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Allô Nokia, bobo…

Les limites des avantages fiscaux aux entreprises

Il y a quelques années, la reconversion, en Allemagne, d’une ancienne usine de télévision Nokia en unité de production de téléphones mobiles était présentée comme une opération exemplaire. Le géant finlandais, qui détient 40% du marché mondial, avait même participé au financement d’une gare à proximité de son site, qui portait son nom. Et le Land et l’Etat fédéral ont consenti en 10 ans plus de 65 millions d’aide publique, en grande partie sous forme de remise d’impôts et d’aide à la recherche.

La lune de miel est terminée: les aides et les possibilités de comprimer les coûts de production – essentiellement la main-d’oeuvre – épuisées, Nokia se tourne vers des cieux plus cléments, en l’occurrence en Roumanie.

Le malheur des travailleurs allemands fera le bonheur de leurs collègues roumains. Et il y a peu de chances qu’un quelconque boycott ait le moindre effet sur les ventes de Nokia, dont l’action s’est appréciée à l’annonce de cette opération.

Cette histoire finalement plutôt banale laisse songeur sur la concurrence fiscale et les faveurs faites aux entreprises en échange de la création d’emplois. Des pratiques contraires au libéralisme, qui suppose des conditions de concurrence équitables entre les acteurs du marché, mais que les plus malins et les plus puissants savent tourner à leur avantage, souvent en ayant recours au chantage à l’emploi. Les allégements fiscaux et autres aides étatiques doivent être limitées aux nouvelles entreprises qui prennent des risques. Mais elles n’ont aucune raison d’être pour des multinationales de la force de Nokia qui ne les considèrent que comme une manière de diminuer temporairement leurs coûts de production.

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Discussion

  • Le cri du coeur d’Angela Merkel est certes pathétique, mais elle devrait en bonne logique « européenne » se réjouir qu’un pays « frère » encore au bord du sous-développement gagne quelques emplois hautement qualifiés! Ironie à part, ces délocalistions « internes » à l’UE devraient faire réfléchir tous les Eurolâtres. Une Europe aussi outrancièrement libérale ne peut que dresser les pays membres les uns contre les autres. Et qui paie les pots cassés? Les citoyens-salariés, qui de toute manière n’ont rien à dire, leurs « représentants » se taisant en leur nom. Est-ce à cette Europe-là que certains voudraient faire adhérer la Suisse?

  • Pour répondre au lecteur précédent, on ne voit bien pas en quoi le problème de la délocalisation diffère suivant qu’elle se fait dans un pays de l’UE ou ailleurs. Les effets sur les travailleurs et sur Mme Merkel sont les mêmes; seule change la possible exploitation populiste antieuropéenne ou antiroumaine du cas. Économiquement bien trop « libérale » (quoique largement biasée sur ce plan, comme le relève l’auteur de l’article), l’UE ne l’est cependant pas davantage – au contraire – que le reste du monde.

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