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Genève: à qui la culture?

La guéguerre pour la culture risque bien une
fois encore d’occulter l’indispensable réorganisation d’une agglomération urbaine où cohabite
mal un canton et une commune qui rêve toujours de sa grandeur passée, à
l’époque où elle représentait à elle seule la République de Genève.

icone auteur icone calendrier 12 mars 2007 icone PDF DP 

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Avis de tempête sur la scène culturelle genevoise. Le Conseil d’Etat, préoccupé par le rétablissement de l’équilibre des finances cantonales, désire se défaire de ses tâches culturelles au profit de la Ville de Genève. Pour le canton, le gain financier n’est pas très lourd – une vingtaine de millions de francs – mais bon à prendre quand on sait ses problèmes budgétaires.  Quant à la Ville, elle joue historiquement le premier rôle sur ce terrain – le Grand Théâtre, le Victoria Hall, la Comédie notamment relèvent de ses compétences – ce que traduit un budget culturel qui dépasse largement les 200 millions.

Le chef du Département de l’instruction publique, minoritaire au sein du collège, n’est pas content de perdre ce secteur. Les milieux culturels protestent, craignant à la fois de ne plus dépendre que d’un seul magistrat et de voir diminuer leurs subventions. Par contre la Ville et son ministre en charge de la culture devraient se réjouir. Contrairement au canton, la Ville ne manque pas d’argent, grâce à la répartition intercommunale de l’impôt sur le revenu des personnes physiques basée sur le lieu de travail du contribuable. Et cette exclusivité culturelle ne manquera pas de renforcer encore la suffisance de magistrats municipaux portés à se croire à la tête d’une capitale mondiale.

Cette guéguerre, si elle fait la joie des gazettes, risque bien une fois encore d’occulter un problème bien plus important. Celui de l’indispensable réorganisation d’une agglomération urbaine où cohabitent mal un canton et une commune qui rêve toujours de sa grandeur passée, à l’époque où elle représentait à elle seule la République de Genève. Cette époque est révolue. Genève, ce territoire de 460000 habitants, n’est plus qu’une seule ville. Seulement le canton est à même d’assumer les fonctions communes à cette grande agglomération, les tâches culturelles notamment. Quant aux communes, qu’elles cessent de vouloir concurrencer le canton pour se consacrer efficacement aux tâches de proximité. Cette réorganisation passera bien sûr par une redistribution complète des ressources financières au profit du canton. Une tâche dont devra se saisir en priorité la future Assemblée constituante.

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