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Le débat autour du climat

Communiqué du G8 ou initiative populaire, quelle efficacité?

icone auteur icone calendrier 8 juin 2007 icone PDF DP 

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Une nouvelle initiative dite «pour un climat sain» vient d’être lancée. La récolte de signatures a débuté. Il s’agit, à l’horizon 2020, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre en Suisse de 30% par rapport aux valeurs atteintes en 1990. L’objectif est-il réaliste? Si l’on suppose que l’initiative aboutisse, une votation est probable en 2009. En cas d’acceptation, il restera 11 ans pour atteindre les objectifs, délai plutôt  bref.

Les problèmes climatiques sont planétaires et ce sont d’abord des accords internationaux qui peuvent entraîner une réduction conséquente des gaz à effet de serre. Le sujet est au centre des discussions du G8 qui se tient en Allemagne. Bien sûr comme d’habitude les effets d’annonce seront suivis de résultats mitigés. Mais vaille que vaille, des normes internationales se mettent peu à peu en place au fil des conférences.

La Suisse ne peut faire cavalier seul. L’exemple des filtres à particule est éloquent. En bon élève notre pays voulait obliger les véhicules diesels neufs à posséder des filtres à particule dès 2008, avant de reculer et de s’aligner sur l’Union européenne qui met en place cette mesure en 2009. Notre pays aurait très bien pu maintenir sa décision qui ne posait pas de problèmes techniques particuliers, mais l’alignement sur le calendrier européen était la solution la plus simple.

Cette initiative pour un climat sain est-elle coup d’épée dans l’eau? Un exercice inutile? Elle permet bien sûr de maintenir la pression autour des questions liés au climat, mais est-ce la meilleure formule pour parvenir à des solutions réelles dans un domaine où la coopération internationale est la seule voie efficace?  Il est permis de s’interroger, mais il est vrai qu’une initiative reste une formidable caisse de résonance et surtout le rare et peut-être le seul moyen de créer en même temps un débat dans toutes les régions linguistiques du pays.

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Discussion

  • 1
    Michel Bourqui says:

    Bonjour,

    Je suis surpris de lire dans votre article que cette initiative placerait la Suisse comme un « cavalier seul », faisant mine de premier de classe, peut-etre.

    L’Europe a fait une conference de presse le 10 janvier 2007 a Brussel dont je cite un paragraphe ci-dessous, et qui contredit votre article:

    « The European Commission today proposes a comprehensive package of measures to establish a new Energy Policy for Europe to combat climate change and boost the EU’s energy security and competitiveness. The package of proposals set a series of ambitious targets on greenhouse gas emissions and renewable energy and aim to create a true internal market for energy and strengthen effective regulation. The Commission believes that when an international agreement is reached on the post-2012 framework this should lead to a 30% cut in emissions from developed countries by 2020. To further underline its commitment the Commission proposes that the European Union commits now to cut greenhouse gas emissions by at least 20% by 2020, in particular through energy measures. »

    Le texte integral se trouve a cette adresse  sous « Press Release » dans toutes les langues.

    Je releve aussi une bizarrerie dans votre troisieme paragraphe: « L’exemple des filtres a particules est eloquent… » semble introduire un exemple « eloquent » ou la Suisse a fait cavalier seul, pour finalement reveler que son agenda a ete change de tout juste une annee. Pour moi cet exemple n’a rien d’eloquent. Un changement d’agenda d’une annee est plutot insignifiant.

    Par contre ce qui n’est pas insignifiant et que vous ne mentionnez pas dans votre article, c’est de mettre en route un debat public sain en Suisse sur les objectifs post-Kyoto. Et cette initiative est des plus necessaire dans ce sens.

  • 2
    François Marthaler says:

    J’aime bien l’idée selon laquelle l’Etat fixe des cibles et un calendrier au secteur privé plutôt que d’imposer des solutions techniques. Dans le cas des émissions polluantes des véhicules, cette stratégie a apporté des résultats plutôt probants. Tellement probants d’ailleurs que les réponses de l’industrie arrivaient généralement avant l’échéance fatidique fixée dans la « road map » de l’Union européenne. C’est ainsi que l’on sait très bien fabriquer des véhicules diesel avec filtre à particules efficace. J’ai donc été déçu par la décision du Conseil fédéral. Mais je peux aussi la comprendre dans la mesure où une décision dissidente pourrait crisper l’industrie et remettre en cause l’ensemble de cette politique incitative.

    Chacun reste libre d’acheter un véhicule équipé d’un FAP: c’est tout bénéfice pour l’industrie (amortissement des investissements en R&D pour ceux qui y ont consenti), pour l’environnement et pour la santé de tous.

    De même pour la réduction des émissions de CO2. Si l’on postule qu’il faudra bien réduire celles-ci de 30 ou 50%, les pays qui auront anticipé cette évolution en retireront un avantage comparatif (compétitivité, innovation, réduction des coûts de production, diminution de la facture énergétique) avant les autres. Avec en plus des avantages environnementaux et sociaux.

    Bien sûr, les salons du Titanic sont confortables et le commandant n’a pas encore prononcé le sauve-qui-peut. Est-ce une raison suffisante pour renoncer à mettre une chaloupe à la mer?

Les commentaires sont fermés.