promotion, qui aurait l’avantage de diffuser géographiquement le trafic plutôt que de le concentrer sur un seul axe, le Gothard en l’occurrence.
Décidément, je ne crois guère que le Gothard de faîte puisse encore contribuer significativement à la solution d’un éventuel problème de capacité.
Je rappelle enfin qu’il ne fait aucun doute qu’une exploitation intensive du tunnel de faîte ne pourrait se poursuivre sans mise à niveau de ses conditions de sécurité. J’ai déjà commenté cet aspect dans mon article de mars 2011. Comme j’ai aussi déjà commenté le fait qu’il serait pour le moins paradoxal que la mise en service du tunnel de base ne soulage pas massivement les riverains de la ligne du Gothard du bruit du trafic ferroviaire, répondant ainsi à l’impératif constitutionnel qui fixe comme objectif de protéger les vallées alpines de toutes les nuisances provoquées par le transit des marchandises.
Une question. Pourquoi la variante qui consiste en l’alargissement du tunnel routier d’évacuation, déjà existant, n’a pas été considérée? Au Tessin on l’a citée plusieurs fois. A première vue, elle semblérait l’option la plus simple. Serait-ce vraiment plus cher que d’acheter le tunnel ferroviaire, le transormer et construir les raccordements avec l’autoroute?
Une objection. Les montagnes de la Leventina sont très prisées par les randonneurs alémaniques. Beaucoup d’entre eux s’y rendent en train. Si on routise le vieux tunnel ferroviaire, il faut mettre un service de bus entre la gare de Göschenen et celle d’Airolo. De plus, on est en train de construir un grande station de ski à Andermatt, ceux qui amènera encore plus de gens à la gare de Göschenen. Cette-ci gardera donc une importance bien au delà du trafic local. Elle verra très probablement une augmentation de ses usagers.
Un détail. Les Grisons ne sont pas riverains du tunnel du Gothard. On ne passe pas par ce tunnel pour aller aux Grisons, ni depuis le Tessin ni depuis la Suisse centrale. Une fermeture du tunnel ne causerait donc pas de pertes économiques directes à ce canton, sauf les dégâts occasionnés par une forte augmetation du trafic sur la route du S. Bernardino, qui deviendrait ainsi l’axe routier principal entre l’agglomération Milan/Tessin et celle de Zurich.
Vous suggérez, si j’ai bien compris, d’agrandir la galerie de service de l’actuel tunnel routier, pour la rendre également accessible au trafic automobile. Il y aurait ainsi deux tubes routiers à deux pistes chacun, l’un servant à l’autre de galerie de sécurité. Cette solution ne résout pas la question de la fermeture du tunnel existant pendant les travaux : Je ne pense pas qu’il soit possible que la galerie de sécurité puisse servir de galerie d’évacuation tout en étant en chantier. Il ne serait donc pas possible d’exploiter le tunnel routier pendant ce chantier. La question de l’incidence sur les économies du Tessin et d’Uri reste donc entière, en fait aggravée, puisque les travaux seraient nettement plus importants que ceux prévus par l’OFROU.
Même avec l’augmentation de la capacité d’accueil de la station d’Andermatt, le trafic de voyageurs qu’on peut attendre à la gare de Göschenen ne la sollicitera en aucun cas autant que ce pour quoi elle a été construite : Dans chaque sens une voie de dépassement, les installations de chargement des véhicules routiers.
Ce sont bien sûr les études de l’OFROU qui établissent les coûts incidents au canton des Grisons. Ce sont les chiffres de l’OFROU que j’ai pris en considération.
Un petit complément. L’horaire CFF ne propose pour le trajet Roveredo – Zurich que le passage par le Gothard. Même depuis Mesocco, l’horaire CFF propose trois trajets sur 4 par le Gothard, contre un seul par le Bernardino, qui dure d’ailleurs presque une heure de plus. C’est dire que tout le val Calanca et une bonne partie de la Mesolcina, tous deux entièrement grisons, sont bien concernés par le Gothard.
Encore un excellent article de Jean-Pierre Ghelfi sur l’UDC et Blocher, et un bon complément de Jaussi.
Je reviens dans la lancée sur un de mes dadas – désolé – , le cordon sanitaire autour de l’UDC, qu’il faut absolument mettre en place, surtout à gauche.
A mon avis Domaine Public devrait être sans concessions vis-a-vis du journal Pages de gauche, qui se prétend socialiste.
(Staline et Les Kim-Il aussi se prétendaient socialistes il est vrai, le mot socialiste n’a en fait plus aucun sens, chacun le définit comme cela lui convient)
Lorsque Pages de gauche félicite en effet à propos de l’affaire Hildebrand l’action de Blocher (il faut lire cet article, que je qualifie de délirant, du 12 janvier sur leur site Internet), on revoit surgir la trop fameuse alliance des extrêmes de gauche et de droite, à l’assaut du « grand capitalisme cosmopolite » pour simplifier. L’ennemi de la vraie gauche, pour moi, ce n’est pas le quapitalisme avec un grand Q, c’est le totalitarisme, dont l’UDC est un sinistre exemple en Suisse.
Blocher et l’extrême-droite doivent être isolés, en permanence et sans concessions, et ne doivent pas être loués par une certaine « gauche », au prétexte d’une ouverture ou d’une largesse d’esprit qui l’anime et qui la pousse à l’aveuglement. Cette gauche-là devient aussi nuisible et dangereuse que l’extrême-droite, quand elle s’aventure sur de tels chemins.
A délire, délire et demi: prétendre que l’UDC est un parti totalitaire, c’est faire preuve d’ignorance historique tout d’abord (comparer la Suisse de 2012 à l’Allemagne des années 30…), c’est faire peu de cas de qu’ont dû endurer les victimes des totalitarismes du 20e siècle ensuite (on va bientôt nous dire que Hildebrand est la réincarnation de Margarete Buber-Neumann), et c’est enfin se fourvoyer gravement sur la géométrie des alliances politiques en Suisse. La politique suisse se divise bien en deux camps, mais prétendre que l’un d’entre eux doit être constitué du PS, du PDC et du PLR est le meilleur moyen d’obscurcir tous les enjeux, et accessoirement de renforcer l’UDC.
