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Les pauvres suisses chez les riches

La mondialisation fait reculer la pauvreté dans le monde, mais qu’en est-il Suisse?

La planète compte un demi milliard de moins de pauvres qu’il y a quinze ans. C’est ce qu’affirme la Banque mondiale. Le constat est inverse en Suisse où la pauvreté réapparaît. Le contraste est frappant. Cette évolution est-elle la conséquence de la mondialisation de l’économie, source de tous les bienfaits, selon les uns, ou de tous les maux selon les autres? Pas si simple. L’intensification des échanges mondiaux a certainement profité au décollage économique de la Chine et d’autres pays de l’Asie de l’Est, principaux responsables de la diminution du nombre des pauvres. En revanche, l’Afrique sub-saharienne n’a en rien profité de l’embellie avec autant de pauvres devenus encore plus pauvres.

Et la Suisse? Riche parmi les riches et largement ouverte au monde, notre économie n’a connu qu’un passage à vide dans les années 90. Mais la pauvreté s’y est solidement installée. On compte aujourd’hui 3,3% de la population dépendant de l’aide sociale, un chiffre qu’il faut doubler ou tripler dans les villes. Les organisations caritatives sont toujours plus sollicitées. Dans une interview au vitriol (Tages Anzeiger 1er septembre) Karl Krummenacher, directeur de Caritas, dénonce le climat social empoisonné qui règne en Suisse. Les magasins de son association qui vendent de la nourriture à bas prix sont pris d’assaut. Mais la pauvreté n’est pas un thème politique et les  statistiques sont insuffisantes. L’Office fédéral de la statistique vient pourtant de combler partiellement cette lacune en publiant une étude sur les «working poors».

La Suisse comptait 4,5% de travailleurs pauvres en 2006. C’est, en raison de l’embellie conjoncturelle, un peu mois que les 5% lors du premier décompte effectué en 2000. Avant cette date, les pauvres échappaient à toutes les statistiques officielles. Cette pauvreté touche essentiellement les ménages de travailleurs entre 30 à 49 ans. C’est à cet âge qui les enfants grèvent les budgets. Si la situation familiale contribue largement à la précarité du niveau de vie, le montant des salaires est évidemment un facteur décisif. L’hôtellerie et le commerce de détail fournissent plus de la moitié du contingent des bas salaires. L’industrie paie nettement mieux. Le secteur du cuir et de l’habillement enregistre, il est vrai un taux très élevé de bas salaires. Mais comme ce secteur a largement fondu, il n’est que marginalement responsable de la pauvreté en Suisse.

Alors que l’industrie à vocation exportatrice est moins avare pour les salaires, les branches économiques créatrices de working poors sont essentiellement orientées vers le marché intérieur. La mondialisation n’est donc pas responsable de la pauvreté en Suisse. La thèse du patron de Caritas est plus crédible. Elle a pour cause la priorité accordée par la majorité politique du pays aux cadeaux fiscaux et au gel de la politique sociale.

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Discussion

  • Ok j’ai vu hier la fiduciaire qui s’occupe de ma déclaration d’impôts et qui m’a dit qu’il avait toujours plus de clients qui doivent attendre les bonus de fin d’année pour finir de payer leurs impôts, donc ils sont toujours endettés.

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