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La Suisse n’aime pas la famille et les enfants

Un débat qui doit impérativement s’ouvrir

La famille et les enfants sont les grands oubliés de la protection sociale. La dernière publication de l’Office fédéral de la statistique constate que le poids de l’aide à la famille et aux enfants a fortement diminué. En 1970, ce poste représentait 8,1% des dépenses sociales  pour descendre à 4,9% en 2006. Le même Office nous indique, dans sa statistique sur  le mouvement  de la population, un déficit des naissances de Suisses qui ne compensent pas les décès et que cette évolution négative est, pour les trois premiers mois de cette année, compensé par une plus forte natalité des résidents étrangers.  L’absence de politique nataliste serait, en quelque sorte, corrigée par une généreuse politique migratoire. Cette argumentation ne convainc pas le professeur genevois Philippe Wanner. Dans sa contribution à l’ouvrage collectif Les nouveaux défis de l’Etat social, il affirme que les migrations ne sont qu’une solution provisoire au défi démographique car les nouveaux venus proviennent  maintenant de régions à faible fécondité.

Ouvrir le robinet des aides et subventions diverses ne multiplie pas miraculeusement les naissances. Mais on constate que les pays scandinaves, qui  conduisent une  vigoureuse politique familiale, ont une fertilité nettement supérieure à celle de l’Allemagne qui, comme la Suisse, estime qui la fécondité appartient au domaine de la vie privée. Le vieillissement de la population pose de grands défis à l’Etat social. Investir dans la famille et les enfants est un bon moyen pour y répondre. Cette idée fait du chemin dans plusieurs têtes politiques. Mais la course aux économies budgétaires et le gel des dépenses sociales restent une réalité dominante. Ce ne sont pas quelques dizaines de francs mensuels d’allocations familiales qui  vont provoquer une naissance de plus. Le désir d’avoir un enfant ne se résume pas à une  affaire financière. Mais une enquête suisse sur les familles réalisée il y a plus de dix ans montre que, pour la  majorité des femmes, la difficulté de concilier les activités familiale et professionnelle et le coût des enfants étaient un obstacle à la procréation.

Une politique nataliste impose donc une vision sur la durée. La nécessaire augmentation des dépenses sociales dans le présent  n’exercera son effet bénéfique sur les recettes qu’à long terme. Les nouveaux-nés ne cotiseront pas aux régimes sociaux avant 20 ou 25 ans. Cette politique doit aussi rechercher l’efficacité sans a priori idéologique. On pourrait, par exemple, s’inspirer des allocations progressives à la française qui favorisent les familles nombreuses. Les déductions pour frais de garde des enfants et autres avantages fiscaux  peuvent être très incitatifs. Il ne faudrait pas renoncer à de telles mesures généralisées sous prétexte que les familles aisées n’ont pas besoin d’aide. Il y a aussi les mesures qui ne coûtent guère si ce n’est  l’abandon de certaines habitudes, comme l’aménagement des horaires scolaires. Une meilleure fécondité résultera également du calcul rationnel des entreprises. Elles recruteront ou conserveront plus facilement de bonnes collaboratrices – ou collaborateurs – en leur offrant des crèches pour leurs enfants.

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Discussion

  • 1
    Giorgio Zürcher

    Les mouvements démographiques sont des phénomènes qui expliquent les effet sur la longue période. Ils n’intéressent donc pas tellementla majorité de notre société, (ni par conséquant nos politiciens),qui s’occupe principalement des phénomènes à court terme, donc ceux qui sont mésurés par la Bourse.

    Pour cette raison le problème est de difficile solution dans un pays dominé par les milieux économiques.

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