Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963

Petits biscuits à grignoter le 21 octobre pendant la veillée électorale

Quel qu’il soit, le résultat ne clora pas le débat sur la composition du Conseil fédéral et la réélection de Christoph Blocher

Les scores des partis et des candidats qu’afficheront les médias au soir du 21 octobre sont le résultat d’une campagne électorale menée à plusieurs niveaux.

D’abord l’affrontement sur des sujets qui sont à l’ordre du jour du parlement. Quelle politique familiale? Défiscalisation des allocations pour enfants, ou investissements dans les crèches, ou distribution de bons de garde? Faut-il encourager ou freiner la concurrence fiscale? Etc, etc. Cette campagne, que l’on peut qualifier de classique, révélatrice des sensibilités et des programmes de la gauche et de la droite, débordante des meilleures intentions, a peu retenu l’attention malgré les pleines pages et les heures d’antenne.

L’UDC, quant à elle, a choisi de mener une campagne de la provocation, de titiller et d’alimenter la xénophobie, et de faire expulser le mouton noir par les blancs innocents. L’effet voulu a été obtenu. Mais sous la provocation il y a un calcul. L’UDC détermine le pourcentage du corps électoral qu’elle peut mobiliser. L’estimation se fait le plus scientifiquement possible d’après le résultat des initiatives et des référendums qu’elle n’a cessé de mener à chef. Une fois cet électorat potentiellement déterminé, sont choisis les thèmes (sécurité, asile, immigration) propres à le rassembler. Le but est de tendre vers le 30%, de s’imposer premier parti de Suisse et, comme tel, de conforter deux sièges au Conseil fédéral – puisqu’il est admis, jusqu’ici, que les principales forces politiques sont représentées proportionnellement à l’exécutif.

Enfin, le troisième niveau de campagne a été de nature plébiscitaire. Christoph Blocher était menacé par un complot! Il fallait le défendre. Voter, c’était le soutenir avec un bulletin UDC. Sa tête, format mondial, est apparue placardée dans toutes les gares de Suisse, comme s’il devait être l’élu direct du peuple.

Ces trois niveaux de campagne brouillent l’interprétation des résultats.

A supposer que l’UDC maintienne, voire améliore, son score de 2003, ce parti voudra tirer une leçon simple. Les électeurs, en le maintenant numéro 1, auront confirmé sa participation au Conseil fédéral et plébiscité la réélection de Christoph Blocher. En fait la logique plébiscitaire est celle du système majoritaire. Or, 73% des électeurs n’auront pas (à un ou deux pourcents près) voté Blocher. Plus des deux tiers, presque les trois quarts des électeurs auront fait un autre choix. Où est le plébiscite?

Mais en maintenant l’UDC comme parti premier en Suisse, les électeurs auraient confirmé sa pleine participation (deux sièges, dont celui de Blocher) au Conseil fédéral. Déduction discutable. La participation présuppose une acceptation de coresponsabilité. On ne s’y prépare pas en cultivant le populisme. Les relations conflictuelles de Christoph Blocher avec ses collègues le démontrent.

Enfin, la participation est incompatible avec le chantage. Christoph Blocher a déclaré publiquement que, s’il n’était pas réélu, il dirigerait l’opposition et qu’il serait «dangereux» (sic). Un magistrat qui fait passer son destin personnel avant le bien public qu’il est réputé servir est politiquement disqualifié.

Le résultat des élections ne fermera donc pas la discussion sur la composition du Conseil fédéral ni le débat sur la réélection de Christoph Blocher.

Bonne soirée électorale.

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9653
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9653 - Merci

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Articles par courriel

Flux RSS

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.
Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).
Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook. Je m'abonne

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus). Je m'abonne

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site. Je m'abonne

Discussion

  • Une analyse tout à fait objective et convaincante, bien dans l’esprit « mendésiste » de Gavillet et de dp. Or ces arguments ne passent pas en dehors des convaincus. Pourquoi? Leur seul énoncé devrait éclairer et secouer tout citoyen républicain et démocrate conscient. Mais il y a comme une sorte de brouillard qui empêche beaucoup de gens de voir clair. Et il y a même beaucoup de gens qui réagissent en disant « oui, bien sûr, on veut plébisciter Blocher, lui au moins a le courage de dire des vérités, notamment sur les étrangers, et on en a marre de l’angélisme des socialistes. Blocher n’a pas de tabous (tiens, comme Sarko…), il va au bout de ses promesses (aussi comme l’autre…). Et pourtant, je rêve d’une première du TEMPS ou du BUND le 22 octobre avec pour grand titre: « près de 75% des Suisses ont dit NON à Blocher ».

Les commentaires sont fermés.

Accueil

Les auteur-e-s

Les articles

Les publications

Le Kiosque

A propos de DP