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Branle-bas général contre le prix des médicaments

Le patron d’Helsana relance un débat utile

icone auteur icone calendrier 14 avril 2007 icone PDF DP 

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Le patron d’Helsana, la plus grande caisse maladie de Suisse, veut casser le système. Le prix des médicaments remboursés par l’assurance de base est fixé par l’Office fédérale de la santé publique. Helsana propose que les caisses négocient les prix directement avec les fabricants et les distributeurs.

Les médicaments sontde 20 à 30% plus cher en Suisse que chez nos voisins. Plusieurs correctifs sont à l’œuvre pour atténuer ce triste record. L’utilisation des génériques progresse rapidement, stimulée par un doublement de la participation financière des patients pour les médicaments originaux. Une modification de la loi sur les médicaments veut alléger la facture pour les hôpitaux. Des pressions s’exercent pour autoriser les importations parallèles. Ces remèdes, administrés ou proposés, ne sont pas suffisants pour le patron d’Helsana. Manfred Manser a l’habitude de tirer tous azimuts: contre les médecins et les hôpitaux, contre les pharmaciens par des rabais sur les médicaments vendus par correspondance. Il voudrait maintenant se substituer à l’OFSP qui, selon l’article 52 de la LAMAL, fixe le prix des médicaments. Pour Manser, la concurrence exercée par les caisses serait plus efficace que la réglementation des prix par l’Etat.

Pour déterminer des prix économiquement corrects, l’OFSP respecte les règles de l’Ordonnance sur les prestations de l’assurance obligatoire. L’Office doit notamment tenir compte des prix appliqués dans des pays comparables, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas. L’exercice est régulièrement contesté. Les prix suisses restent trop élevés. L’autorité politique, ficelée par la réglementation, ne fait pas le poids face au puissant lobby pharmaceutique. Cependant, le remède proposé par Manfred Manser ne trouve guère de soutien. Pour le surveillant des prix, interrogé par le Tages Anzeiger des prix négociés par 87 caisses maladie provoqueraient un véritable foutoir. Rudolf Strahm suggère que l’OFAS fixe les prix à la sortie de la fabrique plutôt qu’au niveau de la vente au détail.

On peut aussi se demander quel serait le pouvoir de négociation des caisses maladie. La loi les oblige de rembourser tous les médicaments inscrits dans la liste des spécialités. Elles n’ont donc pas la possibilité d’écarter les produits d’un laboratoire qui refuserait des rabais. Elles pourraient certes tenter d’influencer l’achat de médicaments en offrant des rabais aux assurés. Les patients seraient peut-être tentés de réclamer à leur médecin des prescriptions avantageuses. Les médecins n’accepteraient pas cette incursion des caisses dans la manière de traiter un malade.

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