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Discussion

  • 2
    Francois Launaz says:

    Pourquoi persister et dire que cette initiative prendrait 1,5 milliards dans la caisse de la confédération. Le FORTA y puise 700 millions, sans question ni explication sur la compensation. Si l’initiative est acceptée le 5 juin, cela seraient 800 millions supplémentaires, pas 1,5 milliard. Par ailleurs, en 2015 ce montant n’etait plus que de 1,390 milliard.

    Dans son message sur le FORTA, le conseil federal explique clairement qu’avec 800 millions, il manquerait 500 millions par année des 2018 dans le compte des infrastructures, ce qui amènerait une nouvelle augmentation du prix de l’essence de 4 à 6%, accompagne probablement par une augmentation de la vignette autoroutière lors de son introduction sous forme électronique. Ceci a été confirmé par madame Doris Leuthart lors de la séance du conseil d’etat du 15 mars, protocole a l’appui.
    Par respect pour vos lecteurs, ne devriez vous pas également dire que le rail lui ne couvre que 47% de ses couts. Et si vous mentionnez les couts externes, mentionnez également ce que rapporte la route. Dans tout compte de charge et de profit, il y a des charges, et des produits. Sauf dans ceux qui sont fait par les ennemis du transport individuel.

    Voter oui à l’initiative vache à lait, c’est garantir les fonds dont l’infrastructure routière a besoin des 2018, rien de plus. Sinon, alors les usagers de la route passeront une première fois à la caisse en 2018, et une deuxième fois quelques années plus tard. Défendre le non à l’intiative c’est prendre une fois de plus les usagers de la route pour des vaches à lait.

    Et pour terminer, vous avez une vision bien particulière de la solidarité. Ou alors, vous aimeriez également que les transports en commun financent également les routes. Je ne pense pas. Alors soyez honnête jusqu’au bout, dites aux électeurs que le,FORTA a besoin de 12 à 15 centimes pour remplir les tâches qui lui seront dévolues. Il y a donc deux alternatives : les taxes sur l’essence seront rapidement augmentées (Doris Leuthard mentionne 2020), ou alors tous les projets planifiés ne seront pas réalisés. C’est peut être cela votre but.

  • Merci à Pierre Jeanneret pour cette excellente (et exhaustive) présentation du « Journal » de Luc Weibel aux Editions de la Baconnière. Je prépare aussi quelque chose dans ce genre (entre la technique et la littérature) pour 2017 et vous tiendrai au courant.

  • 4
    Jeanneret Pierre says:

    Comme ancien maître de Gymnase, je ne puis qu’approuver ces propos pleins de bon sens. Et aussi comme ancien gymnasien, il y a quelque 50 ans… J’appartenais typiquement à cette catégorie – dont parle Françoise Gavillet – qui savait précisément ce qu’elle allait entreprendre comme études: j’étais donc à peu près nul dans certaines branches (scientifiques) qui, à tort ou à raison, ne m’intéressaient pas, et au contraire excellent élève dans d’autres, qui me passionnaient. Aurais-je réussi mon bac avec cette fameuse règle de compensation?…

    • 4.1
      weibel says:

      Ces propos me désolent. Comment des hommes peuvent-ils ne pas souhaiter comprendre ce que d’autres hommes cherchent à comprendre?

  • 5
    curieux says:

    Il sera très difficile, à vrai dire impossible, de contester la légitimité du « populisme » en Suisse et ceci pour la raison très simple que cela reviendrait à contester la légitimité de la Suisse moderne de 1848-1874 elle-même. Car cette Suisse moderne est congénitalement populiste. Elle a été fondée sur le populisme, il ne faut pas l’oublier.

    En effet, M. Chérix ne voit pas que la dialectique du peuple (sacralisé) contre les élites (dénigrées) a été le ressort mental et fondamental du radicalisme qui a fait la Suisse moderne dès le XIXe siècle. Il faut être bien conscient que tout l’affect démocratiste de la Suisse repose là-dessus depuis un siècle et trois quarts.

    L’autre pilier affectif fondamental est la sacralisation de la résistance populaire, au nom de la défense de nos libertés, contre les mauvaises élites vendues aux despotes non élus de la Sainte Alliance (au temps de Metternich) et de Bruxelles (aujourd’hui). C’est au nom de cette rhétorique de propagande populiste surchauffée que le radicalisme a gagné la partie en 1848 et fondé un état dont la légitimité perdure.

