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Barack Obama, les cyberattaques et les botellones

Internet livre sur vos écrans, gratuitement et pêle-mêle, des informations utiles et nuisibles, inoffensives et dangereuses. Trois exemples actuels

icone auteur icone calendrier 27 août 2008 icone PDF DP 

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Quel point commun entre les militants travaillant à leur clavier pour Barack Obama, les guerriers lançant des «zombies» à l’assaut des centres de décision de Géorgie ou les organisateurs de botellones cherchant à importer en Suisse la pratique espagnole des méga rencontres enivrantes? L’usage d’Internet comme d’une arme à la fois efficace et mouchetée, qui influence sans laver le cerveau, qui détruit sans tuer, qui convoque sans contraindre. Dans les trois cas, il y a recours à la panoplie virtuelle: un site web principal pour convaincre l’électeur américain, un système informatique imparable pour paralyser le fonctionnement d’un Etat, une invitation gratuite sur Facebook pour rassembler des gens en mal de convivialité bien arrosée.

Dans les trois cas, il y a usage d’une forme de communication multicibles tout simplement inconnue, en tout cas non pratiquée comme telle il y a moins de dix ans, à la fin du siècle dernier. On s’accorde à dire que, par le recours systématique à l’information numérisée, Barack Obama a fait entrer les campagnes électorales américaines dans une ère nouvelle, où la gestion en continu et la diffusion hypercontrôlée des nouvelles, des textes et surtout des images occupent des centaines de spécialistes de la communication virtuelle et visuelle. Le rendement de leurs savoirs conjugués est conforme à leur effort collectif: impressionnant, en particulier dans les tournants délicats de la campagne. Ainsi l’accueil de l’ex-rivale Hillary Clinton et la «récupération» de ses partisans ont montré que finesse et vitesse peuvent aussi rimer dans la réalité.

Quant aux cyberattaques attribuées à des pirates russes, en mai dernier contre les infrastructures publiques et privées de l’Estonie et, tout récemment, en complément aux opérations militaires contre la Géorgie, elles constituent, elles aussi, de véritables innovations. Il faut admettre qu’elles font partie intégrante des stratégies d’état-major, dans les armées aujourd’hui et sans doute bientôt dans les grandes entreprises et organisations internationales. Dans l’impossibilité de se prémunir contre un tel risque, les victimes potentielles préparent d’ores et déjà la contre-attaque – ou à défaut revoient leur portefeuille d’assurances.

Le cas de Facebook, comme celui des autres réseaux sociaux voués aux échanges et messages, est un peu différent. Certes, le support technique reste Internet. Mais les usagers y développent un mode de communication interpersonnelle particulier. Simple et direct, le langage utilisé – texte, son et images – se prête à une large diffusion auprès des internautes amateurs de tels sites, jeunes le plus souvent. Cet accès facilite grandement les opérations informelles et rapides du type signatures en chaîne, invitations de dernière heure ou manifestations improvisées. Ceux qui s’émerveillent de l’écho suscité par les appels aux bottelones pourraient se souvenir des «barauna», ces réunions festives et musicales des années nonante, organisées en soirée dans les chantiers et abris de la ville et convoquées par des graffiti que les initiés déchiffraient sans peine.

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Discussion

  • 1
    Cipriano Algor says:

    Botellones s’écrit sans accent, contrairement à botellón.

    Merci. Nous avons corrigé dans le texte (le webmaster).

Les commentaires sont fermés.