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Des sondages au service de la démocratie

Les sondages Vox fêtent ce mois leur trentième anniversaire. Ces analysea viennent utilement
compléter les commentaires des soirs de votations, partisans et
hypothétiques.

L’incessante ronde des sondages, qui outre Jura rythme la campagne électorale, ne procure guère de valeur ajoutée au débat politique. Le harcèlement de l’opinion répond d’abord au besoin de nouveauté dont se nourrissent les médias.

Ce reproche ne vaut pas pour les sondages Vox qui fêtent ce mois leur trentième anniversaire. Après chaque votation fédérale, un millier de personnes aléatoirement choisies sont interrogées par l’Institut de recherche sociale pratique (GfS). Les variables relevées – caractéristiques  sociodémographiques, préférences politiques, connaissance des objets en jeu, motivations du vote – permettent aux politologues des universités de Berne, Genève et Zurich de dresser à tour de rôle un portrait nuancé de l’électorat : qui a voté quoi et pour quelles raisons ? Cette analyse vient utilement compléter les commentaires des soirs de votations, partisans et hypothétiques. A titre d’exemple c’est grâce à cette analyse que l’on a pu attribuer le court rejet de la première initiative anti-nucléaire à 10% de l’électorat qui, en glissant un non dans l’urne, croyaient refuser les centrales atomiques. Les sondages Vox indiquent aussi aux partis dans quelle mesure leurs mots d’ordre ont été suivis par leurs troupes. Et au-delà de l’actualité  immédiate, les analyses Vox contribuent à une meilleure connaissance du comportement politique sur la durée.

Cet outil, indispensable aux autorités, aux états-majors de partis mais également aux citoyens curieux, a pourtant été accueilli avec méfiance par l’officialité qui craignait les manipulations et une violation du secret de l’urne. Il a fallu attendre dix ans pour que la Confédération assume sa part des coûts de ces enquêtes. Pour obtenir des résultats plus précis et détaillés, il faudrait plus de moyens. En effet, si la participation est faible, la part des votants dans l’échantillon baisse et les informations livrées par des segments trop peu nombreux de cet échantillon ne sont pas statistiquement significatives. Ces lacunes concernent déjà l’électorat démocrate-chrétien  et pourraient bientôt toucher les citoyennes et citoyens proches des radicaux. Une rallonge budgétaire de 100’000 francs permettrait de remédier à ces lacunes. Est-ce trop demander pour rendre plus transparent l’exercice de la démocratie directe?

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