    Je suggère à M. Chérix de se reporter un peu à l’histoire suisse du temps de Régénération: « affaire du Conclusum », « affaire Conseil », « affaire de Flawil », etc., etc. Les élites aristo-bourgeoises conservatrices des années 1830-40 se sont heurtées, exactement de la même manière que les élites progressistes et euroturbos d’aujourd’hui, au rocher de bronze de cette passion populaire de l’indépendance.

    Inutile de remonter aux Waldstätten et à leur adage « pas de juges étrangers dans nos vallées ».

    C’est dommage pour M. Chérix et ses amis, mais aujourd’hui le pouvoir sis à Bruxelles est perçu par l’opinion, (pas seulement en Suisse, dans tous les pays européens), avec la même haine que le « système » de Metternich. Les traités européens d’aujourd’hui sont détestés de la même façon que les « odieux traités » de 1815, l’Union Européenne est devenue pour les opinions publiques la nouvelle « prison des peuples ».

    Quant à la Suisse le discours radical du XIXe siècle, quoiqu’on en dise, y est resté hégémonique. L’UDC en est l’héritière (en passant par le radical Otto Fischer, un des fondateurs de l’ASIN) et c’est la raison pour laquelle l’UDC « dicte l’agenda de la politique suisse. »

    Aujourd’hui M. Chérix se retrouve dans la même position que ceux qui en 1847 espéraient que la Diète se soumettrait à Metternich et à Guizot, les Juncker et les Schultz de l’époque. Son discours, et celui de tous les Chérix de Suisse, se heurte à cet obstacle mental, à mon avis insurmontable.

  • 6
    curieux says:

    En tous cas une chose est sûre: ce discours patronal qui nous enjoint d’accepter l’immigration sous prétexte que ce serait bon pour la croissance et l’emploi est de plus en plus insupportable. Il est bien évident que l’immigration est une source de coûts et de nuisances qui dépassent de très loin les quelques apports positifs.

  • 7
    benalou says:

    Sans doute l’intérêt de l’initiative « en faveur du service public » réside-t-il dans le fait de créer une pression salutaire sur les dirigeants des monopoles publics afin de les contraindre à devenir excellents en matière de gestion (baisse des coûts de production et amélioration de la qualité des services fournis aux usagers). En revanche, il est difficile de suivre les initiants quand ils remettent en cause le principe de l’universalité budgétaire : affecter les bénéfices des monopoles publics régulés à la baisse des prix ou à des dépenses spécifiques au secteur où ils sont réalisés et non au budget global l’Etat, constitue à la fois une remise en cause de la solidarité via l’impôt et une distorsion des choix des acteurs économiques. Sans parler du gaspillage que ce mécanisme d’affectation de ressources pourrait occasionner. Par exemple si les taxes sur les carburants sont consacrées à la construction d’autres autoroutes, il existera un risque de se trouver avec une infrastructure autoroutière surdimensionnée par rapport aux besoins de la population, avec des conséquences négatives sur l’environnement et sans doute sur le prix du foncier compte tenu de l’exiguïté du territoire. Alors que cet argent transitant par le budget de l’Etat aura servi à financer des modes de transport moins polluants, la formation, la santé, la recherche ou à subventionner les services publics fournis dans les régions rurales ou de montagne.

    Par ailleurs l’analyse économique montre de manière contre-intuitive qu’il n’existe pas de conflit entre le service public et la concurrence. Ainsi l’économiste Jean Tirole a montré dans son dernier livre «Economie du bien commun» que le rééquilibrage des prix consécutif à l’introduction de la concurrence dans les secteurs dérégulés (services postaux, télécoms, énergie…) s’est accompagné d’obligations de service universel via la création d’un fonds de compensation de service public. Celui-ci est destiné à protéger les plus démunis tout en veillant à l’aménagement du territoire.

    Enfin, l’argument des initiants selon lequel les bénéfices des monopoles publics devraient être affectés à la baisse des prix pour accroître le pouvoir d’achat passe sous silence les inconvénients liés à l’interférence dans le mécanisme des prix. En effet, Il existe d’autres méthodes pour améliorer le bien-être des ménages moins fortunés. Par exemple,la redistribution par la fiscalité directe permet d’accroître les revenus ces ménages sans pour autant altérer leurs préférences comme le font la fiscalité indirecte ou les subventions croisées. Concrètement cela signifie qu’un ménage rural ou un ménage pauvre devrait disposer plus de revenu, mais payer plus cher son courrier, son électricité ou son téléphone, et cela afin de choisir librement son panier de biens et services. La raison en est que face à la vérité des prix les individus préféreraient sans doute réorienter leur consommation. Cela pourrait in fine se traduire par un surcroît de surplus et donc de bien-être. En résumé, l’initiative semble négliger le rôle d’allocation des prix, sachant que la méthode qu’elle préconise est nuisible au principe de l’universalité budgétaire sur lequel M.Delley a mis à juste raison l’accent dans son article consacré à l’initiative «vache à lait».

