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Botellón: la presse en pompier pyromane

Entre peur et laxisme, il doit y avoir place pour la réflexion

icone auteur icone calendrier 23 août 2008 icone PDF DP 

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Le botellón, voilà la dernière bulle médiatique de l’été. Cette pratique collective, importée d’Espagne, diabolisée avant même que des jeunes se réunissent dans les parcs ou sur les places de Berne, Zurich, Genève et Lausanne, a donné lieu à des descriptions apocalyptiques de foules enivrées, violences et désordres sur fond de consommation de drogues. Les médias comme gardiens de l’ordre moral mais qui, par l’attention disproportionnée qu’ils portent au phénomène, poussent les participants à ces soirées arrosées à jouer le rôle qu’on attend d’eux.

Est-ce vraiment l’abus d’alcool consommé dans le cadre de telles rencontres qui effraie autorités et médias? En d’autres occasions – Street Parades, fêtes de jeunesse et d’entreprise, manifestations sportives entre autres –, l’alcool coule à flots sans susciter un tel intérêt et pareil effroi. Les professionnels de la prévention jugent plus graves les soûlographies courantes et moins médiatisées d’une partie de la jeunesse. Non, ce qui dérange, ce qui fait peur même, c’est le caractère spontané et soudain de ces rassemblements, favorisé par les nouveaux moyens de communication. Pour le sociologue zurichois Kurt Imhof (Tages Anzeiger, 20.08.08), les réactions indignées face à ces jeunes immatures sont celles d’une société elle-même immature, qui préfère stigmatiser des groupes – jeunes, étrangers,…– plutôt que de débattre de ses problèmes. D’ailleurs, poursuit l’universitaire, toute forme collective de déviance a de meilleures chances de susciter la réflexion que la déviance individuelle ou en petits groupes.

Les ripostes variées des villes – interdiction à Lausanne et à Berne, opposition sans interdiction formelle à Zurich, tolérance et dialogue à Genève – font espérer qu’il y a place encore pour cette réflexion.

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Discussion

  • Très saine analyse en effet. JDD aurait aussi pu se gausser du fait que
    l’on retrouve parmi ces municipalités tétanisées aussi bien des édiles de « gauche en mouvement » à Nyon ou Lausanne que les plus conservateurs des bourgeois ailleurs.

    Notons pourtant des réactions de bon sens dans le courrier des lecteurs de 24Heures, rappelant à ces messieurs d’autres saoulographies de leur jeunesse ou aujourd’hui encore socialement admises.

    Mais surtout l’analyse tout en finesse de Perre Maudet dans Le Temps et son « Non mais » de président de la Commission fédérale pour la jeunesse.

    Le rapport à la jeunesse: encore un dossier qui met à mal les clichés gauche droite.

  • 2
    Richard Lecoultre says:

    Lors des traditionnelles beuveries organisées, une équipe se porte responsable pour la sauvegarde des gens et le nettoyage après la fête. Certainement que si le généreux inviteur de Montbenon avait tout de suite annoncé qu’il se portait garant de la remise en ordre, tout le monde se serait réjoui d’une initiative si originale et spontanée. Pourquoi ni lui ni d’autres ne l’ont-ils fait?

Les commentaires sont fermés.