D’ailleurs, le résultat des dernières élections fédérales vous a donné tort. Sans « cordon sanitaire » et en collaborant largement avec le reste de la droite, l’UDC a pourtant connu un sévère repli électoral.
Je ne vais pas me battre sur le terrain de l’Histoire avec un histroien professionnel; d’ailleurs je n’ai jamais comparé les totalitarismes, par exemple celui de l’UDC actuelle avec le national-socialisme allemand ou le fascisme mussolinien. Peut-être que dans le jargon des historiens le mot totalitarisme se limite à une période des années 30, je pense que le mot a un sens beaucoup plus étendu et est surtout toujours d’actualité.
Ensuite la peur de renforcer l’UDC me fait sourire. En politique, comme dans la vie, la peur est toujours mauvaise conseillère. Il faut lutter contre un parti nauséabond, un point c’est tout.
Enfin, je n’ai pas du tout le même interprétation que vous des dernières élections fédérales (cf. votre dernier paragraphe). Je crois que justement l’UDC a perdu des voix parce qu’elle était beaucoup plus isolée cette fois-ci et que justement les autres partis de droite ont peu collaboré avec elle.
Et pour conclure je préfère à la limite être délirant plutôt qu’aveugle politique.
Tout ceci est bien joli.
Rappelons que l’UDC voulait amener la Suisse devant un tribunal arbitral international parce que le Conseil fédéral avait accordé 52 autorisations d’acquisition à des Italiens déboutés par le tribunal fédéral, en vertu de la Lex Furgler (c’est un peu fou, cette symétrie des noms: Furgler, Blocher, Bruner, qui rime avec…) au nom du principe de la séparation des pouvoirs: l’exécutif allait contre le judiciaire.
Le CF avait bâché parce que l’Italie avait un excellent argument. L’égalité de traitement entre un Suisse vivant en Italie pouvant acheter librement en Suisse et un Italien ne pouvant pas acheter. La Convention italo-suisse sur la liberté d’établissement comporte en son article 1er cette règle d’égalité…
L’UE a tenu bon, avec l’Italie en arrière-fond. Depuis les bilatérales, les ressortissants de l’UE ont les droits découlant des bilatérales, en Suisse . EN THEORIE.
Au fond, l’UDC demande seulement que le CF applique à la BNS la pratique initiée en matière de Lex Furgler/Friedrich/Kopp/Villiger dans ce cas d’espèce de 52 dérogations refusées par le TF: Le CF détient le pouvoir supérieur de contrôler le pays, même contre le TF.
C’est logique.
Pourquoi maintenant s’offusquer que l’UDC demande que la BNS soit sous le contrôle du CF?
Cette revendication dépasse les personnes détenant le leadership apparent de l’UDC (LL EE Blocher-Bruner-usw.)
Mais où voulez-vous en venir au juste?
Défendez-vous le droit pour un président d’une banque nationale de spéculer sur devises en exploitant l’influence de ses propres décisions sur le cours des changes ?
Je pense bien que vous ne défendez pas vraiment cela, mais prenez garde : vous en donnez l’impression.
Il y a peut-être un brin de démagogie – de bonne guerre – dans le discours de l’UDC se présentant en défenseur des petits contre les gros, du peuple les élites, etc. Autrefois c’était autrefois le discours du radicalisme, puis du socialisme d’ailleurs. Mais le discours consistant à reprocher à l’UDC de vouloir déstabiliser les institutions ne tient pas.
En l’occurrence c’est le comportement de Philip Hildebrand qui a ébranlé les institutions, pas celui de Blocher. Blocher n’a fait que préserver l’institution en faisant éclater un scandale nécessaire. Il aurait pu aussi l’étouffer par réflexe de caste, puisqu’en effet il fait aussi partie des élites dirigeantes. Mais alors le dommage aurait été plus grand encore. M. Blocher a préféré faire son devoir de citoyen. Et mieux vaut un bon scandale qui passe comme un orage, après quoi l’air est éclairci et on respire mieux.
Les médias dominants chantent tous la même antienne : celle de la vertu outragée par le malappris Blocher qui aurait eu le mauvais goût de troubler la quiétude des dirigeants pro européens, pro ONU, pro OTAN, pro Euro, pro gouvernement mondial, pro renoncement à la souveraineté suisse, etc.
Mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité. C’est l’inversion accusatoire habituelle. Qui a commis les actes répréhensibles ? Qui a agi contre la moralité ? C’est Hildebrand, pas l’autre. Alors que les moralistes cessent leur hypocrisie. Heureusement le public n’est pas dupe et sent bien qu’on est en présence d’une solidarité de caste au détriment de la moralité. On essaie de couvrir l’immoralité d’une star du système dont on espère bénéficier où dont on bénéficie soi-même.
Il faut savoir que le public est lucide et juge sévèrement cela.
De ce point de vue le comportement de Mme Widmer-Schlumpf a été exemplaire et à mon avis elle s’est déshonorée et devrait maintenant démissionner à cause de ça. Elle a couvert Hildebrand du début à la fin, non pas par approbation de son comportement immoral et scandaleux, mais parce qu’elle appartient à un camp, celui du mondialisme contre la Suisse, le même camp que l’ambitieux bellâtre Hildebrand, et elle a agi par solidarité par rapport à l’objectif internationaliste dans un combat contre le camp patriote. Et cela en plus de la part de la présidente de la Confédération. C’est honteux !
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur l’argumentaire biaisé de cet article. Par exemple vous relevez que M. Blocher aussi, dans sa carrière d’homme d’affaires a gagné de l’argent en spéculant. Ce n’est pas honnête comme argument. M. Blocher était un homme d’affaires privé, pas un président d’une banque nationale, ni un membre d’un exécutif. Il n’avait donc aucun conflit d’intérêt. Depuis quand est-il interdit aux particuliers de spéculer ? Et puis, quand M. Blocher a été élu au CF il a été d’une correction extrême, puisqu’il a cédé toutes ses participations alors qu’il n’y était nullement tenu par la législation en vigueur. Nota bene, M. Schneider-Ammann ne l’a pas fait. J’attends encore les critiques de la gauche sur ce comportement de M. Schneider-Ammann. Hélas je risque d’attendre longtemps.