  • 8
    Racine Jean-Bernard says:

    Vraiment le seul bon et tellement précieux article sur ce qui nous arrive avec cette votation. Le public que je connais est totalement perdu. Bonne citation aussi de Mme Geraldine Savary, qui a bien vu le problème et le défi proposé, manifestement peu suivie dans ses recommandations.. Mille Mercis à Mme Jaggi. Toujours au top!

  • 9
    Giorgio Zürcher says:

    Très bon et précis l’article de Jean Daniel. A propos de la discussion, j’ajouterai que l’initiative est aussi trompeuse parce qu’elle veut faire croire aux automobilistes que leurs intérêts coïncident avec ceux du fret routier. En réalité ils ont tout l’intérêt à transférer le trafic des marchandises de la route aux chemins de fer.

  • Ce texte est bien documenté, merci.
    Il aurait cependant pu éviter l’usage, qui devient compulsif, du terme « populiste » quand il s’agit de stigmatiser ceux qui ne sont pas agenouillés devant l’appareil d’État et devant ses dérives,
    Il montre l’embarras du PS dans ce dossier où le dit PS devrait, si l’on en croit ses valeurs proclamées, être au premier rang des soutiens.
    Serait-ce que les membres du PS « placés » dans ces institutions incontrôlées, ont bien manoeuvré dans les instances du parti, ou que certains cadres dudit PS espèrent s’introduire dans le fromage?
    Et que penser de la FRC, qui récidive après son soutien au Cassis de Dijon, et de SKK, qui semble être un bon imitateur des pratiques des partis « de droite » (dissimulateurs de la provenance et/ou des montants de leurs ressources)?
    Pour ce qui est de la conclusion de cet article et son pronostic de surprivatisation (qui se produirait si les parlementaires « de gauche » manoeuvraient maladroitement), si « la gauche » a reculé aux dernières élections, n’est-ce pas justement à cause de son soutien au système et à son combat contre des initiatives qui vont dans le bon sens, mais qui ont le grave tort de ne pas avoir été lancées par le PS (RBI et celle-ci, « Service public ») ?

  • 11
    Curieux says:

    Les bonnes paroles de Mme Géraldine Savary sont des vœux pieux, du moment que le PS n’ose pas soutenir cette initiative. Ce qui manque dans ce pays, c’est un parti populiste de gauche. On en aurait bien besoin pour défendre les services publics et lutter contre les abus que l’UDC ne dénonce pas, à cause de ses attaches patronales. Décidément je me sens de plus en plus populiste. Populistes de gauche et de droite unissons nous, contre l’establishment, pour les services publics, pour la Suisse!

  • 12
    Lecoultre Richard says:

    Qui peut m’expliquer le risque de privatisation causé par l’acceptation de cette initiative?

    • 12.1
      Webmestre says:

      Voir l’article à paraître mercredi 18 sur DP! Mais pour donner une première réponse: l’initiative ne définit pas un périmètre du service public; et en rigidifiant le fonctionnement de la Poste, Swisscom et des CFF, elle donne des arguments en faveur de la privatisation voulue par la droite, qui ferait échapper l’un ou l’autre de ces actuels services publics à l’application du nouvel article constitutionnel.

  • 13
    Lecoultre Richard says:

    Le plus remarquable, c’est la droite qui veut favoriser les grandes boîtes qui débauchent ou se vendent aux étrangers. Quel admirable patriotisme!

  • 14
    weibel says:

    La page numérique de 24heures vient de nous l’apprendre: « Les opérateurs téléphoniques suisses sont en train de se mettre d’accord pour bloquer les appels indésirables provenant de call-centers. »

    Il ne me semble pas audacieux d’imaginer que c’est la pression de l’initiative qui aura fait bouger les choses.

    Il ne me semble pas audacieux d’imaginer que, si le Parlement s’était préoccupé de cet épouvantable procédé des appels indésirables, et d’autres procédures de même accabit, l’initiative n’aurait pas eu lieu d’être.

    Je préfère notre démocratie assez directe à celle que souhaite Monsieur Cherix. Quelle efficacité: avant même que le citoyen ne vote sur l’initiative, elle porte déjà effet!

    • 14.1
      Jacot says:

      Totalement d’accord avec vous M. Weibel, une initiative qui fait de l’effet avant que le peuple se prononce est bien le signe que l’on a négligé des choses importantes depuis plusieurs années. La manière dont la poste traite ses clients en-dehors des villes est significative. Il est bien loin le temps où le terme « service postal universel » avait du sens.

