«Naturalisations démagogiques», ainsi devrait s’intituler l’initiative populaire de l’UDC, dites «pour des naturalisations démocratiques» pour respecter le sens de son contenu. Mais l’UDC joue avec les mots, les manipule jusqu’à leur faire dire le contraire de leur acception commune, tout en se camouflant derrière le sens commun. Belle démonstration hier soir lors de l’émission de la TV romande Mise au point. L’avocat genevois Yves Nydegger, conseiller national, démocrate de l’extrême centre et fin rhétoricien, admet que la procédure de naturalisation préconisée par son parti peut conduire à des décisions arbitraires. Il va même jusqu’à regretter la décision du corps électoral de la commune d’Emmen qui, en 2000, a refusé la demande de l’ensemble des requérants balkaniques. Mais, poursuit-il, l’important est de reconnaître aux communes leur souveraineté en la matière et de laisser la parole au peuple que les autorités comprennent si mal. Cette qualification bien sûr manque totalement de pertinence: dans un Etat fédéral, et les cantons et les communes ne sont pas souverains et ne peuvent exercer leurs compétences que dans le respect de l’ordre juridique fédéral, en l’occurrence l’interdiction de l’arbitraire.
Même confusion conceptuelle avec l’initiative «Souveraineté populaire sans propagande gouvernementale», qu’il faut traduire par «Souveraineté de l’UDC». Faire croire que le peuple se prononcerait plus librement sur les objets soumis à votation si le Conseil fédéral était condamné au silence, c’est prendre les citoyennes et les citoyens pour des demeurés incapables de juger les arguments en présence et de se faire leur propre opinion. En réalité cette initiative s’inscrit de manière très cohérente dans un programme visant à discréditer et à marginaliser les autorités. Débarrassée de tout intermédiaire gênant, l’UDC serait ainsi seule à représenter le peuple, ce dont elle ne cesse de se prévaloir. Dans la même veine, le nouveau président de l’extrême centre ne vient-il pas de suggérer que les partis soient seuls habilités à désigner leurs représentants au sein de l’exécutif? Après le Conseil fédéral réduit au silence, voilà le tour du parlement. Et place nette à l’UDC, véritable porte-parole du peuple. Souveraineté de l’UDC.


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8 avril 2008 à 15:19
Permalien
A lire vos 2 articles de cette semaine et d’autres qui les précèdent, on constate l’accord des rédacteurs et des lecteurs sur ce parti répugnant, mais quelles idées trouve-t-on pour le neutraliser?
Les mensonges sont si gros et si faciles à accepter qu’il faut un travail énorme pour espérer convaincre de la réalité.
Je compte sur vous, journalistes, et si possible sans nommer ceux qui tirent leur gloire de la moindre mention.
Toute idée sera la bienvenue
(rendez-vous à Berne vendredi pour soutenir Evelyne W.-S.)