Enfin je voudrais donner mon impression personnelle sur l’affaire.
Je n’ai aucune animosité envers M. Hildebrand, exemple de réussite professionnelle digne d’éloges s’il n’avait pas fauté aussi grossièrement. Je vais même jusqu’à avoir de la sympathie pour lui car c’est un coup dur par rapport à ses ambitions. (Mais il ne fera pas pleurer dans les chaumières, il va certainement se reconvertir chez Goldman Sachs ou ailleurs avec un salaire et des bonus encore meilleurs qu’à la BNS.)
Hildebrand est tombé à cause d’une faute grave, mais finalement secondaire. Son vrai crime est ailleurs. Il a été commis d’ailleurs avec la majorité traîtreuse du parlement. Il s’agit de la décision d’accorder un crédit spécial de 16 milliards de Frs au FMI pour l’aider à sauver l’Euro dont on sait qu’il est insauvable. Fondamentalement je conteste que la Suisse ait à participer à ce genre d’opérations, immorales en elles mêmes, car participant du projet de gouvernement mondial voulu par Wall Street aux dépens des peuples. Mais si déjà on le faisait, alors il s’agissait de ne pas léser le citoyen suisse. Or, avec cette décision incroyable, prise dans le but de favoriser la carrière internationale de Hildebrand, le citoyen suisse est lésé. En effet à cause du montant exorbitant de 16 milliards chaque Suissesse, chaque Suisse est engagé(e) à raison de 2‘268 dollars contre seulement 686 dollars par Autrichien(ne), 496 dollars par Allemand(e) – l’Allemagne est pourtant la plus grande puissance économique du système – pour la France ce ne sont que 464 dollars et l’Italie 362 Dollar par habitant!
Donc il est absolument exact de dire que Philip Hildebrand a dilapidé la fortune du peuple.
Comment pourrait-on justifier cela ? C’est évidemment injustifiable.
Il est très curieux que ce point, qui est pourtant à mon avis le vrai point essentiel de cette affaire, soit le seul que vous n’ayez pas relevé dans votre article.
Il est heureux qu’une justice immanente ait permis de châtier ce crime.
Je ne vais pas faire de polémiques sur vos propos outranciers, mais mettre les choses à leur juste place.
D’abord ce qu’a fait Hildebrand est un péché véniel. Il ne vit pas dans le même milieu que la grand majorité de nous, ses repères ne sont pas les mêmes. La Suisse perd un grand bonhomme très compétent, pour une peccadille. Un proverbe et une parole biblique s’appliquent bien à son cas : Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage; que celui qui n’a jamais fauté lui jette la première pierre.
Quant on parle de crimes, vois feriez mieux de vous intéresser, comme commence à le faire d’ailleurs une partie de la presse suisse alémanique, aux cadavres que Blocher a dans ses placards.
Enfin l’euro ne vas mourir, pour une simple raison que relevait un important expert, étranger à l’Europe (mais dont je n’ai pas noté le nom) : «Si l’euro disparaissait, ce n’est pas vingt ou trente ans en arrière que l’Europe reviendrait, mais cinq cent ans en arrière.» L’Europe est tellement intégrée économiquement que ce n’est plus possible de revenir en arrière. Ce qui est certain, c’est que l’Allemagne va obtenir un poids politique considérable au sein de l’Europe, mais elle ne l’a pas voulu, ce sont beaucoup d’autres pays, qui ont vécu au-dessus de leurs moyens, qui vont devoir le payer et se soumettre à la politique que va dicter Allemagne, bien malgré elle.
Si j’ai pensé intéressant de traduire le texte ci-dessous, c’est bien sûr parce que je m’en sens proche. Il me semble en outre trouver sa place ici.
Texte de MM. Martin Killias, professeur ordinaire de droit pénal et de procédure pénale, et Daniel Jositsch, professeur extraordinaire de droit pénal et de procédure pénale, tous deux à l’université de Zurich, publié dans « Der Sonntag », édition en ligne du 21 janvier 2012, traduction Rodolphe Weibel. Texte original : http://www.sonntagonline.ch/blog/462/
La nouvelle : Après le retrait du président de la Banque nationale Philipp Hildebrand, pour cause de commerce de devises, se pose maintenant la question : Qui peut, le cas échéant, juridiquement et moralement, être rendu responsable, et pour quoi ?
Le commentaire : Après qu’un peu de calme est revenu sur le front médiatique, il est possible d’examiner avec plus de recul le déroulement des évènements autour de la BNS. D’entrée de cause se pose la question de savoir si son chef a le droit de gagner de l’argent avec des monnaies étrangères. Des commentateurs étrangers, comme le prédécesseur de Hildebrand, Jean-Pierre Roth, le disent très clairement : ça ne doit pas être.
Ce sont des normes bien plus sévères pour des transactions sur devises par des employés dirigeants d’une banque centrale émettrice de devises que pour des acteurs de l’économie privée qui doivent prévaloir. Ils n’ont pas seulement accès à des informations délicates, mais peuvent aussi par leurs décisions influencer l’évolution des cours (et ainsi la valeur de leur portefeuille). Les conflits d’intérêt sont évidents.
On prétend maintenant que le règlement n’aurait pas été violé. Comme notre collègue Kaufmann l’a récemment exposé, la fixation sur le règlement a d’emblée été à côté de la question. Des règlements internes précisent des règles générales de comportement, mais ne les remplacent pas, ni moins encore ne les abrogent.