    • 14.2
      Albert Dupont says:

      En lisant mieux les dépêches, vous verrez que cet accord est dû au travail des organisations de consommateurs, comme la FRC, (donc pas Bon à savoir et cie). Ces mêmes organisations qui ne soutiennent justement pas Pro service public. L’initiative populaire n’a rien à voir dans ce résultat. Le travail de terrain si.
      Le communiqué complet ici: http://www.frc.ch/wp-content/uploads/2016/05/Communiqué-de-presse-sur-les-appels-indésirables.pdf

  • 15
    benalou says:

    Les CFF sont confrontés à une concurrence sournoise des bus low cost à l’instar de la SNCF en France. Aujourd’hui de nombreux voyageurs souvent à revenus modestes préfèrent se déplacer en cars ou en covoiturage afin de réaliser des économies, même s’ils mettent plus de temps qu’en train. C’est pourquoi les CFF devraient faire preuve de prudence en matière des hausses des prix de billets et des abonnements sous peine d’attiser la concurrence par le transport routier et de susciter des convoitises de privatisation dans l’exploitation des services. En la matière la stratégie des autorités politiques ne semble pas claire, car d’un côté la Confédération affiche son ambition pour le développement du transport ferroviaire, mais de l’autre elle réduit les moyens financiers alloués aux CFF en contraignant ceux-ci à recourir à un programme minceur. Celui-ci pourrait se faire au détriment de la sécurité des usagers, notamment en cas de réduction du personnel affecté à l’entretien du réseau.

  • Tout le problème, matérialisé notamment par la palinodie « unanimitaire » des présidents de parti contre l’initiative, réside dans le fait que, au lieu de répondre à l’esprit de l’initiative, que permet sa lettre, les parlementaires vont se réfugier, selon leur habitude, dans une interprétation de pur juridisme (donc de mensonge et de déni), pour sauvegarder les apparences de leur pouvoir (non utilisé pour défendre les citoyens-consommateurs). Le OUI s’impose cependant, malgré ces trahisons, car les citoyens normaux (donc non-parlementaires) tiennent à ce que l’esprit et le service soient prioritaires.
    En définitive, seule la recherche par chacun/e de la hausse du niveau de sa conscience personnelle permettra de sortir des abus (parlementaires) de droit et de la déliquescence de l’éthique générale et de ses conséquences…

  • 17
    curieux says:

    Je voudrais attirer l’attention de Mme Gret Haller sur le FAIT suivant:

    Quand M. Schneider-Ammann a été reçu par le président Xi Jinping lors de sa récente visite d’Etat, il a eu droit à des honneurs exceptionnels. 21 coups de canon!

    C’est un traitement réservé d’habitude aux chefs des grandes puissances. François Hollande n’y a pas eu droit.

    De plus, le Président de la Confédération était là A L’INVITATION du Président chinois. Ce n’était pas la Suisse qui avait sollicité cette visite d’Etat.

    Pourquoi donc la Chine, premier marché de la Planète, deuxième puissance mondiale, considère-t-elle la petite Suisse comme un partenaire d’une importance telle qu’elle lui accorde une attention aussi impressionnante ?

    C’est très simple: la Suisse est intéressante PARCE QU’ELLE N’EST PAS MEMBRE DE L’UNION EUROPEENNE. C’est aussi pour cela qu’elle a réussi à obtenir un traité de libre échange avec la Chine avant qu’un tel traité ne soit signé entre la Chine et l’Union Européenne.

    Si la Suisse était membre de l’UE elle serait limitée dans ses possibilités de négociations avec de grands pays extra européens comme la Chine par une infinité de contraintes, comme le sont les pays de l’UE, et elle ne pourrait offrir aucun avantage particulier à un partenaire tel que la Chine. Elle serait littéralement pieds et poings liés.

    La non appartenance à l’UE, à l’OTAN et le statut de neutralité lui donnent une souplesse qui fait d’elle, étant donné son haut niveau industriel et technologique, un partenaire à certains égards plus important et en tous cas plus attractif qu’un grand pays comme l’Allemagne ou la France, car la Chine sait que ces grands pays si leurs économies ont une taille supérieure à celle de la Suisse, sont incapables de s’émanciper des contraintes du carcan de l’UE.

    L’UE, de plus, se comporte trop souvent de manière sourdement hostile envers la Chine, s’ingéniant à lui mettre des bâtons dans les roues, notamment en matière de transferts de technologies, etc. Ce comportement est du au fait que l’UE, en tant que protectorat américain, est tenue de freiner l’ascension de la Chine, redoutée par les Etats Unis.

