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Bobos, prolos, socialos

Le PS n’est pas seulement confronté à un problème de stratégie politique, mais aussi au manque de diversité de ses adhérents

icone auteur icone calendrier 27 octobre 2007 icone PDF DP 

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Aile syndicale ou bobos urbains? Milieux populaires ou jeunesse branchée? Depuis les élections du 21 actobre les commentaires autour du parti socialiste portent sur son public-cible comme on dit en marketing, comme s’il devait choisir ses électeurs. Faux débat. Le parti socialiste devrait être d’abord celui des salariés, qu’ils soient actifs ou retraités, comédien à Zurich, technicien à Soleure ou rentier AVS à Monthey.

Très bien et si l’on examinait les militants? Une sociologie des membres des partis reste à faire, mais le changement semble profond. Il y a 40 ans, souvenirs, souvenirs, le noyau militant était composé des «fédéraux» comme on disait alors, postiers et cheminots, avec un fort contingent de fonctionnaires de base des cantons et des communes, des concierges, des comptables, des employés de bureaux, des policiers, des techniciens, mais peu d’ouvriers. Les enseignants encadraient ces adhérents et fournissaient l’essentiel des élus de haut vol avec quelques médecins, avocats ou architectes. Eric Voruz, postier à 20 ans, devenu syndic de Morges et nouvel élu – à 62 ans – au National est un parfait représentant de cette époque révolue.

Aujourd’hui, il serait possible de dire  en exagérant à peine que la possession d’un diplôme d’une université ou d’une HES est une condition d’entrée au PS qui est désormais formé, en profondeur, de représentants des catégories les plus éduqués de la population. Cela ne signifie pas qu’il ne peut  conserver des positions importantes au sein des milieux populaires travaillés en profondeur par l’UDC, l’exemple vaudois le démontre bien, mais il doit un peu forcer sa nature, s’intéresser à un monde qui n’est plus le sien. Et, difficulté supplémentaire, voilà qu’une partie des élites urbaines est passé dans le camp des verts.

Le parti socialiste n’est pas seulement confronté à un problème de choix politique, ce qui au fond est assez facile à régler – après tout les débats internes servent à ça – mais surtout à la question de sa composition même qui l’éloigne inexorablement d’une sensibilité populaire et ce défi là est autrement plus difficile à relever.

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Discussion

  • Oui,c’est tout à fait ça, bravo et merci. Mais finalement, je ne trouve pas que ce soit un défi si inatteignable: on peut être un parti centré sur un fort noyau d’intellectuels et tabler sur une haute morale sociale et l’esprrit de solidarité de ces intellectuels, de sorte à pouvoir attendre d’eux le soutien spontané à un programme qui favorise à la fois une économie (de marché) solide, des finances publiques équilibrées (c’est quand même une attitude de gauche que de ne pas dépenser plus que ce que l’on a), une fiscalité à effet redistributif sans être captative ni démotivante et en même temps une défense ambitieuse de l’environnement, une amélioration de la sécurité sociale non linéaire, une amélioration juridique de la situation de ceux qui sont dans la position faible en matière de bail, de travail, de consommation ou de culture. Etre des privilégiés qui sont organisés pour défendre les moins privilégiés, c’est quand même possible!

  • @Gresso: oui, c’est possible, mais à condition que certains cessent de croire qu’un (fils de) ouvrier défendra mieux les ouvriers qu’un (fils de) « bourgeois » dont l’engagement à gauche aurait quelque chose de suspect. Il y a quelques exemples dans le passé (Marx, Jaurès, Blum n’étaient pas vraiment fils d’ouvriers…).

  • 3
    R. Lecoultre says:

    A sert-il d’être très instruit si on n’est pas fichu de gagner les élections?
    Dans la remarquable confusion politique actuelle, le PSS a intérêt à se rendre compréhensible pour éclairer la lanterne des concitoyens.

Les commentaires sont fermés.