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Discussion

  • 4
    Albert Jaussi says:

    Cette initiative d’autodétermination est scandaleuse. Quand on peut lire son auteur principal, le professeur de droit Vogt (UZH), reprocher à ses contradicteurs de ne pas s’engager pour un Tribunal fédéral avec une cour constitutionnelle, et d’accepter ainsi qu’une cour étrangère non élue directement ou indirectement par le peuple suisse, soit la Cour de Strasbourg, fasse de facto office de cour constitutionnelle suisse, c’est l’hôpital qui se fiche de la charité.

    La partie bourgeoise du Parlement suisse n’a pas voulu d’une cour constitutionnelle, particulièrement l’UDC, le parti du Prof. Vogt, qui y était fondamentalement opposée et qui y voyait une limitation des droits populaires. C’est justement dans notre système de démocratie semi-directe avec un droit d’initiative du peuple au niveau constitutionnel, dans l’exercice duquel une majorité même mince décide (the winner takes it all), et en l’absence d’une juridiction constitutionnelle suisse, qu’il est vital pour la défense des droits fondamentaux que le citoyen puisse se référer à la CEDH avec accès à la Cour de Strasbourg. Il en va du droit des minorités et de la protection des citoyens (personnes physiques et morales) contre les excès de l’Etat.

    Etrangement, et je le répète, le Prof. Vogt fait partie d’une minorité respectable qui doit défendre durement ses droits et il ne trouve rien de mieux pour atteindre son but anti-UE, que de faire appel à une partie des citoyens conservateurs dont la majorité est illibérale aussi envers cette minorité. Sans la CEDH et sans cour constitutionnelle suisse, il manque une pierre angulaire à l’édifice juridique suisse, ce qui est inadmissible.

  • 5
    curieux says:

    D’où sortez vous que cette initiative « exige que notre pays se retire de la CEDH »? C’est absolument faux. Elle se contente de dire que s’il devait advenir à l’occasion, qu’une décision prise en votation populaire (par exemple l’interdiction de construire des minarets) puisse être considérée comme en conflit potentiel avec un principe de la CEDH (cela dépendrait encore de la manière dont on interprète ce principe) alors la décision du pouvoir constituant légitime, c’est évident, doit prévaloir sur le droit international. C’est tout autre chose.

  • « Les hommes sont tellement bêtes qu’une violence répétée finit par leur paraître un droit » (Helvetius)

    C’est exactement ce que l’UDC est en train de nous démontrer avec sa triste initiative qui ne peut aboutir, à terme, qu’à l’arbitraire…sans plus aucune possibilité de saisir un juge indépendant !

  • 7
    Albert Jaussi says:

    Il est à mon avis nécessaire de placer cette initiative dans le contexte idéologique dans lequel se meuvent les têtes pensantes des initiants. Dans les années 50 du siècle écoulé, l’idée d’une révolution conservatrice s’est développée, en Allemagne surtout et dont un des théoriciens déterminants fut un journaliste et écrivain bâlois établi Outre-Rhin, Armin Mohler. Christoph Blocher est considéré avoir été influencé par ce mouvement. La nouvelle droite et la droite nationaliste actuelle en sont l’émanation plus ou moins directe. Contrairement aux néo-nazis et les néo-fascistes, auxquels on ne peut affilier en général les représentants de la nouvelle droite nationaliste actuelle, l’UDC, l’AfD, Putin, Orban, Kaczniski etc.

    Ces mouvements ont tous en commun, in fine, qu’ils refusent la prévalence des valeurs des Lumières et de celles d’égalité, de fraternité et de liberté de la révolution française, dont la CEDH en est aussi le reflet. Ils prétendent souvent dépasser les clivages de droite et de gauche. Ils revendiquent une société dans laquelle les droits individuels doivent faire place à l’intérêt collectif (qui le définit ?) et dans laquelle l’individu doit rechercher son épanouissement dans un sentiment presque transcendé d’appartenance à un groupe, à une collectivité ou à une nation où il peut se sentir accepté, d’où une sorte de pseudo-libération. Il n’est pas étonnant que ces mouvements aient leur pendant dans le monde religieux conservateur ou fondamentaliste, qu’elles qu’en soient les dénominations.

    Ces mouvements attaquent non seulement la gauche, mais aussi et souvent avec autant de véhémence, les bourgeois libéraux et humanistes, qui se réfèrent eux-aussi en majorité aux valeurs des Lumières et de la révolution française, dont le représentant traditionnel en Suisse est le PLR, mais aussi les socialistes libéraux et humanistes. Les idées de ces mouvements, dont le côté anti-establishment envers le PLR, ont attiré pas mal d’anciens gauchistes dans l’UDC, par ex. Markus Somm et Roger Köppel.