    On a toujours besoin d’un plus petit que soi. Ainsi la Suisse peut tirer parti, malgré sa petite taille, de son statut d’état tiers. Etant généralement tenue pour quantité négligeable, elle peut se permettre plus de libertés. Sans doute on en est conscient à Bruxelles et on en est jaloux. C’est une des raisons pour lesquelles Bruxelles aimerait lier les mains à la Suisse dans un « accord institutionnel » pour que notre pays perde ces précieuses marges de manoeuvre.

    Ces réflexions de gens comme Mme Gret Haller, et tant d’autres, regrettant que nous ne soyons « qu’un » état tiers sont exaspérantes. Cela fait penser à Mme Bovary qui se morfond dans sa province en soupirant « Paris, Paris ». Il s’agit là de ressentiments à caractère affectif, de gens qui se sentent vexés que la Suisse soit « réduite » à un statut d’état tiers, car leur désir serait de recevoir les mêmes satisfactions de vanité que les pays de l’UE lors de leurs déplacements à Bruxelles.

    Ces gens ne se rendent pas compte que le jour ou nous serons « membres du club », comme ils le désirent tant, c’est à dire le jour où nous ne serons plus un « état tiers », nous n’aurons alors plus aucun intérêt sur l’échiquier du monde. Nous ne pèserions alors pas plus que le plus insignifiant des membres de l’UE.

  • 18
    Steve Roeck says:

    La Suisse une démocratie directe ? Depuis quand le Peuple suisse peut directement, sans ses « représentants » concevoir et rédiger une loi ? Aucune démocratie est directe, cela n’existe pas, pire le terme démocratie est abusif car nous sommes dans un régime représentatif, la Démocratie est le régime dans lequel le Peuple est souverain. En Suisse, seul les représentants élus sont souverains.
    La démocratie directe est un régime politique dans lequel les citoyens exercent directement le pouvoir, sans l’intermédiaire de représentants. Initialement équivalente au concept de démocratie depuis l’antiquité grecque, la qualification progressive des régimes représentatifs comme démocraties a conduit parfois à l’usage du qualificatif « direct », ou semi-directe pour la démocratie suisse, pour distinguer techniquement les pratiques qui se rapprochent de l’expérience du siècle de Périclès.
    La démocratie athénienne, au vie siècle av. J.-C., est le premier et unique exemple de démocratie directe dans l’antiquité.

  • 19
    curieux says:

    Tout de même curieux quand on y pense.

    Peut-être que cela nous indique aussi la profonde inanité de l’idéologie de haine de soi post soixante-huitarde anti réduit, anti Guillaume Tell, anti Winkelried, anti Heidi, anti Guisan, bref anti tout ce qui fait vibrer la fibre la plus profonde des « Suissesses et des Suisses », comme disait une certaine Micheline, qui elle du moins comprenait cette sensibilité-là.

    On a grand tort de parler à ce sujet de « mythes », de folklore, de passéisme, de kitsch et autres noms d’oiseaux, et de sourire d’un air entendu plein de mépris pour ces enfantillages. Peut-être après tout que Gonzague de Reynold, Denis de Rougemont, Gottlieb Duttweiler et les autres personnages baroques qui avaient pensé et animé la Ligue du Saint Gothard, aux temps des périls, sentaient mieux la Suisse que nos intellectuels progressistes. Au lieu de lutter contre le rêve, il ont su s’en servir. Ca a marché, et ça marche encore: la preuve !

  • 20
    benalou says:

    Dans les années 1970 grâce au syndicat des étudiants (UNEF) j’ai obtenu un job d’été dans la presse. Ainsi j’ai pu travailler à L’Humanité et au journal Le Monde comme ouvrier. Le syndicat du livre était puissant et contrôlé par la CGT. Celle-ci affichait une solidarité sans faille avec les camarades de Moscou. Les camarades qui exprimaient un soutien critique ou développaient des idées proches des thèses défendues par le parti communiste italien (en particulier Enrico Berlinguer) étaient très mal vus.

    Cependant, dans l’ensemble la CGT, malgré son alignement sur le PCF, jouait son rôle de syndicat: défense des intérêts des travailleurs (revendications salariales, améliorations des conditions de travail et de protection sociale, droits à la formation, participation des travailleurs aux décisions de l’entreprise). En tout cas, la CGT ne recourait pas à l’arme de chantage, même dans les pires moments des tensions avec les patrons de presse soucieux de gains de productivité, comme c’est le cas aujourd’hui avec la nouvelle direction.

