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L’UDC est raciste, mais pas d’extrême droite

Un rapport annuel sur le racisme en Suisse toujours éclairant

icone auteur icone calendrier 20 juin 2008 icone PDF DP 

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L’édition 2007 du rapport sur le racisme en Suisse, édité par la Fondation contre le racisme et l’antisémitisme et la Société des minorités de Suisse, dénonce avec une détermination accrue l’attitude raciste de l’UDC. Le désormais plus grand parti de Suisse déplore le manque d’intégration des étrangers. Mais c’est lui qui détient le quasi monopole de la stigmatisation des allogènes. L’exclusion a été son thème central dans la campagne  des élections fédérales. La plus importante mesure d’intégration, note le rapport, serait pourtant la suppression des campagnes attisant la haine contre les étrangers. Or ce discours fait dorénavant partie du paysage électoral helvétique. On s’offusque tout au plus du «style» d’une campagne en banalisant l’importance du fond. Plus insidieusement, Christoph Blocher, suivi par son parti, a tenté d’édulcorer la norme pénale sur la discrimination raciale qui lui faisait «mal au ventre».

L’UDC est raciste. Mais ce n’est pas un parti d’extrême droite. Le rapport, comme chaque année, suit attentivement les faits et les écrits des petites formations d’extrême droite. Quelques agissements violents de Hammerskinheads et autres néo-nazis alertent l’opinion. Cette mouvance extrémiste n’est pas en progression. Elle ne compte guère plus d’un millier de membres, mais recueille cependant la sympathie d’une importante minorité de jeunes comme le constate le programme PNR 40 du Fond national de la recherche scientifique. L’UDC s’interdit de préconiser la violence et s’affirme ouvertement démocrate. Elle se distance donc clairement des formations extrémistes. Mais certains de ses membres, ainsi Ulrich Schlüer, acceptent de s’afficher dans des réunions d’extrême droite. Comment ne pas relever également que l’UDC a protesté contre le financement par les deniers publics de l’étude PNR 40 sur les mouvements extrémistes de droite.

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Discussion

  • 1
    Dr. Goulu says:

    Le positionnement de l’UDC apparait plus clairement sur une représentation bidimensionnelle que sur le traditionnel axe gauche – droite. Si vous examinez les résultats des élections fédérales 2007 données par smartvote.ch et compilées sur http://drgoulu.wordpress.com/2007/10/30/le-nouveau-parlement-suisse-en-2-dimensions/ , vous verrez que l’UDC est bien à droite, mais pas notablement plus que les radicaux, à part le noyau dur zurichois.

    La caractéristique dominante de l’UDC est le conservatisme, qui inclut évidemment une composante xénophobe, voire raciste (les élus UDC les plus à droite n’étant pas forcément les plus conservateurs, ni vice-versa).

    En positionnant son parti comme conservateur, Blocher a ravi des voix au PDC devenu trop progressiste, et il va bénéficier de l’effet démographique du vieillissement de la population qui tend à devenir conservatrice avec l’âge.

    La gauche ne peut pas combattre l’UDC en tirant encore à gauche. Le seul moyen est de devenir (un peu) conservatrice, pour empêcher l’UDC de devenir à la fois « nationale + socialiste » …

  • Je dois avouer que je ne comprends pas comment un parti peut professer le racisme sans mériter l’étiquette de l’extrême-droite. Le fait de ne pas user de violence et d’accepter le jeu démocratique ne me semblent pas être des arguments suffisants, ou alors il faudrait que cela s’applique aussi au Front national français…

    Et que dire des partis toujours étiquettés à l’extrême gauche, pourtant non-violents et jouant le jeu de la démocratie ?

    Je comprends bien que vous ne faisiez que relayer les recherches citées…. mais ce titre si affirmatif ?

  • 3
    giorgio zuercher says:

    Tout à fait d’accord: pour être précis on devrait considérer comme prototype de l’extrême droite le parti national-socialiste en Allemagne dans les années ’30.
    Commencons par le mot: la véritable traduction de Nationalsozialismus est « socialisme national ».

    Le nazisme (mais aussi le fascisme italien) sur le plan économique est caractérisé par:

    une forte intervention de l’Etat dans la production économique, avec une programmation gouvernementale et des entreprise controlées par l’Etat – Volkswagen en Allemagne, IRI et ENI en Italie.

    une législation sociale plus poussée que dans les Etats liberal-bourgeois.

    En somme le « socialisme national » sur le plan économique se trouvait en quelque sorte dans une position intermédiaire entre les régimes socialistes (sovietiques) et les régimes libéraux.

    L’UDC au contraire économiquement est orientée vers le libéralisme, donc elle se trouve dans une situation opposée à celle du nazisme e t du fascisme.

  • 4
    Karl Grünberg says:

    Je découvre aujourd’hui cet intéressant article de M. Tille dont je partage le point de vue.

    Il me semble que l’UDC, parti de droite et nationaliste classique, développe aujourd’hui comme d’autres en Europe un nationalisme identitaire qui recourt au racisme faute de pouvoir ancrer le nationalisme dans le seul culte rendu à l’Etat-nation, fragilisé par la « mondialisation ».

     A la différence de Dr Goulu, il ne me semble donc pas que la gauche doive aller dans cette direction, mais au contraire valoriser une citoyenneté internationale fondée sur le respect intransigeant de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

    Karl Grünberg

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