Dès lors que le législateur a clairement établi et explicité que les affaires d’initiés ne sont pas licites, des commerces privés de devises par des cadres de la BNS ne peuvent être légaux. Certes les commerces d’initiés sur des devises ne sont pas formellement compris par l’article 161 du Code pénal – ne le sont d’ailleurs pas non plus dans les ordres juridiques étrangers, pour autant que nous le voyions -, mais ceci seulement parce que d’une part les personnes privées ne peuvent guère avoir de savoir d’initiés sur les devises et d’autre part parce qu’aucun législateur n’a envisagé la possibilité que des cadres de banques émettrices puissent exploiter leur situation privilégiée dans le but d’un profit sur les cours.
Nous nous posons également la question de savoir si la conversion en dollars d’une grande partie du produit de la vente d’une maison de vacances à Gstaad en mars 2011 était admissible, au regard du règlement auquel tous se réfèrent, alors que l’objet de remplacement est situé en Suisse, et non aux Etats-Unis.
Si la manière d’agir du couple Hildebrand n’était pas légale (même si non punissable), il est complètement dénué de pertinence de savoir si la transaction a été déclenchée par le mari ou par la femme – il n’est pas contesté qu’il s’agissait d’un compte de Monsieur Hildebrand et qu’il n’a pas annulé la transaction sitôt qu’il l’a apprise.
Apparemment les protagonistes ne voient pas les choses différemment : L’organe de révision parle d’une opération « délicate », ce qui est une formulation assez dure, Hildebrand lui-même a fait don du bénéfice sur devises à l’Aide aux montagnards et a parlé d’une faute qu’il ne ferait plus jamais, le conseil de banque veut renforcer le règlement pour que tout ceci ne se renouvelle pas – tant de remords et de compréhension ne peuvent guère être manifestés si l’on est d’avis que tout fut légal et qu’on n’a rien à se reprocher.
Nous jugeons ce qu’a fait un chef de la banque nationale moins préoccupant que le fait que de nombreuses personnes qui comptent qualifient son comportement de bagatelle et traitent les critiques d’apôtres de la morale (ou d’envieux). Nous ne trouvons pas beau non plus la façon dont un large consensus semble se former pour vouloir que le « traître » et d’autres parties doivent être forcés « sans prendre de gants » à rendre des comptes. Ça résonnait de la même manière dans le cas Meili, qui grâce à notre ministère public a été proclamé héros aux Etats-Unis.
Qu’on se fasse une image de l’ampleur du dommage pour la réputation de la Suisse si la spéculation sur les devises par les dirigeants de la BNS, peut-être en plus grand, s’était poursuivie pendant des années. Ce qui seulement semble important à beaucoup, c’est que le secret bancaire ait été violé et que l’extrait bancaire ait été manipulé, (formellement mais non quant au fond). Il semble ici que les normes morales se soient dangereusement déplacées, comme c’est le cas pour les super-revenus des banquiers de pointe.
Que l’affaire se soit répandue dans la presse peut bien être inélégant – ceux qui doivent se le reprocher en première ligne sont ceux qui, avec une hâtive attestation d’innocence, ont obtenu que les contrôles internes faillissent à leur tâche, l’organe de révision et le contrôle fédéral des finances.
Merci pour la traduction faite aux lecteurs de Domaine Public de cet article très bien documenté et structuré, où droit et morale se mêlent, et qui alimente bien ce débat.
Je commente 4 points :
1. C’est à la limite du procès d’obtention lorsque les auteurs écrivent : « si la spéculation sur les devises par les dirigeants de la BNS, peut-être en plus grand, s’était poursuivie pendant des années. »
2. Le secret bancaire ne me préoccupe pas, je suis pour son abolition en Suisse.
3. Le troisième point est plus délicat et pourrait faire l’objet d’un large débat. Lorsqu’une personne a un très large pouvoir, que ce soit politique, économique ou autre, elle doit, pour que son action soit efficace, mettre les mains dans le cambouis, et en conséquence je pense qu’elle peut aussi parfois violer certaines règles ou s’en accommoder plus ou moins. Et un citoyen modeste comme moi doit l’accepter. Il y a toujours des zones grises dans lequel ces personnes doivent pouvoir naviguer. Personne n’est saint, et c’est tant mieux d’ailleurs ! Dans ce cas, bien sûr que c’était un délit d’initié, mais unique j’en ai l’impression… Était-ce vraiment un crime abominable ?
C’est pourquoi que, même si droit et morale ont été transgressés dans le cas du couple Hildebrand, je persiste à penser que c’était une bagatelle, qui était ridicule en comparaison de l’action efficace du mari à la tête de la BNS pendant ces deux dernières années.
4. Quant à la réputation de la Suisse, je m’en tape le popotin !
Vers 500 avant J.-C., pendant trois siècles, les Grecs, les Athéniens, ont inventé et vécu la démocratie (sans y inclure les esclaves ni les femmes). Ils ont identifié l’hybris (ce qui dépasse la mesure, l’excès, d’où l’orgueil, l’insolence, la témérité, l’emportement): Une maladie, une folie, un défaut de caractère, un crime? un peu de tout ça. En tous cas, à Athènes en 500, l’hubris, c’était grave.
Ils ont aussi inventé l’ostracisme, qui permettait à l’assemblée des citoyens de bannir pendant 10 ans un homme publique. Ce n’était pas, en principe, une décision de justice, mais une décision politique, prise par l’assemblée des citoyens: L’homme gardait sa citoyenneté, sa fortune, ne subissait pas d’autre peine que celle-là.
A chacun de décider qui dans notre affaire est atteint d’hubris, et qui mérite l’ostracisme: Tous les deux?
« Ces avantages sont incertains parce que réalisés seulement si les travaux sont adjugés à des entreprises locales, ce que les lois sur les marchés publics empêchent de promettre. »
Vous ne trouvez pas ça scandaleux qu’il soit interdit (pour se conformer aux accords internationaux de libre circulation) de donner ce genre de travaux, locaux, à des entreprises locales?
Il y a là derrière une idéologie qui ne passe plus. Chaque jour plus de gens la rejettent. Ca doit être déjà une majorité qui ne l’accepte plus. Attendez que la crise soit vraiment là, et alors plus personne ne l’acceptera du tout.
