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Crise d’autorité

L’affaire du 1er Août au Grütli de Micheline Calmy-Rey ne fait que commencer

Cela aurait dû être une actualité banale comme un discours de 1er août, précisément. Mais dès maintenant, c’est une crise d’Etat.

La présidente de la Confédération voulait utiliser la mythique prairie du Grütli pour donner le 1er août un écho prolongé et amplifié à la reconnaissance de la place des femmes dans la cité. C’était une bonne idée. Les mythes de l’helvétisme, inventés à la  fin du XIXe siècle, sont, comme le voulait l’esprit de l’époque, exclusivement masculins. Il était donc légitime, au XXIe, de tenter d’écrire un nouveau chapitre dans une cérémonie où les femmes ne seraient plus des figurantes, mais des premiers rôles.

Ce projet a été sabordé par lâcheté et avarice. Le canton concerné, Uri, a fait savoir qu’il n’avait pas les moyens, en hommes et en argent, pour assurer la protection d’une manifestation. Elle risquerait d’attirer des contre-manifestants au crâne rasé. Les cantons voisins, dont Lucerne et Schwyz, indirectement concernés comme ports d’embarquement, se sont associés à ce refus. La fondation, propriétaire de la prairie, par la commission du Grütli, a déclaré renoncer à toute manifestation. Quant au Conseil fédéral, seul Christoph Blocher s’est exprimé. Pour lui, cette fête doit rester une fête qui ne coûte rien à la collectivité.

Ainsi, dans la Suisse d’aujourd’hui, il y aurait des zones où, par peur d’une menace latente, on renonce à faire respecter la liberté d’expression, des zones de non-droit où la présidente de la Confédération n’est pas bienvenue.

C’est une crise grave de l’autorité, à plusieurs niveaux.

Celui, primordial, du Conseil fédéral. La Constitution le rend responsable de l’ordre institutionnel. L’article 105 précise: «Il prend des mesures pour préserver la sécurité intérieure». Or au lieu de considérer que son autorité est bafouée en la personne de sa présidente, il traite l’affaire avec désinvolture et un esprit de rivalité préélectorale vulgaire: bien fait pour celle qui voulait faire son cinéma! Mais cette crise d’autorité touche aussi les cantons. Ils ont l’obligation de s’entraider, puisque le peuple n’a pas voulu que soit créée une police fédérale. Or  ils se dérobent ou demeurent passifs.

Le dossier n’est pas clos. Micheline Calmy-Rey a annoncé son intention de se rendre sur la prairie à titre personnel. Son déplacement médiatisé exigera de fortes mesures de protection. Et l’on se retrouvera dans la situation que les responsables voulaient lâchement éviter. Mais d’ici là les parlementaires auront l’occasion d’interpeller le Conseil fédéral sur son comportement indigne. Il faut souhaiter que, dans les parlements cantonaux aussi, les députés interrogent les Conseils d’Etat pour savoir quel renfort ils seraient prêts à apporter au canton d’Uri s’il les sollicitait.

Impossible de laisser passer!

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Discussion

  • merci de votre article. C’est une évidence qu’il ne faut pas laisser passer une telle décision scandaleuse. Si la présidente avait été un homme, et UDC de surcroit, on n’aurait pas fait de difficultés.
    Comment faut-il faire pour que cette manifestation ait lieu? pourriez-vous publier les noms des cantons qui ont décidé de participer à son financement? et lancer une pétition pour les autres cantons?

  • 2
    Bernard Erlicz

    Mme Calmy-Rey est la nouvelle Jeanne d’Arc, luttant presque seule pour bouter les néonazis hors de Suisse. La gauche unanime monte au front car l’extrême-droite est à deux doigts de conquérir le pays, en effet, les crânes rasés empêchent la liberté d’expression et créent des zones de non-droit dans notre pays. Alors, vrais démocrates et amis de la liberté, tous aux barricades ! Libertad ! No Pasaran ! … et trois ratons laveurs !

    On croit rêver ! Les quelque 1200 extrémistes de droite ont commis environ 65 actes de violence en 2006… contre 148 pour l’extrême gauche (rapport Fedpol sécurité intérieure) !

    Notre présidente est membre d’un parti dont l’idéologie est basée sur les postulats de l’égalitarisme, de l’internationalisme, de l’universalisme et du relativisme… Quel rapport peut-elle bien avoir avec la Patrie et la Nation? Une nation, c’est un groupe humain auquel on suppose une origine commune ou qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun; la patrie, à la base, c’est la terre de ses pères.

    La gauche se bat depuis des années pour supprimer nos frontières, faire venir des migrants du monde entier et leur donner le droit de vote et la nationalité suisse le plus rapidement possible. La conséquence en est un changement dans la composition de la population: les habitants ont des origines, une histoire et une culture de plus en plus différentes, donc une perception de la vie et du monde de plus en plus différente… Où se trouve alors l’unité du peuple? Nous ne vivons plus en commun, mais les uns à côté des autres. De plus, la gauche voudrait déléguer notre souveraineté à l’Union européenne. Et elle ose venir faire des leçons de patriotisme ?

    La gauche exige la liberté d’expression pour elle, mais la refuse à ceux qui n’ont pas ses postulats, elle rejette toute violence commise au nom de l’inégalité, mais l’absout lorsqu’elle est commise au nom de l’égalité.

    Bernard Erlicz

    Av. du Général-Guisan 34

    1700 Fribourg

  • Les autorités fédérales, tétanisées par le camarade Blocher et ses séides, lâchent de plus en plus les intérêts du peuple suisse.

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