Mode lecture icon print Imprimer

Pour une élection du Conseil fédéral ni quiète, ni coite

Pas de relâche d’ici le 12 décembre

icone auteur icone calendrier 4 novembre 2007 icone PDF DP 

Thématiques

Il y a encore dans l’album de famille de Pascal Couchepin quelques pages blanches. Dommage de les laisser vierges! Car de sa première présidence de la Confédération ont été tirées quelques très belles photos. Par exemple cette audience privée accordée par le pape Jean-Paul II. Peut-être en 2008 le verra-t-on à Pékin à la tribune des chefs d’Etat, lors de l’ouverture des Jeux olympiques d’été. A-t-il déjà pris le thé avec la reine d’Angleterre? Bref, il a annoncé à son parti qu’il quitterait le Conseil fédéral après sa seconde présidence. Le contrat sera donc de durée limitée, le temps de compléter son album. Et l’on sait déjà que l’Assemblée fédérale, à qui le peuple a confié la haute mission d’élire le gouvernement, acceptera de se faire dicter l’agenda.

Les desiderata de Pascal Couchepin arrangent beaucoup d’intérêts et d’arrière-pensées. D’où ce paradoxe: des élections jugées comme particulièrement tendues et, en fin de course, la réélection des sept sortants. L’UDC tient d’abord à assurer l’élection de Christoph Blocher, au Conseil fédéral et à la vice-présidence. Le PDC est en attente de récupérer son deuxième siège, mais ne souhaite pas une attaque immédiate et frontale. Le PS préfère, comme perdant, ne pas se faire trop remarquer. Ils ont donc un programme commun: l’album Couchepin.

Il est dès lors irrévérencieux de considérer les ministres sortants comme des candidats et, à ce titre, de leur poser des questions sur leur programme, à eux personnellement et au parti qu’ils représentent. Ce refus d’examen est une manière de sauvegarder la concordance, croit-on.

On feint de se persuader que les sept seront capables de surmonter leurs divergences, alors que les programmes affichés ont révélé des incompatibilités évidentes, alors que les discordances au sein du Conseil fédéral étaient assez bruyantes pour être perçues malgré le secret des délibérations. On se comporte comme si on devait respecter une règle constitutionnelle pourtant écrite nulle part: le Conseil fédéral se composerait de représentants des partis proportionnellement à leur force électorale. La présidente du groupe socialiste, appliquant ce principe, n’a cessé de répéter, semant la confusion: «les socialistes ne contestent pas les deux sièges de l’UDC»!

Pourtant Urs Schwaller, président du groupe parlementaire PDC, a pris l’initiative de définir quelques thèmes fondamentaux qui doivent servir de repères pour que les partis mènent une politique concordante minimale. Il a retenu entre autres la confirmation des accords bilatéraux avec l’Union européenne, notamment la libre circulation des personnes. Et aussi le financement de nos assurances sociales, y compris l’AI qui a besoin de ressources accrues. On attend la réaction des partis qui pour l’instant ne montrent aucun empressement à cette confrontation et qui ne semblent pas souhaiter cette épreuve de vérité. Il a fallu, lors de la première réunion du groupe socialiste, une longue délibération pour que soit décidée l’ouverture d’une discussion avec les autres partis.

Christoph Blocher, au lendemain des élections, se refusait à commenter publiquement les résultats. «Il y a, a-t-il dit, un temps pour parler et un temps pour se taire». Tant que le Conseil fédéral n’est pas réélu, il a choisi le silence non triomphal. Mais une fois ce cap franchi…

Qui veut faire quoi avec qui? Question simple à poser à ceux qui prétendent gouverner. A poser avant les choix, l’élection du Conseil fédéral ne devant être ni quiète, ni coite.

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9678
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9678 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

  • 1
    Luc Recordon says:

    La démarche d’Urs Schwaller es intelligente et, à ce jour, la seule prometteuse, tant pour éviter de voir la ligne blochérienne représentée au Conseil fédéral durant la rude législature qui s’annonce que pour créer une dynamique enfin un peu cohérente dans notre gouvernement.

Les commentaires sont fermés.