Comment se fait-il que nous ayons pu être dirigés si longtemps par des gens qui ont bradé les intérêts de la population suisse, en faisant fi même du bon sens élémentaire, pour complaire à des oligarchies financières et politiques internationales ILLEGITIMES?
Vivement que la prise de conscience soit générale et qu’on donne un bon coup de balai dans tout ça!
En complément du Transrun, rappelons le réaménagement prévu à la place de la Gare de La Chaux-de-Fonds, dont je propose une modification, à voir sur le lien suivant: http://schouwey.blogspot.com/2012/01/place-de-la-gare-il-nest-peut-etre-pas.html
Merci pour cet article très intéressant. J’en profite pour vous remercier aussi pour vos récents articles en matière économique qui m’ont également beaucoup intéressé.
Je souscris pleinement à votre propos. ce sont des solutions fondées sur l’amélioration des conditions de production des agriculteurs « de base »qui sont prépondérantes, à commencer par un ancrage du droit de propriété, par l’accès à bon marché à des semences et des intrants de qualité disponibles sur un marché concurrentiel, l’appui à l’organisation de coopératives et d’un système de crédit mutuel.
Excellent rappel historique des causes de l’antagonisme « Haut-Bas » dans le domaine des liaisons routières et ferroviaires. Il existe bien évidemment bien d’autres causes à ces rivalités, qu’il serait vain d’énumérer ici.
Puisse ce projet « RER/TransRun » contribuer à améliorer la cohésion cantonale et à dynamiser l’économie neuchâteloise.
C’est ce que je souhaite.
Merci à M. Jean-Pierre Ghelfi, homme de bon sens, de nous donner de l’espoir !
Depuis la baisse de l’euro, l’on accuse les consommateurs de mettre en péril l’économie suisse. Mais non, le responsable n’est pas le consommateur, mais bien les revendeurs, qui abusent de manière éhontée leur pouvoir et profitent d’un peuple qui n’a pas l’habitude de revendiquer ses droits.
Je me rends 2-3 fois par an aux USA et depuis 10 ans, je n’ai plus acheté un seul habit en Suisse, pas une culotte, pas une paire de chaussettes. Pourquoi payer un jeans 130.- ici alors que le même modèle est 25.- aux USA! Que l’on ne chante pas l’excuse habituelle des charges différentes, des salaires inférieurs, etc. Le facteur n’est jamais de cinq fois. Et pour la France? Le prix final avec les charges sociales est supérieur à celui d’un vendeur suisse. Pourtant les prix sont souvent 60% moins chers.
Mes verres optiques progressifs? 400.- en tout aux USA. En Suisse, 1600.- et que des incompétents. Toutes les informations fausses voire mensongères (150,- le verre). J’ai des verres de meilleure qualité. Ils sont créés avec une technologie (freeform design) que personne ne connaissait quand je me suis renseigné auprès des grandes enseignes en Suisse.
Le pire? Une fois expliqué ce qu’était cette technologie, trois enseignes m’ont répondu « Ah cette vieille technologie abandonnée depuis 10 ans », alors que cela ne faisait que 8 mois qu’elle existait.
Les verres professionnels + le billet d’avion sur la côte Ouest des USA reviennent à moins chers que des verres inférieurs en Suisse. Pourquoi donc tomber dans le piège?
L’incompétence, l’avidité, ce sont cela les vrais risques pour l’économie suisse. Pas le consommateur qui préfère aller voir ailleurs où il est mieux traité!
Le crédit et l’endettement ne sont que la partie émergée de la question de la précarité chez jeunes. Dans un système néolibéral où seul compte l’acte de consommer et la croissance économique, il semble ne pas y a pas de place pour une réelle volonté politique de résoudre le problème. Est-il utopique de proposer des solutions concrètes, comme l’inscription dans la constitution de l’accès à une formation certifiée pour chacun? Ne pourrait-on éviter ainsi de laisser sur le bas-côté près d’un tiers des jeunes en fin de scolarité?
Protéger les jeunes et les moins jeunes contre les conséquences de l’endettement est une bonne chose. Leur permettre de faire valoir leurs savoirs-faire et leurs savoirs-être en leur offrant de se former et d’exercer un métier qu’ils ont choisi, quelles que soient leur origine sociale et culturelle, éviterait à bon nombre de ces personnes d’être contraintes de s’adresser à l’aide sociale.
Cette politique à courte vue qui a pris un large essor depuis les années 1990 a déjà sacrifié une génération, puisqu’elle dure depuis une vingtaine d’années. Faute d’action préventive et éducative, une partie des enfants de cette génération va reproduire des comportements à risque (surendettement, mise en danger de soi-même … jusqu’à mise en danger d’autrui…). Des effets sont perceptibles sur toutes sortes de secteurs tels que la santé, l’économie, la sécurité…
Or, il apparait de plus en plus que les sociétés les plus compétitives (les états nordiques par exemple) sont celles dans lesquelles existe un équilibre entre investissements dans le social au sens large — scolarité, protection sociale (assurances sociales, imposition des familles…), aide sociale (travail social)… — et rétribution de cet investissement sur la vie économique (main-d’oeuvre qualifiée, paix du travail, paix sociale…), par conséquent sur la vie de la cité. Et cela peut se calculer.
Pour modifier cette inertie institutionnelle, cela va demander pas loin d’une demi-génération, soit entre dix et quinze ans. Pour imprimer un tel changement, il faut en préalable qu’il y ait une volonté politique pour mettre en oeuvre les moyens nécessaires, puis une constance et un suivi critique des décisions prises sur un long terme. Une demi-génération est là encore nécessaire. Au total, pour mettre en oeuvre un tel projet, c’est une génération, autrement dit plus de vingt ans. Mesurer les premiers effets nécessite encore plus de temps.
Aujourd’hui, le vrai problème consiste à changer les mentalités et pour cela, il faut déjà que ceux qui ont le pouvoir de faire évoluer les choses en soient conscients. Pour cela, ce type d’informations nécessite de sortir de la confidentialité à laquelle accède déjà les convaincus.
