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La mauvaise aide à la presse

La commission du Conseil des Etats veut faire des économies mais choisit un mauvais critère

icone auteur icone calendrier 25 mai 2007 icone PDF DP 

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Seuls les journaux  régionaux  tirant à moins de 40’000 exemplaires continueront de bénéficier d’un tarif postal préférentiel. Cette  proposition d’une commission du Conseil des Etat s’oppose à la récente décision du Conseil national qui entend maintenir l’allègement des frais de distribution aux grands titres: en abandonnant l’aide généralisée, la Confédération économiserait 50 millions; mais la diversité de la presse, donc la pluralité des opinions, serait sauvegardée.

L’idée d’aider les petits régionaux et de laisser se débrouiller les grands groupes de presse est d’apparence séduisante. Elle suscite cependant  de sérieuses réserves. Le chiffre du tirage n’est ni un gage de santé financière, ni un critère de qualité. Certains titres régionaux se portent très bien malgré un contenu journalistique misérable qui n’apporte rien à la diversité de l’opinion. Des journaux de grande tenue sont parfois en difficulté financière, du fait même de l’importance et de la rigueur qu’ils accordent à leur contenu.

Pour faire le choix entre les titres qui méritent  un soutien et les autres, la commission du Conseil des Etats fixe le chiffre de 40’000 exemplaires. La mise en œuvre de cette règle aboutirait à des absurdités. Ainsi Le Nouvelliste (43’000 exemplaires) n’aurait droit à rien, alors que La Liberté (38’000 exemplaires) aurait un tarif postal préférentiel. Quel serait le sort réservé à L’Express et L’Impartial qui, fusionnés, dépassent légèrement le tirage fatidique? Pour garantir la libre formation des opinions, ne vaut-il pas mieux soutenir Le Temps (46’000 exemplaires) que La Côte (11’000 exemplaires)?

La décision du Conseil national a le mérite d’éviter ce tri arbitraire. Elle a en outre, et heureusement, supprimé le  subventionnement aux gratuits à grand tirage de Coop, Migros et du TCS.  Mais une aide généralisée et  sans condition  reste choquante. Elle a été prise faute de mieux. Un projet d’aide directe soumise à un certain nombre de conditions qualitatives a été balayé, par crainte, injustifiée, d’une menace de l’Etat  sur la liberté de la presse. La loi sur la radio et la TV impose des conditions pour obtenir une subvention et même une fréquence. Ces médias ne sont pas moins libres que la presse écrite.

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