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Secret bancaire: une souveraineté qui s’effiloche

Les victimes la mondialisation ne sont pas toujours ceux qu’on croit…

On peut s’agiter, gesticuler, comme l’UDC s’en est fait une spécialité. Jurer ses grands dieux qu’il n’est pas question de céder un pouce de la souveraineté du pays. Ces rodomontades séduisent une partie de la population, d’autant plus portée à céder aux charmes d’un mythe que le monde réel lui paraît peu compréhensible.

Le projet d’introduire le secret bancaire dans la Constitution fédérale fait partie de ce scénario. Mais cette promotion normative, si elle se réalisait, ne changerait rien à la réalité, à savoir l’effilochement constant du secret bancaire. Dernier accroc en date à ce monument de la place financière helvétique, l’obligation de mentionner le numéro de compte bancaire d’un donneur d’ordre qui transfère de l’argent à l’étranger ou qui procède à un versement en devises à l’intérieur du pays. Cette exigence du Groupe d’action financière (GAFI), un organisme intergouvernemental chargé de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, n’est pas une première. En 2004 déjà il avait introduit l’obligation de produire l’identité et l’adresse du donneur d’ordre, y compris pour les comptes numérotés. Par ailleurs, en signant les accords de Schengen, la Suisse a dû céder sur la distinction entre fraude et évasion fiscale en matière d’entraide judiciaire. Mais la concession la plus importante a été faite en 2000 en faveur des Etats-Unis: les banques suisses identifient dès lors leurs clients américains afin de prélever un impôt à la source au profit du fisc américain.

Mondialisation ne rime pas avec souveraineté comprise comme liberté absolue de comportement. Dès lors que la Suisse joue dans la cour des grands de la finance internationale, elle ne peut se soustraire aux règles que se donnent ces grands. A cet égard, l’adhésion de notre pays à l’Union européenne renforcerait sa position sur la scène internationale. Mais pour l’heure, nous semblons préférer les illusions souverainistes.

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Discussion

  • 1
    Christian Favre says:

    L’ennuyeux avec le secret bancaire c’est que rien n’est simple dans cette question.

    D’abord il faut savoir que ce n’est pas qu’une affaire suisse, par exemple si on lit le livre de Piere Péan *L’argent noir » on s’aperçoit que le secret bancaire suisse est un outil utilisé ou qui a été utilisé par l’Etat français pour payer des commisions, d’importantes commissions. Donc tout en pestiférant par médias interposés contre le secret bancaire suisse, les Français et pas seulement l’Etat en font un large usage. Voilà pour un premier point.

    Deuxième point, lorsque au cours d’un déplacement en Italie, en discutant avec un homme d’affaire italien, j’avais émis quelques critiques sur le secret bancaire suisse, cette personne m’a aussitôt repris en m’expliquant que si elle n’avait pas pu mettre de l’argent à l’abri du fisc (vorace) italien elle n’aurait en aucun cas pu monter une nouvelle entreprise qui donnait du travail à plusieurs salariés…

    Ensuite il faut dire que la Suisse actuellement n’est plus considérée dans la liste des « Paradis fiscaux » eh oui (Le secret bancaire par Sylvain Besson).

    Bon on pourrait interdire le secret bancaire partout dans le monde, il se trouverait toujours un moyen quelconque pour cacher l’argent pas blanc. Il n’en reste pas moins que le secret bancaire tel qu’il a été pratiqué avec des dictateurs, tel que Mobutu, était totalement immoral et malhonnête vis à vis des peuples spoliés. Il semble tout de même que les banquiers suisses en on pris conscience. Finalement on devrait faire un débat parrallèle: secret bancaire contre Etat vorace et inhibiteur d’emplois.

  • 2
    Philippe Berney says:

    Très bien, merci, c’est du concret. D’autre part, ne dit-on pas, que la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres. Accepter et reconnaître cette limite c’est comprendre et confesser la liberté. Il en va de même de la souveraineté. A défaut de délimitations naturelles, il reste la force ou la négociation. La négociation, la plus évoluée des deux, est devenue incontournable. Le repli sur soi n’est qu’une solution provisoire. Faire «le gros dos» ne dure qu’un temps. La Suisse l’apprendra à ses dépends et cela ne saurait tarder sauf prise de conscience entre temps.

  • 3
    Giorgio Zürcher says:

    L’article est bien clair; ce qui n’est pas clair c’est que le PSS (et d’autres partis) n’insistent pas avec force sur le fait que l’indépendence de la Suisse est autant menacée par les Etats-Unis que par l’UE et n’accusent pas les responsables de l’UDC d’hypocrisie.

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