Vous écrivez
« Un tracé de 15 km en tunnel sur les quatre cinquièmes de sa longueur est nettement moins coûteux à entretenir que celui existant, de 30 km, pour les neuf dixièmes à ciel ouvert. Réduction aussi en proportion de la consommation d’énergie. »
Oui, idem pour l’usure et l’amortissement du matériel roulant, ainsi que pour le salaire du personnel. Donc, de choses l’une: soit le billet devrait être moins cher que maintenant, soit l’argent des voyageurs devrait permettre d’amortir une partie importante des travaux. A 2 francs par voyageur, on paie le tunnel en 50 ans. Je m’étonne donc que personne ne parle de cet aspect très important.
La bonne blague!
Je dirais plutôt ceci: voici comment les syndicalistes ont permis à une entreprise qui fait des milliards d’être exonérée d’impôts; de donner plein de cadeaux à une entreprise qui n’en avait pas besoin.
Faudra bien calculer si les coûts que Novartis engendrera avec les nouveaux locatifs sur la nouvelle parcelle coûteront plus chers au canton, que ce que rapportera vraiment le « cadeau » offert à Novartis.
Et grâce à vous justement »d’autres entreprises joueront de la menace de fermeture pour obtenir des avantages. » car vous le rendez possible…
Avant de faire un court commentaire au commentaire précédent, l’article de Jean-Daniel Delley fait à mon avis très bien le tour de la problématique, et éclaire bien le simple lecteur que je suis.
@DdD. Vous parlez de milliards (de bénéfices je suppose) ? Mais qui touchent ces milliards ? Vous et moi ! Eh oui l’essentiel (près de 90% sauf erreur) des actionnaires de Novartis sont des caisses de pension ou autres instituts proches. Donc les milliards vont sur nos retraites. Pas de milliards de bénéfices .. donc nos retraites baisseront.
Avant de voir la paille qui est dans les yeux des gros capitalistes, il faut voir la poutre qui est dans celles des petits capitalistes que nous sommes. Je ne dis pas qu’il y a rien à changer dans la politique financière de notre société, bien au contraire. Mais rien n’est si simple.
On peut aussi relever un autre aspect. Ce genre d’arrangement discret entre le pouvoir politique, volant au secours des salariés (non sans arrière pensée électorale mais peu importe) et un géant multinational, ne serait simplement pas possible dans l’Union Européenne avec son carcan interdisant rigoureusement tout avantage concédé à une entreprise, exigeant une « transparence » absolue, etc.
On peut même craindre un excès de zèle de Bruxelles, qui pourrait faire mine d’élever des remontrances intempestives pour entorse à tel ou tel principe du grand marché parfaitement libre. Ils n’auront qu’à trouver leurs arguments dans les articles de M. Delley.Mais bon, nous ne sommes pas dans ce machin, donc ça n’aura pas d’effet.
Si nous étions dans l’UE, Novartis, pour maintenir sa sacro-sainte rentablité, à laquelle personne n’imagine une seconde qu’elle envisage de renoncer, n’aurait eu d’autres issue que d’aller jus qu’au bout, se montrer impitoyable et laisser effectivement sur le carreau ces 320 emplois!
On serait jolis!
Hé, hé, ça sert ä ça aussi, et même surtout, l’INDEPENDANCE tant brocardée comme un mythe par tous les dévots du mannakenpis. Même si ce n’est qu’une indépendance relative cela reste une marge de manoeuvre que les autres n’ont pas. Je veux dire ceux qui appartiennent à des provinces européennes: province de France, province d’Espagne, toutes les anciennes nations souveraines sont devenues des provinces assujeties.
On nous dit maintenant que nous risquons de devenir un « satellite ». C’est le dernier sophisme à la mode, après avoir essayé en vain de nous faire croire qu’on serait « plus souverains » à l’intérieur de l’Union Européenne, et autres contresens absurdes digne d’Orwell: « la vérité c’est le mensonge »..
Eh bien admettons que nous soyons un un satellite. Un satellite a encore plus de marges de manoeuvres qu’une province.
Très intéresssant! Merci bcp pour cet article
L’affaire Novartis révèle admirablement l’évolution de l’esprit d’entreprise de ces dernières décennies: les fabriques qui ont fusionné pour former la Novartis avait jadis pour but de fournir des remèdes et autres produits chimiques. Aujourd’hui, elles doivent fournir des dividendes et des bonus.
c’est bien sûr tout gagné pour nous puisque les dividendes sont destinés à nos caisses de pension.
Autre fait réjouissant: sur son terrain déclassé de 21’000 m2, M. Vasella nous réserve certainement la surprise de construire des logements à loyer modéré pour ses ouvriers et autres privilégiés.
On n’arrête pas le progrès social !
Je suis très contente que les employés de Novartis aient pu sauver leur emploi, mais en même temps, je suis choquée par les millions que Novartis va gagner par le déclassement de son terrain et par le cadeau fiscal qui va lui être fait.
Tout compte fait, on se demande si la menace de fermeture n’était pas un simple chantage sur les autorités ? Si non, pour combien de temps ces emplois sont-ils sauvés ?
Des tunnels de base comme s’il en pleuvait. Rasez les Alpes ? Un raisonnement comme si le peuple n’avait pas voté le contingentement des traversées alpines par les camions de marchandises, mais seulement celui de la limitation du bruit ferroviaire. Un peu plus de sollicitude pour les décisions populaires pousserait sans doute certains à se poser quelques questions sur la définition que reçoivent ainsi les « nouvelles transversales ferroviaires alpines ». Pour gagner une heure ? Une heure pour qui ? Monsieur Weibel s’enthousiasme à l’idée de transformer Lugano en banlieue de Zurich.
