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Urbanisme et métamorphose

Lausanne mérite mieux qu’un projet-vitrine pour excuser un stade

Lausanne veut se métamorphoser et a lancé une démarche participative, au nom sympathique (Ola!) et à l’allure rafraîchissante. La dénomination du projet, par contre, est trompeuse: Métamorphose laisse penser à un changement à l’échelle de la ville, alors qu’il est limité dans l’espace: libérer une zone importante à l’emplacement du stade olympique, dans le quartier de la Pontaise, pour construire un éco-quartier, et reconstruire le stade au sud, à proximité du lac et de l’autoroute.

Pour la majorité des Lausannois, la métamorphose sera sans portée concrète.Et pourtant, la ville est en grand changement, sans qu’aucun débat public, qu’aucune démarche ne l’accompagne, ne le gère, ne le canalise. Cette métamorphose-là, les habitants la vivent chaque jour et elle mériterait elle aussi d’être conduite et de bénéficier d’une vision.

Des quartiers nouveaux se développent ou changent de vocation, des rues sont réaménagées, des voies cyclables se font jour ici et là. Le nombre d’emplacement de voitures Mobility augmente, en tout cas au centre, mais la vitesse commerciale des bus stagne, quand elle ne diminue pas. Sans parler du métro qui, dès cet automne, transformera la ville. Ces changement induisent de nouveaux cheminements, des modifications des habitudes. Ils affectent, positivement ou négativement, la vie des habitants et des visiteurs de la ville.

On peine pourtant à voir dans quel projet global ils s’inscrivent. Il s’agit d’une addition de petits changements qui n’en forment pas un grand, à l’échelle de la ville. La technique et l’esthétique semblent l’emporter sur les choix de société: quelle place pour les piétons et les transports publics? Quels zones de rencontre et quels accès aux commerces? Quelle politique de gestion des espaces publics? Il semble que jamais la voiture ne soit vraiment remise en cause, qu’aucune place de parc ne puisse être sacrifiée, que le moindre espace vide doive être rempli, au pire de places de stationnement pour les voitures, au mieux pour les deux-roues, généralement motorisés.

Il faut saluer l’esprit du projet Metamorphose. Mais à quoi bon un éco-quartier à la Pontaise si le reste de la ville ne vit pas dans le même esprit? Metamorphose devrait être le projet d’une ville avec des points forts – la Pontaise, Vidy – et un esprit qui influence chacun des petits changements que vit la ville au fil du temps.

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Discussion

  • Je partage le point de vue de M. Imhof et apporte les précisions suivantes.

    Les demandes formulées à la Municipalité de Lausanne par les nombreux participants aux ateliers de quartier 21 sont restées lettre morte. Que les citoyens participent en amont des projets, dans les phases d’intention. Résultat, après quelques années. Le néant. Tout le contraire à vrai dire. Un mauvais projet sorti du chapeau d’une nouvelle municipalité en formation. Un exécutif qui n’a pas même consulté ses services administratifs spécialisés. Alors ne parlons pas des citoyens. Et pourtant la mise en place d’un véritable processus participatif à l’échelle de la ville, voire de l’agglomération est vital. L’usager à son mot à dire dans le développement de son quartier de sa ville, de la région. Comme le dit le municipal lausannois O.Français, il y a 120’000 urbanistes à Lausanne. Profitons de cette richesse. Un vrai défi pour une majorité de gauche qui n’est pas relevé. Les points non négociables du projet métamorphose en sont la preuve. Le concept d’un éco-quartier, c’est la négation de l’urbain. C’est toute la ville, tous les quartiers qui se doivent d’être éco. Le bon choix n’a pas été fait avec le récent PGA accepté en 2006 encore moins avec la construction de tridel (éco-..objectif zéro déchet). Un gros effort doit être fait sur l’ensemble du parc immobilier existant. A ce sujet rien. Ce projet Lausanno-Lausannois nie l’agglomération, comme le politique et fixe des priorités qui n’en sont pas. L’habitat doit se développer le long des axes de transport existants selon le plan directeur cantonal. Une forme de participation résultera de la votationsur l’initiative en cours. Merci de la signer échéance au 24 juillet.

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