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Le PS en échec à Zurich… et ailleurs en Suisse?

Les élites urbaines désertent-elles le PS?

icone auteur icone calendrier 17 avril 2007 icone PDF DP 

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Lourde défaite du Parti socialiste aux élections cantonales zurichoises. Les connaisseurs de la scène de la Limmat pourront disserter sur la configuration locale, les mérites des uns, les erreurs des autres et sur les diverses tendances qui se partagent la gauche démocratique, pour en tirer analyses et arguments. Peut-être que nous assistons nous aussi à l’émergence d’un mouvement de fond: les élites urbaines se détachent progressivement du PS.

Un noyau dur de fonctionnaires et de syndicalistes, souvent fédéraux, en caricaturant, des postiers et des cheminots encadrés par des instituteurs et des professeurs, formaient jusqu’aux années septante du siècle passé le socle militant du parti socialiste. L’électorat était à l’image du parti, des salariés et des retraités, souvent modestes, mais très intégrés et bénéficiant au fur et à mesure des retombées de la prospérité ambiante.

Changement de décor depuis trente ans: le monde économique se transforme, les métiers très qualifiés du tertiaire se développent fortement, le parti socialiste est pris d’assaut par les jeunes universitaires et son électorat s’étend peu à peu à cette nouvelle catégorie aux contours flous que la terminologie à la mode a successivement désignée comme les «nouvelles classes moyennes», les yuppies, les bobos ou plus simplement les «urbains», des gens bien formés, souvent bien payés, gros consommateurs de prestations culturelles, de crèches et de garderies pour les enfants, domaines où le PS est très présent.

Mais ces «urbains» – qui peuvent habiter hors des villes d’ailleurs – sont sans doute moins sensibles aux valeurs traditionnelles de solidarité et de sécurité sociale véhiculées par la gauche démocratique et plus libéraux en économie. Une partie d’entre eux, de plus en plus importante semble-t-il, a déjà basculé chez les Verts, qui offrent sans doute une image plus libertaire, moins contraignante, plus individualiste et donc «moderne». A Zurich les écologistes, avec leurs deux tendances, les libéraux et le «canal historique», si cette métaphore corse peut être utilisé ici, offrent un large choix aux urbains.

Le parti socialiste, au-delà des circonstances locales qui peuvent nourrir succès ou échecs ponctuels, court le risque de se replier peu à peu sur son noyau dur de la fonction publique, après avoir perdu une partie de l’électorat populaire tirée par l’UDC et une fraction des élites urbaines aspirées par les verts de toutes obédiences. Ce n’est qu’une hypothèse bien sûr, mais elle ne nous semble pas totalement absurde.

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