L’article 84 de la Constitution, qui porte sur le transit alpin, énonce au chiffre 1 : La Confédération protège les régions alpines contre les effets négatifs du trafic de transit. Elle limite les nuisances causées par le trafic de transit afin qu’elles ne portent pas atteinte aux êtres humains, aux animaux, aux plantes, ni à leurs espaces vitaux. Les chiffres 2 et 3 de cet article disposent que le trafic de marchandises doit s’effectuer par le rail, et que la capacité des routes de transit ne doit pas être augmentée. Ces deux derniers chiffres ne contredisent pas le chiffre 1, qui englobe tous les effets négatifs de tout le trafic de transit. Je ne vois pas que les nuisances du trafic ferroviaire n’y soient pas comprises. A vrai dire, indépendamment de l’article constitutionnel, je ne comprends pas pourquoi vous ne semblez pas partager mon espoir que les habitants de la Léventine et de la haute vallée de la Reuss bénéficient de cette protection constitutionnelle, qui trouverait ainsi sa concrétisation.
Vous avez sans doute raison d’affirmer que la décision de construction des NLFA poursuivait principalement l’objectif du transfert de la route au rail du transit des marchandises. Mais auriez-vous entièrement raison qu’il ne s’ensuivrait pas moins, quoi qu’il en soit, par la force des choses, un raccourcissement des temps de parcours : Même si ce raccourcissement n’est qu’un effet secondaire, il se produira, sans que ni vous ni moi n’y puissions rien : Ce sont les voyageurs qui décideront. En fait, il ne fait pas de doute que les Bernois et les Valaisans ont lutté pour le Lötschberg de base dans la perspective d’un gain de temps, comme les Tessinois et les Zurichois l’ont fait pour le Gothard.
J’ai donc de bonnes raisons d’affirmer que la mise en service du tunnel de base aura pour effet de réduire le temps de parcours d’une heure, et que cette réduction aura deux conséquences sur le trafic des voyageurs : presque tous choisiront la ligne de base, d’une part, et d’autre part leur nombre augmentera fortement. Je ne me prononce pas sur l’ampleur de cette augmentation puisque les CFF l’ont déjà fait (je cite le communiqué publié par la NZZ le 27 janvier) : Heute benützen durchschnittlich 8000 Passagiere pro Tag die Gotthardroute. Die Gotthardstrecke gehört damit zu den eher schwach ausgelasteten Strecken des Schweizer Schienennetzes. Die SBB gehen davon aus, dass sich diese Zahl mit dem Gotthardbasistunnel auf 16’000 verdoppeln wird.
Il ne fait pour moi pas davantage de doute que les trains de fret déserteront eux aussi la ligne de faîte, très coûteuse en exploitation et en énergie. L’addition de ces deux assèchements, celui du trafic de voyageurs et celui du trafic de fret, me permet d’affirmer que le caractère de la ligne de faîte va changer. Les CFF ne le disent pas aussi fort, mais n’en pensent pas moins. Je cite un autre extrait du communiqué auquel je me réfère : Der Entscheid, ob die alte Gotthardstrecke via Göschenen und Airolo weiterhin durchgehend doppelspurig betrieben wird, ist gemäss Schärli noch nicht gefallen.
Avec mon projet, ce n’est qu’une très faible demande résiduelle après la mise en service du tunnel de base qu’il ne sera pas possible de satisfaire par voie ferrée. Les cantons riverains ne subiront donc aucun préjudice du fait que le tunnel routier en soit arrivé à devoir subir de si lourds travaux de réhabilitation.
Je maintiens que c’est une situation tout-à-fait exceptionnelle qui s’offre au propriétaire d’un tunnel plus que centenaire, obsolète, que la construction de son remplaçant contemporain rend inutile, de le vendre, à un très bon prix, parce qu’en même temps se présente un acheteur qui en a l’utilité, et les moyens : Une telle aubaine risque bien de ne plus jamais se retrouver. En outre, le produit de la vente irait exactement là où il faut, et où l’argent manque : Dans l’aménagement des voies d’accès au nouveau tunnel, pour renforcer la portée de l’article constitutionnel.
Bonjour,
Merci pour cet article très intéressant et mesuré. Je me demandais qu’est-ce que la signature du Traité international ACTA allait changer à ce sujet.
L’Institut fédéral pour la propriété intellectuelle estime que la législation suisse serait compatible avec le traité ACTA. Si la Suisse devait le signer et le ratifier, une modification de la loi sur le droit d’auteur ne serait donc pas indispensable. Mais, la ratification de ce traité irait indéniablement dans le sens d’une plus grande protection des droits d’auteurs et d’aucuns considèrent que la Suisse devrait adapter les sanctions pénales ou restreindre le droit à la copie privée. Affaire à suivre donc….
Merci pour votre réponse. Je me demande pourquoi signer un Traité international (dont la négociation a été tenue secrète jusqu’à une fuite révélée par wikileaks) si cela ne devait avoir aucune conséquence juridique.
J’ai cru comprendre que ce Traité avait des potentialités assez désastreuses pour les libertés civiles ainsi que la distribution de médicaments génériques aux malades non-solvables.
La quadrature du net a fait un travail (collectif) de valeur pour mettre en lumière les dangers de ce texte :
http://www.laquadrature.net/fr/acta-mise-a-jour-de-lanalyse-de-la-version-finale
@iGor: Il est fréquent qu’un traité international soit ratifié par la Suisse (ou un autre pays) sans que cela entraîne une modification de son droit interne. Le traité international est un engagement entre les Etats et marque la volonté de la Confédération helvétique (ou d’un autre pays) de s’engager à l’avenir à respecter certaines règles. Par exemple, ce n’est pas parce que nous avons aboli la peine de mort depuis longtemps qu’il ne serait pas utile de signer un traité international nous engageant à ne pas appliquer la peine de mort (et nous l’avons d’ailleurs fait).
En effet, il serait fort dommage de ne pas signer un Traité international confirmant une volonté juridique nationale…
Ce qui ne veut pas dire qu’ACTA soit souhaitable. Au niveau international, pour ces questions, il y a l’OMPI où la société civile, notamment les droits des handicapés ou des peuples autochtones, sont entendus, ne serait-ce qu’un peu.
