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Docteur Google a de la mémoire

Le dossier médical sur le web, des risques à maîtriser

icone auteur icone calendrier 4 mars 2008 icone PDF DP 

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Google va travailler en partenariat avec la clinique américaine de Cleveland, dans l’Ohio, afin de rendre les données médicales des patients accessibles via Internet. Un projet intéressant et répondant à un vrai besoin, mais qui suscite de légitimes craintes.

Qui n’a pas pesté de devoir, dans le milieu médical, répondre plusieurs fois dans un court laps de temps aux mêmes questions, subir plusieurs fois le même examen, avoir l’impression d’être dans un système où les acteurs communiquent mal dès que l’on passe d’un opérateur à un autre. Le dossier médical informatisé et disponible en tout temps est d’ailleurs une proposition récurrente pour diminuer les coûts de la santé, jusqu’à maintenant imaginé sous forme de mémoire transportable (carte à puce, clé USB…) que le patient porterait en permanence sur lui.

Le recours à Internet est évidemment une solution intéressante: plus besoin d’avoir sa carte sur soi, il suffit de posséder un code d’accès à un serveur. Et Google a quelques connaissances en matière de traitement de l’information. S’il devient leader de ce secteur, il garantirait aussi un accès simple et universel, objectif plus difficile à atteindre si chaque hôpital ou chaque pays gère son système.

La question qui se pose est évidemment celle de la protection des données, éminemment sensibles, qui seraient stockées dans des serveurs propriété du moteur de recherche, ou de tout autre opérateur. A ce propos, une carte dans un porte-monnaie n’est a priori pas plus sûre qu’un système sécurisé d’accès à un serveur. Google n’a aucun intérêt à consulter ou à utiliser ces données, mais peut-il garantir leur stricte confidentialité? Un blog a donné des notes à tous les outils de communication proposés par Google quant à leur degré de confidentialité. Un exercice sans prétention, mais instructif sur les lacunes souvent cachées du système, qui portent peu à conséquence pour des outils courants (surtout quand on est prévenu), mais qui peuvent être catastrophiques avec des données sur la santé.

Les Etats, fortement impliqués (à part aux Etats-Unis…) dans les systèmes de santé, ont tout intérêt à rendre les données médicales des patients accessibles, en respectant de strictes règles de confidentialité. Les patients eux-mêmes sont mieux soignés si les informations les concernant circulent. Et les assureurs y verront aussi rapidement un intérêt financier.

Les gagnants sont trop nombreux pour qu’un système du type de celui proposé actuellement à petite échelle par Google ne se développe pas. Pour ne pas être pris de court, les pouvoirs publics feraient bien de s’y intéresser rapidement, quand ils sont encore en mesure d’en influencer les règles.

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