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Campagne électorale: au-delà de l’écume des sondages

Une étude sur les votes parlementaires montre que l’UDC n’est pas en position de leadership

On aurait aimé des positions affirmées et un débat, par exemple sur le financement de la sécurité sociale, l’aménagement du territoire ou encore la politique énergétique. La voix des partis qui tenteraient d’aborder ces sujets serait bien vite couverte par le tintamarre de la campagne électorale; dominent les images fortes mais sans contenu politique, des accusations qui stimulent plus les émotions que la conscience politique et des scénarios de romans de gare qui voit des complots ourdis et démasqués. Le résultat des élections parlementaires intéresse peu; c’est la composition du Conseil fédéral qui occupe les esprits.

Au palmarès du baromètre électoral, l’UDC continue de caracoler en tête avec un bon quart de l’électorat, suivie par les socialistes. Par la grâce de la polarisation et de l’intérêt qu’y trouvent les médias, ces deux formations dominent assez largement la scène publique. Quant au coude à coude des perdants, révélé par la dernière livraison du baromètre, il a ouvert les paris sur qui du PDC ou des radicaux allait remporter le troisième siège gouvernemental bourgeois.

Cette terrible simplification ne doit pas faire oublier que les deux grands ne constituent pas à eux seuls une majorité au Parlement. Au Conseil national, ils parviennent tout juste à rejeter tel ou tel projet du gouvernement, mais sont bien incapables de faire passer une proposition commune. La réalité des rapports de forces est toute autre, comme le montre une analyse des 3600 votes au Conseil national depuis 1995. Malgré sa forte progression à la Chambre du peuple – de 29 à 55 sièges –, l’UDC ne peut pas influencer davantage qu’avant les décisions. Au contraire, elle ne se trouve aujourd’hui que dans 70% des cas dans le camp des vainqueurs, contre 73% dans la législature de 1995-99. Au même niveau que les socialistes (69%). Malgré leur effritement, démocrates-chrétiens et radicaux restent le pivot de toute majorité. Le PDC gagne dans 93% des votes. Et les alliances observables contredisent l’image d’un parlement où s’affronteraient systématiquement la gauche et la droite. Au cours des trois législatures, les radicaux ont relâché leurs liens avec l’UDC – de 86 à 76% de votes communs.

Dans ce contexte, l’éviction de Ruth Metzler au profit du bulldozer zurichois en 2003 constitue une erreur majeure des partis bourgeois, tétanisés par le discours conquérant de l’UDC. Si ces derniers reprennent leurs esprits et prennent conscience de l’impuissance réelle des Démocrates du centre, ils ne peuvent que corriger le tir en décembre 2007 et expulser du gouvernement une formation qui ne cesse de les traîner dans la boue et de prétendre à un leadership dont elle n’a pas les moyens.

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