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Renvoyeur d’étrangers renvoyé car il a irrité Sarkozy

Un objectif politique peut être très simple et clair, sa mise en oeuvre beaucoup moins

icone auteur icone calendrier 30 janvier 2008 icone PDF DP 

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Domaine Public a déjà commenté la volonté du président français de juger ses ministres à l’aune de leurs résultats, sur la base d’objectifs chiffrés (DP 1762, 1764). Il semble également appliquer ce principe à des hauts fonctionnaires, à témoin le limogeage sur décret présidentiel de Yannick Blanc, directeur de la police générale à la préfecture de police de Paris. A ce titre, il était responsable de la délivrance des titres de séjour aux ressortissants étrangers et des reconduites aux frontières. On sait Nicolas Sarkozy particulièrement sensible à ce dernier point, sur lequel il s’était déjà engagé comme ministre de l’intérieur: au moins 25’000 renvois d’étrangers en situation irrégulière en 2007, chiffre reconduit en 2008, mais pas atteint l’année dernière.

M. Blanc est un franc-parleur qui ne cache pas les difficultés qui rendent l’objectif présidentiel difficilement réalisable. Et c’est certainement ce qui déplaît au président. Il estime que parmi ces difficultés, figurent les objectifs eux-mêmes, qui auraient mobilisés les organisations de défense des migrants. Plus concrètement, il dit être de plus en plus confronté à des décisions judiciaires qui annulent les décisions de renvoi et à la difficulté d’obtenir des documents de voyages de la part des autorités consulaires. On oublie parfois que pour renvoyer un étranger dans son pays, il faut l’accord de ce dernier, et évidemment identifier le « candidat » au retour forcé.

La situation est d’ailleurs identique en Suisse, où l’on cherche par tous les moyens à signer des accords de réadmission avec les pays qui n’acceptent pas le retour sous contrainte de leurs concitoyens.

Tout ceci nous montre qu’un gouvernement peut bien se fixer des objectifs généraux, mais que ceux-ci ne peuvent pas être portés par une seule personne. Dans le domaine des renvois, le seul domaine où la police peut agir est celui des arrestations. Ensuite, l’entrée en force d’une décision de renvoi dépend des lois en vigueur et de leur application par les tribunaux alors que l’obtention de papiers d’identité relève des relations consulaires entre pays. Des domaines que M. Blanc et ses policiers ne maîtrisent pas. Pas plus que les cantons en Suisse, chargés de l’exécution des renvois décidés par la Confédération.

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