Les banques suisses font de bonnes affaires sur le dos des épargnants. Elles leur offrent des taux misérables, de 0,9 % en moyenne. Au bénéficie de cet argent extrêmement bon marché, elles exigent, de plus, des frais de gestion non négligeables. Epargner signifie perdre de l’argent si l’on tient compte de l’inflation annuelle, de 2,4 % au dernier relevé. Cette performance bancaire n’a pas son pareil à l’étranger. Le VZ Vermögenszentrum de Zurich, relayé par le quotidien Tages Anzeiger, fait une comparaison éloquente avec les conditions faites aux épargnants allemands. Ainsi le grand distributeur Lidl sert un intérêt de 4,8% sur son compte d’épargne sans frais de gestion. Le discounter offre des conditions nettement plus favorables que les banques essentiellement pour attirer la clientèle dans ses magasins. Ce qui est probablement du dumping a cependant le mérite de créer une véritable concurrence et une hausse des rémunérations au bénéfice des épargnants. Une banque allemande en ligne progresse rapidement avec des taux à 3,8%.
En Suisse, rien de pareil. Migros, Coop et les banques cantonales s’alignent pratiquement sur les taux offerts par les autres acteurs de la branche. La concurrence n’existe pas à l’intérieur du pays. Personne n’y a intérêt. L’épargne afflue dans les coffres malgré sa misérable rémunération.
Les consommateurs suisses frontaliers ont pris l’habitude du tourisme d’achat de l’autre côté de la frontière. Les épargnants pourraient faire de même. Mais, à la différence d’un achat de marchandises, l’épargne est, par définition, une opération sur la durée. Une modification de parité entre franc et euro pourrait éliminer tout gain réalisé sur un taux d’intérêt.
Les banques ne cessent de vanter les vertus de la riche place financière helvétique qui offre des hypothèques à bon compte. Elles omettent de mentionner que cette générosité se fait sur le dos des épargnants. La Suisse, à l’abri de la concurrence européenne, est un pays de Cocagne pour nos banques. Elle l’est aussi pour nos laboratoires pharmaceutiques. Protégés par l’interdiction des importations parallèles, ils peuvent imposer un prix anormalement élever des médicaments. Pas étonnant, dès lors, que banques et pharmaceutiques soient les plus ardents partisans du statu quo dans les relations entre la Suisse et l’Europe.





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