Il y a trois ans, le gouvernement cantonal zurichois supprimait les leçons d’histoire biblique du programme des écoles primaires. Officiellement pour faire des économies. Mais, dans les faits, l’enseignement dans l’école laïque de la religion dominante faisait problème. La société, autrefois relativement homogène, devient cosmopolite. Elle compte un nombre grandissant de non chrétiens, de musulmans, d’athées ou d’agnostiques. Les militants chrétiens ont réagi et recueilli facilement 50’000 signatures pour une initiative réclamant le retour à l’école de l’histoire biblique.
Les guerres de religions sont les plus sanglantes. Les Zurichois sont parvenus à trouver une solution pacifique est novatrice. L’enseignement de la religion, obligatoire pour tous, ne sera pas propagateur de la foi. Il montrera l’importance qu’a exercé – et qu’exerce encore – la religion dans la culture de chaque société. Priorité sera donnée au christianisme, qui a façonné l’histoire européenne. Mais les autres religions ne seront pas ignorées. Cet apprentissage de la différence devrait contribuer à désamorcer les réactions de type xénophobe. Une connaissance, même élémentaire, de l’islam, devrait combattre l’hostilité à l’ouverture de mosquées et permettre d’éviter l’amalgame entre cette foi et le terrorisme. La présentation de la différence ne saurait passer sous silence l’athéisme et l’agnosticisme. Le canton offrira une formation complémentaire aux instituteurs et institutrices pour leur permettre de mettre en pratique ce programme exigeant. Des enseignants qui devront savoir mettre entre parenthèse leurs propres convictions.





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