    La radicalisation de la CGT s’explique par l’érosion de ses adhérents liée au déclin de l’industrie et à la concurrence avec la CFDT. En France il est de notoriété publique que les syndicats sont faibles et sont surtout présents dans le secteur public. En face on a également un patronat obtus qui ne semble pas répondre aux incitations données par les pouvoirs publics, car son rêve est d’obtenir une flexibilité à outrance sans contrepartie, le nouvel argumentaire développé par la CGT est que notre système de protection sociale est, semble-t-il, un modèle pour la terre entière au même titre que notre modèle d’Etat laïque. Si tel avait été le cas, on n’aurait pas eu un taux de chômage global dépassant les 10% et un taux de chômage des jeunes plus élevé que celui qu’on observe en Allemagne ou en Suisse.

    Bref le comportement de la nouvelle direction de la CGT est en rupture totale avec l’esprit du « syndicalisme rassemblé » initié par l’ancien secrétaire général Louis Viannet. Le retour aux méthodes anciennes basées sur la protestation et les actions spectaculaires ne semble pas approprié à la situation économique actuelle. Celle-ci requiert des syndicats forts et responsables, sachant que si la croissance es actuellement en berne en France, ce n’est pas à cause du code du travail (certes celui-ci a besoin d’un lifting) mais en raison des carnets de commande et d’une politique budgétaire inappropriée au niveau de l’’Europe.

  • 21
    Giorgio Zürcher says:

    Excellent article sur la double voie de la formation; il ne faut pas en faire un mythe, cependant Strahm a raison.

  • 22
    Espero Berta says:

    Bien que tessinois je pense que le Lötschberg méritait et mérite encore une plus grande attention. En effet l’Italie a positionné à Novara le croisement entre le ligne Lyon Turin Milan Kief et la ligne Gêne nord de l’Europe. Cette situation oblige la Suisse a investir dans la ligne Bellinzona Luino pour dévier les trains marchandise du Gothard sur Novara. Le Gothard sera vraiment utile si le transfert des camions sur le rail se réalise. Il est évident que le doublement du Lötschberg et la modernisations du Simplon sont urgents

  • 23
    J. Jacot says:

    Très bonne remarque, il ne faut pas confondre corrélation avec relation de cause à effet. Le canton de Neuchâtel a un chômage proche de celui de Genève. La formation duale y est fortement encouragée et c’est le canton le plus industrialisé de Suisse. Comme quoi les problèmes sont souvent complexes et il faut éviter de tirer des conclusions hâtives.
    Très bon article, merci, je vais lire le livre.

  • Cher Monsieur,

    Visiblement, la liberté de presse, sous votre plume, c’est aligné couvert! Gare à toute interprétation diverse: c’est là «manipulation» et manque d’«éthique»! La version du cartel des éditeurs est-elle la seule ayant droit de cité sans risquer le «dérapage»?

    Première chose: l’action n’a pas été «condamnée par l’ensemble des quotidiens, de gauche comme de droite», puisque le seul organe de gauche – l’Huma – a publié la tribune. Quelle drôle d’idée, d’ailleurs, de publier un texte du patron de la CGT en plein conflit social national, alors que cet homme est la cible de toutes les critiques… Hors sujet, on le voit bien.

    Pour autant, le refus unanime des éditeurs (que vous célébrez de façon erronée) de publier ce texte ne me paraîtrait pas un signe de vitalité du «droit des lecteurs à être informés» ni de la liberté de presse en France. Le dernier classement de RSF le confirme, plaçant la France au 45e rang. A cause de la CGT sans doute?

    «Dérapage», dites-vous, car je ne condamne pas avec la meute? Et comment appelez-vous le fait de traiter la CGT de 2016 de «stalinienne»? Indécence? Il me semble que la Loi de Godwin a ici un pendant de plus en plus populaire.

    Donc, vous exigez que l’on qualifie une mesure de lutte (de rétorsion) de «chantage»*? Rien de très original, vous êtes dans le lexique de la «violence des dominés», comme ces grèves devenues «prises d’otage». Je continue de penser que cette action était maladroite mais pas incompréhensible devant les difficultés du mouvement social à faire entendre sa voix dans une presse très hostile (www.acrimed.org/Trois-mois-de-couverture-mediatique-des).

    De même, je continuerais de penser que la liberté du journaliste n’est pas supérieure à ses devoirs, notamment en regard du droit à l’expression et du droit du public à être informé.

