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Asile: les limites du fédéralisme d’exécution

Sans argent ni prévisions, les cantons doivent faire face à une augmentation des demandes

icone auteur icone calendrier 8 septembre 2008 icone PDF DP 

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La Confédération a toujours géré l’asile en comptant sur les cantons pour héberger et assister les requérants. Mais ce qui aurait pu être une véritable collaboration est devenu au fil du temps de la pure exécution, phénomène encore accentué depuis le passage de Christoph Blocher à la tête du département de justice et police.

Ainsi pour économiser 20 millions de francs alloués aux cantons, l’ancien conseiller fédéral a décidé que la Confédération prendrait en charge elle-même pendant six mois, le temps pour les cantons de se retourner, un éventuel afflux de demandeurs d’asile. Le financement correspondant a été supprimé avant que le concept soit en place. Mais celui-ci s’est vite révélé irréaliste, et il a finalement été abandonné… sans que le financement ne soit rétabli.

Et ironie du sort, on vit actuellement une forte augmentation des demandes. De moins de 150 personnes attribuées chaque semaine aux cantons, on est passé à près de 300 en août et probablement de 300 à 400 en septembre. Face à cette situation, l’Office fédéral des migrations se contente de prier les cantons d’adapter leurs structures.

Aucune allusion à un financement des coût supplémentaires. Car ouvrir de nouvelles structures coûte cher et le financement par forfait ne tient évidemment pas compte de ce genre de situation.

Ce qui étonne aussi, c’est le manque d’information et d’anticipation de la Confédération. Il est vrai que n’ayant pas à se soucier de l’hébergement, et pouvant réguler les capacités de ses centres d’hébergement en jouant sur la durée du séjour, elle n’a qu’un intérêt limité à anticiper. Mais c’est elle qui dispose ou pourrait disposer des informations nécessaires aux cantons: faut-il s’attendre à un afflux de longue durée? Combien de personnes arrivent aujourd’hui, qui seront attribuées aux cantons dans quatre ou huit semaines? En exploitant les renseignements dont elle dispose et qu’elle pourrait réunir, la Confédération pourrait établir des prévisions. Même sommaires et entachées d’incertitude, elles seraient toujours plus utiles que le vide actuel.

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Discussion

  • 1
    François Brélaz says:

    Il faut rappeler ä Mme Widmer-Schlumpf, concernant l’Union européenne, que le pacte sur l’immigration et l’asile présenté par la France au Conseil européen le 7 juillet de cette année à Cannes évoque des retours également vers des pays de transit, ce que Mme Ruth Metzler avait tenté de négocier avec le Sénégal en janvier 2003 et il serait bon de relancer des discussions dans ce sens.

    François Brélaz, Cheseaux-sur-Lausanne

Les commentaires sont fermés.