Il se trouve même des personnes assez proches du dossier au niveau européen pour exprimer une certaine perplexité :
http://www.kader-arif.fr/actualites.php?actualite_id=147
Au niveau international, les bibliothécaires et archivistes s’inquiètent depuis quelques années déjà de ce traité :
http://www.ifla.org/en/news/ifla-issues-position-statement-on-the-anti-counterfeiting-trade-agreement-acta
http://www.iabd.fr/2012/02/03/liabd-signe-une-petition-contre-acta
Au fond si je suis intervenu en commentaire de ce billet, c’est parce que je cherche, pour l’instant en vain, des commentaires de juristes en Suisse.
L’âge auquel on se soumet à ces tests sur la prostate, je l’ai déjà atteint il y a quelques années. Mon médecin généraliste suit de très près les avancées de la médecine, et nous avions déjà discuté avec lui de ce thème, qui scinde les praticiens presque en deux camps. Il ya quelques semaines nous en avons rediscuté et il m’a dit que lui-même était devenu très défavorable à ces tests et aussi au contrôle rectal ; j’ai suivi son avis. L’évolution de cancer de la prostate est dans la très grande majorité des cas très lente, et les inconvénients d’un traitement précoce, comme mentionné par Gérard Escher, sont souvent « invalidants ».
Je rappelle le fait bien établi que dans nos pays la majorité des hommes qui meurent après 80 ans ont un cancer de la prostate, mais la cause de leur décès n’est qu’exceptionnellement en lien avec cette maladie.
Je reviens surtout à la phrase essentielle du premier paragraphe de l’article :
« Car ces tests sont appréciés des patients et des médecins, dans l’esprit de «faire tout ce qu’on peut» ».
Je suis personnellement en bonne santé, même si tous nous sommes sans doute des malades qui s’ignorent, et je souhaite égoïstement évidemment que ma future mort ne soit pas précédée de grandes souffrances. Mais il faut à ce sujet parler d’un des derniers grands tabous de notre société : la mort justement. Nous évacuons cette perspective fondamentale, en poursuivant le rêve de « mourir en bonne santé » par des tas de méthodes préventives, par des manières saines de vivre – confinant parfois à l’orthorexie – , par des environnements aseptisés et par des examens réguliers de toutes sortes. Et on vient souvent à oublier de vivre, c’est-à-dire de prendre des risques, ce qui est la marque de la vie, me semble-t-il…
J’aurais bien aimé que Gérard nous parle de la prévention. En effet, il y a une grande différence entre les cultures où la station debout prévaut et celles où la station assise ou accroupie est la règle. Dans ces dernières, la fréquence du cancer de la prostate est environ un tiers de celle des pays occidentaux. Eduquer les garçons à s’asseoir pour faire pipi coûterait infiniment moins que des tests et serait plus efficace.
La plupart du temps je ne suis pas d’accord avec M. Ghelfi. Mais là j’applaudis des deux mains à sa critique pertinente des illusions des élites dominantes.
C’est bien clair qu’après la chute du mur de Berlin tous les Klaus Schwab du monde, c’est à dire tous ces gens qui sont là pour faire de la propagande et de l’idéologie au service des puissances dominantes, claironnaient partout qu’on allait atteindre une sorte de paradis. Plus de communisme, plus de problème, la démocratie libérale et la prospérité générale par le libre marché régneraient sans partage. Et beaucoup de gens les croyaient. On croit toujours les vainqueurs du moment. Il y a même eu un fumiste appelé Fukuyama pour écrire un livre intitulé « la fin de l’histoire ». Selon lui on serait arrivé à une époque où la démocratie libérale ayant triomphé pour toujours, tout irait bien perpétuellement et il n’y aurait plus jamais ni de guerres ni de révolutions comme dans les âges sombres du passé. Dérisoire quand on y repense quelques années plus tard.
Aujourd’hui on apprend que les troupes US vont se retirer d’Afghanistan dès l’année prochaine, c’est à dire un aveu de défaite définitive dans cette partie du monde dans laquelle on était pourtant en train d’installer la démocratie occidentale donc la fin de l’histoire. L’histoire est repartie pour un tour, avec tout son côté tragique si contraire à l’optimisme anglo-saxon.
C’est inexplicable, ce que les gens peuvent se bercer d’illusions. Je me souviens d’une conversation avec un collélgue de bureau dans les années 1990. Il évoquait le souvenir des années 30 où, horreur, les salaires des employés de banques avaient baissé…! De la manière dont il disait ça on sentait bien que pour lui la seule idée qu’une telle chose puisse arriver à nouveau un jour: une baisse des salaires! était inimaginable. Je me souviens aussi un oncle entrepreneur à succès dans les années 60-70 et qui disait. La croissance sera sans limite. On ira essaimer dans les galaxies…
Aujourd’hui on le voit bien, toutes les tragédies humaines peuvent toujours se reproduire. On n’arrivera jamais à la fin de l’histoire. Il y aura toujours des reculs, des régressions qui n’en sont pas parce qui’il n’y a jamais de progrès linéraire. Il y aura toujours des crises, des misères, des conflits ethniques, des luttes sociales. Et cela ne se résoudra jamais ni par la victoire du marché, ni par la démocratie triomphate ni par les lendemains qui chantent du marxisme.
Mais il y a deux illusions profondes qui résistent encore:
A. Il n’y aura plus de guerre en Europe. C’est impossible. Donc nous n’avons plus besoin d’une armée forte en Suisse. Ou alors, on peut s’en remettre à l’OTAN et à des opérations de « promotion de la paix ».
B. L’Union Européenne est la réalisation parfaite et définitive du projet des Lumières. Son succès final est inéluctable, malgré les difficultés de parcours. En douter revient à être un homme du passé et un abruti, niant le progrès humain. La souveraineté et l’indépendance sont des mythes dans un monde global. Il faut se débarrasser de tout ça et passer à la bonne gouvernance mondiale.
Pour le moment les Klaus Schwab et autres menteurs continuent d’entretenir ces illusions là. Mais soyons en certains. bientôt elles aussi seront cruellement démenties aussi.