    Cette initiative est pour la nouvelle droite dont fait partie la droite nationaliste une étape dans son combat contre la prééminence des valeurs fondamentales des droits humains au profit d’une société qui ne peut être identitaire et homogène qu’en application de leurs idées. C’est une attaque contre une société libérale. C’est pour cela que tous ces mouvements sont désignés « illibéraux ». Certains le revendiquent d’ailleurs ouvertement (comme aussi certains milieux gauchistes).

    • 7.1
      curieux says:

      Ce que vous nous dites là est intéressant cher Jaussi, mais à mon avis il n’y a pas plus que 0.5% des militants UDC qui aient, ne serait-ce que connaissance du concept idéologique que vous décrivez. Et je suis bien sur que même parmi les « têtes pensantes », il n’y en a pas 2%. Et qu’on ne vienne pas nous dire que ce sont ces 2% là qui dirigent toute la manoeuvre.

      Ce serait plus confortable pour les gardiens du temple comme vous, cher Jaussi, d’imaginer qu’on a affaire à une entreprise proprement contre révolutionnaire comme vous le suggérez. Mais vous vous méprenez, et en conséquence la lutte contre l’UDC sera beaucoup plus difficile pour vous à mener que si votre thèse était conforme à la réalité.

      Je suis désolé, mais en fait l’UDC et le gros de ses troupes et de ses électeurs ne sont porteurs que d’une vision de la Suisse qui était celle du radicalisme encore dans les années 1970 et même 80. Si vous voulez, je dirais que l’UDC c’est le parti radical et son programme tel qu’il était incarné par Paul Chaudet et même par Georges-André Chevallaz. Le corpus idéologique est donc celui des Lumères, désolé de vous le dire. Mais il est souverainiste. C’est là dessus que s’est fait le clivage.

      En réalité c’est un peu comme l’attraction de Trump aux USA. Les électeurs patriotes sont en colère, très en colère même, contre les dirigeants des partis mainstream: républicains et démocrates aux USA, radicaux et démo-chrétiens en Suisse, parce que ces partis ont abandonné la défense de la patrie au profit, précisément, d’une nouvelle conception (qui n’est apparue que dans les années 1990) du multilatéralisme, de l’abandon de souveraineté en faveur de l’ONU, de l’UE, etc., en tournant le dos à l’intérêt national, des Etats-Unis, de la Suisse.

      Ces électeurs se sentent trahis. Je me sens trahi. Je suis trahi en fait, à mon avis.

      En Suisse tous ces électeurs ont rejoint l’UDC et ne reviendront pas au bercail à moins que le PLR et le PDC ne redeviennent clairement eurosceptiques et mettent à nouveau la défense de l’intérêt national suisse au premier plan, au besoin même contre l’UE.

      La frange intellectuelle INSIGNIFIANTE qui a lu Armin Mohler, vote peut-ête UDC, évidemment. Pour qui d’autre pourrait-elle voter? De même la frange rouge vif marxiste révolutionnaire vote PS ou Vert. C’est évident.

      Mais les tenants de la Révolution conservatrice n’ont aucune influence. Même Oscar Freysinger, que vous soupçonneriez peut-être d’être influencé par ces idées, a mené toute sa campagne contre les minarets, absolument pas sur le thème nationaliste ou de défense de la civilisation chrétiene, mais exclusivement sur la défense des valeurs libérales des Lumières. Relisez ses discours.

  • 8
    Martinet, Philippe says:

    N’ayant pas le tiers du quart de l’expertise d’Y.Jaggi et B. Kappeler sur le sujet, je me permets juste de partager l’impression que cet article passe un peu à côté des enjeux pour le pays, en croisant quelques lectures récentes:
    – duopole? On sait que Lidl et Aldi font de plus en plus mal à nos deux leaders historiques. Une concurrence de fait paraît avoir compensé l’immobilisme parlementaire…
    – entreprises socialement responsables? Il me semble que les deux mammouths ne sont plus vraiment en pointe pour leur personnel (cf. salaire minimal)
    – et que dire de leur rôle par rapport à la survie du monde agricole, ayant lu que la marge de nos distributeurs était la plus grande d’UE, alors que les producteurs sont de plus en plus sous perfusion étatique?

    Bref, merci chère Yvette d’approfondir la réflexion.

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