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Sites Internet: entretien par trop différencié

Administrations et entreprises auraient tout intérêt à actualiser leur site Internet, sous peine d’anachronismes cocasses ou d’omissions par trop significatives

«Consolider. Tel est l’objectif principal que le nouveau chef de l’armée, le commandant de corps Nef, s’est fixé pour sa première année de fonction». Le moins que l’on puisse dire est que, moins de sept mois après cette belle déclaration de management militaire, l’objectif inverse semble largement atteint. Sans que les gestionnaires du site s’en soient le moins du monde avisé. Décidément imperturbables, ils publient par ailleurs l’organigramme du chef de l’armée et de son remplaçant ainsi que de leurs subordonnés directs en l’état au 1er janvier 2008. Pour une mise à jour tenant compte des différents départs et remplacements intervenus dans le courant du premier semestre de l’année, mieux vaut se référer au Tages-Anzeiger du 22 juillet…

Toute collectivité, entreprise ou association, toute administration publique ou privée, toute personnalité connue ou désireuse de le devenir, se doit désormais d’avoir son site Internet, avec moult rubriques, ramifications et liens. Mais il ne suffit pas d’assurer une présence sur le «web», encore faut-il la préparer et la réaliser avec soin, puis l’animer et surtout l’entretenir continuellement. De la conception à la mise en ligne puis à l’actualisation, tout doit contribuer à faciliter l’accès au site, à en augmenter la convivialité et à donner aux internautes une image valorisante du titulaire. A cet égard, la mise à jour est une contrainte absolue; à défaut, toute l’information devient suspecte, le ridicule guette, la gestion fait négligé, l’irrespect du visiteur transparaît. Bref, tous les efforts antérieurs risquent l’anéantissement.

On n’aura pas la cruauté de revenir sur le manque de réaction des responsables du site du département fédéral dirigé par Samuel Schmid, chargé de la défense, de la protection de la population et des sports. Et on poussera la charité jusqu’à passer sous silence les effets de la rigidité de certains services des administrations cantonales et communales.

Du côté de l’économie privée, les mises à jour différées ou les mensonges par omission ne sont pas rares. Sur le somptueux site d’UBS,  il faut finement naviguer pour comprendre qu’il y a eu non réélection du président Marcel Ospel, et plus patiemment encore pour trouver un sobre commentaire sur l’évolution du cours des actions nominatives de la plus grande banque suisse, qui peine à surmonter le seuil des 21 francs, montant unitaire payé pour la recapitalisation du printemps – dont il n’est pas davantage question que des difficultés persistantes de l’établissement aux trois clés. Quant au Credit Suisse,  il donne – sans plastronner – les résultats du deuxième trimestre 2008, en nette amélioration par rapport aux trois premiers mois de l’année. Evidemment, l’annonce de bonnes nouvelles reste plus facile que l’aveu d’affaires gênantes. On ne trouve pas mention de la «surveillance» d’Attac sur les sites de Nestlé, ni international, ni suisse.

Comme quoi les sites sont révélateurs de la marche des instances qui les gèrent et de leur politique d’information sélective, soit par ce qu’ils gomment sciemment, soit par ce qu’ils omettent par négligence.

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Discussion

  • Bonjour,

    Tout cela révèle peut-être simplement notre imperfection humaine à gauche comme à droite.

    Savez-vous qu’en Suisse on ne trouve pas (à ma connaissance) de projet pour l’accessibilité aux bibliothèques publiques pour les handicapés de la vue?

    En fait je vais à Marseille, pour rédiger un petit projet suisse sur ce sujet. Marseille est une des villes les plus pauvres de France, on y trouve des postes de travail en bibliothèque, j’y suis une sorte de réfugiée culturelle…très bien accueillie.

    Et je m’étonne aussi que des sites de partis politiques de gauche n’offrent pas à leurs membres une version italienne de leur site national (sans parler du romanche).

    Bon été

    Ana Landa
    Etudante suisse en Europe

  • Le sites web des partis de gauche n’ont pas de page en italien car de facto l’italien n’est pas une langue nationale; elle l’est seulement sur le papier et dans l’hypocrisie premieraoûtienne. Vous aurez peut-être remarqué que l’italien était pratiquement absent de l’exposition dite nationale; que la RSR dans sa revue dite de la presse nationale ne considère pas celle en langue italienne; que le secrétaire d’état à la recherche a été critiqué, entre autre, pour avoir répondu en italien à des journalistes de langue italienne pendant une conférence de presse; que la plupart des produits en vente dans les supermarchés suisses ne sont pas étiquetés en italien, même pas en Suisse italienne; que quand on parle allemand ou français avec accent italien au nord des Alpes on est tout d’abord perçu comme étranger; une liste exhaustive de discriminations linguistiques pourrait remplir un rouleau de papier de toilette.

    Pour revenir aux sites web, souvent les pages en italien, quand elles existent, semblent avoir été écrites par des semi-analphabètes et ont un contenu réduit par rapport à celles dans les deux langues nationales.

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