    *Vous parlez de menace? Lisez la version de Libé: http://www.liberation.fr/futurs/2016/05/26/comment-la-filpac-cgt-a-bloque-la-parution-des-journaux-nationaux-jeudi_1455346

  • 25
    Albert Jaussi says:

    Très bon article. Les autorités compétentes devraient également travailler sur la reconnaissance d’équivalence au niveau européen de certaines professions qui requièrent en Suisse une formation duale et ailleurs tertiaire. Exemples: technicien dentiste, hygiéniste dentaire, opticien, droguiste, et probablement beaucoup d’autres. Il est aussi important que les responsables des ressources humaines des entreprises, qui parfois sont étrangers, soient informés des différences de formation qui ne devraient pas constituer pas un inconvénient à l’engagement.

    Quant aux titulaires d’un titre universitaire en science sociale, politique, en littérature, philosophie, psychologie ou théologie, ils ne devraient pas être des chômeurs en puissance mais peuvent être intégrés dans le monde du travail, public et privé. Leur formation leur offre une solide base intellectuelle qui leur permet d’absorber assez rapidement le savoir pour beaucoup de tâches dans le commerce, la vente, les achats, les RH, le conseil, etc.. Ces titulaires constituent un réservoir non négligeable et il serait faux de considérer leur capacités intellectuelles comme une tare. Tout au contraire! J’ai fait moi-même de très bonnes expériences avec de telles personnes qui ont aussi apporté des compléments enrichissants dans les approches.

  • 26
    Pedro del Río says:

    A part le problème de la distinction entre cause et effet, les corrélations ayant les cantons comme unité d’analyse souffrent de ce que les épidémiologistes appelleraient l’erreur écologique (ecological fallacy) : on ne peut pas tirer des conclusions sur les individus à partir de données agrégées. Si dans une comparaison entre cantons on trouve une corrélation positive entre taux de chômage et taux d’académiciens, ceci n’implique pas qu’à niveau individuel les académiciens présentent un taux de chômage plus haut que ceux qui ont suivi une formation duale.

    Pour illustrer ce que je viens d’écrire voici un exemple numérique. Prenons deux cantons, A et B, avec 100 000 habitants en âge de travailler chacun. Pour simplifier je partage cette population entre ceux qui ont « fait des études » (« académiciens », ACAD) et ce qui ont suivi un système dual (non-académiciens, NON-ACAD).

    Supposons :

    Canton A :
    taux d’ACAD : 20% (20 000 ACAD et 80 000 NON-ACAD)
    taux de chômage parmi les ACAD : 5% (1 000 / 20 000)
    taux de chômage parmi les NON-ACAD : 10% (8 000 / 80 000)

    Canton B :
    taux d’ACAD : 10% (10 000 ACAD et 90 000 NON-ACAD)
    taux de chômage parmi les ACAD : 2% (200 / 10 000)
    taux de chômage parmi les NON-ACAD : 4% (3 600 / 90 000)

    Donc :
    taux de chômage total dans le canton A : 9% (9 000 / 100 000)
    taux de chômage total dans le canton B : 3.8% (3 800 / 100 000)

    Avec l’individu comme unité d’analyse, dans chaque canton les NON-ACAD ont un taux de chômage 2 fois plus haut que les ACAD. Si on prend le canton comme unité d’analyse, le canton qui a plus d’ACAD a aussi un plus haut taux de chômage.

  • 27
    Niklaus Ramseyer says:

    En fait le rôle de l’Iran en Syrie est plutot positif. Car c’ est un des quatres acteurs locaux qui pourraient en finir avec l’horreur et les atrocitées de l’ Etat Islamique. Les autres trois sont: Les Kurdes (avant tout), les troupes d’Assad et le Hizbollah. De toute façon ce sont plutôt l’Arabie Saoudite, la Turquie et (secretement) les Etats Unis qui brouillent le jeu et sabotent toute solution: Les USA qui secretement ont commencés la guerre depuis la Jordanie (camps d’entrainement pour les « bon terroristes » depuis des années!) afin d’eloigner Assad (« regime change, take down governments »). Les Saudis qui financent le Daesh (tout en restant un bon ami de Washington!) et le Turc Edogan qui s’en mele seulement pour continuer son atroce guerre contre les Kurdes. Vôtre analyse est ainsi completment fausse. Comme aussi la critique de notre Président J. Schneider-Ammann pour son voyage en Iran: ce pays n’ a jamais été un adversaire ou enemi ou un problème pour la Suisse. Comme Etat neutre nous entretenons de bonnes relations aussi avec des regimes problematiques et beaucoup plus belligerant que l’Iran: Avec les Etats Unis, avec la Russie, avec Israel, le Coré du Nord, l’Arabie Saoudite,etc. Cela fait la haute credibilitée et le respect de notre pays dans le monde, que notre politique exterieure ne soit pas noire et blanche, simpliste et militarisée.

  • 28
    benalou says:

    Merci Madame Jaggi pour cette excellente analyse du livre de Jean-Christian Lambelet. Ce dernier est un grand défenseur de l’indépendance dela BNS. Il nous explique également que l’efficacité de la politique monétaire dépend davantage de la qualité des dirigeants et des économistes en chef de l’Institution plutôt que d’un schéma théorique préétabli. Cette observation est discutable dans la mesure où les dirigeants cités et trouvant grâce à ses yeux, ne sont pas seulement des pragmatiques qui savaient évaluer la situation économique pour prendre les décisions idoines, mais aussi c’étaient des économistes avec un modèle en tête (souvent monétariste). Néanmoins un point sur lequel on rejoint M.Lambelet est que le franc fort n’est pas une première dans l’histoire monétaire. A cet égard DP a publié cinq articles de Jean-Pierre Ghelfi. Rien de nouveau sous le soleil.

    Cependant le livre pose un regard sur le passé et semble s’abstenir de dessiner en pointillé l’avenir monétaire de la Suisse. Alors que la politique monétaire menée par la BNS au cours de ces dernières années semble avoir atteint ses limites dans la mesure où la BNS donne l’impression qu’elle ne maîtrise plus son destin. En effet elle est souvent dans une position réactive face aux événements plutôt que préventive. En outre l’efficacité de ses actions est fortement conditionnée par les incertitudes affectant la zone euro. Et cela en raison de la forte dépendance de l’économie suisse vis-à-vis de la zone euro. De ce point de vue la planche de salut résiderait sans doute dans la diversification géographique des échanges économiques. Mais force est de constater qu’une telle stratégie ne pourrait porter ses fruits qu’à long terme. En attendant le franc pourrait faire souffrir l’industrie exportatrice et ses salariés, tout particulièrement si les partisans du «leave» l’emportaient en Grande-Bretagne avec l’effet domino sur des pays comme la France. Un peu de patience, le voile d’ignorance sera levé sous peu.

    Par ailleurs la question de l’indépendance de la BNS n’est pas négociable aux yeux de Jean-Christian Lambelet, sachant que cette idée semble dominante dans l’opinion, en dépit des contestations émanant des certains milieux économiques (par ex l’horlogerie) et des syndicats. Cependant, ce statut de vache sacrée risque d’être remis en cause si la surévaluation du franc persiste. Car, s’il est admis que la monnaie est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des hommes politiques préoccupés par le court terme et l’agenda électoral, il est aussi vrai que la gestion de la monnaie déléguée à des techniciens ou experts non élus au suffrage universel suscite des interrogations. En effet les décisions prises par les technocrates ont des conséquences économiques, sociales et politiques.
    En conséquence la Suisse devrait s’atteler à la résolution de l’équation suivante : mettre la BNS à l’abri des groupes de pression et dans le même temps rendre plus responsables les membres du Directoire en conditionnant leurs rémunérations ou le budget de l’institution à la qualité des résultats découlant des décisions. Autrement dit il faudrait revisiter la relation de délégation de la politique monétaire en y injectant une forte dose d’incitations et de responsabilité. Comme toute entreprise la BNS est condamnée à innover pour s’adapter à un monde en proie à l’incertitude. Pour l’heure elle ne dispose que de deux instruments à savoir l’intervention sur les marchés et les taux d’intérêt négatifs. Cette dernière mesure est une chose inédite dans l’histoire de l’humanité : le prêteur verse des intérêts à l’emprunteur. C’est le monde qui marche sur la tête. Ces mesures non-conventionnelles pourraient se révéler comme un cautère sur une jambe de bois tant que les incertitudes persistent au sein de la zone euro et de l’UE. Sachant que le projet d’adhésion de la Suisse à l’UE vient d’être enterré par le CF avec la bénédiction de la Gauche. Enfin notons que les taux d’intérêt négatifs censés affaiblir l’amour pour le franc pourraient mettre sur la paille les caisse de pension et les petits épargnants.

  • 29
    Jean-Jacques Isaac says:

    Merci à Françoise Gavillet pour ces lignes très justes. Je ressens aussi la sincérité, la modestie et la très grande honnêteté d’Anne-Catherine Menétrey-Savary, qui en effet ne prend aucun prétexte pour se mettre en avant, mais veut uniquement chercher la meilleure analyse possible de situations politiques complexes. Du grand art… politique !

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