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Ségolène Royal se trompe sur Calida

La candidate socialiste à la présidence de la République française critique à tort l’actionnariat de Calida.

icone auteur icone calendrier 1 mars 2007 icone PDF DP 

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Les propos sont passé inaperçus et n’ont pas été repris par les médias. Le 19 février sur TF1, lors de l’émission J’ai une question à vous poser, Ségolène Royal a cité une seule entreprises, Aubade, le fabricant de lingerie de sa région Poitou-Charentes racheté par Calida, qui veut délocaliser une partie de la production en Tunisie. La candidate du PS a bien sûr stigmatisé les « patrons suisses » et de manière plus confuse et obscure les « fonds de pensions » qui détiendraient Calida.

Domaine Public a déjà publié un article sur Calida en juin 2006 après l’acquisition d’Aubade. Nous avons vérifié la situation actuelle de l’actionnariat. Le capital action de la Holding Calida qui détient Aubade à 100% se monte à une valeur nominale de 18,45 millions de francs réparti en 369’000 actions. La valeur boursière de la holding est de 161 millions de francs au 31 décembre 2005, selon le rapport Corporate Governance publié en 2006.

L’entreprise reste largement familiale puisque différents membres de la famille Kellenberger détiennent 47,6% des actions. Un actionnaire privé, Marco Vögele, a détenu 12,2% actions jusqu’en 2005, mais sa part actuelle est descendue au-dessous de 5%. D’ailleurs en-dehors de la famille Kellenberger, aucun actionnaire ne détient plus de 5% des actions. Il est bien sûr possible que des caisses de pension détiennent des actions de Calida, entreprise profitable et bien gérée, mais aucun investisseur institutionnel n’est en position d’exercer un contrôle sur cette société.

En parlant de fonds de pension au sujet de Calida, Ségolène Royal a donc commis une erreur qui n’est pas très grave mais qui traduit cette étrange propension des élites françaises à diaboliser  les retraites par capitalisation et à ignorer d’une manière générale tout ce qui a trait de près ou de loin aux marchés financiers.

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Discussion

  • 1
    Michèle says:

    Diaboliser avez-vous dit?

    Il me semble constater la même diabolisation de votre part à l’égard d’une candidate féminine que l’ensemble des médias masculins. La lecture de DP de juin 2006 sur Calida et le système de capitalisation suisse lui aurait échappé ? Les profondes atteintes du candidat Sarkozy à la Constitution (s’immiscer dans la justice, invectiver lui-même le Parlement s’il est élu…) sont naturellement moins perceptibles en Suisse.

  • 2
    olympe de gouges says:

    Egalité

    Lors que le nombre d’incapables dotés d’attributs sexuels mâles sera dépassé par la bienveillance féminine et féministe, nous pourrons, dès ce jour si lointain, nous gausser des limites des uns et surtout des autres. L’accablement macho-médiatique à l’égard de toute velléité politique féminine en dit long sur l’angoisse qui sourd au fond des profondes forêts masculines.

  • Je partage l’irritation concernant le traitement machiste réservé à Ségolène Royal par les médias, mais la question des femmes et du pouvoir est un peu plus complexe que ne semblent le suggérer mes «préopinantes». Madame Royal, femme lancée à l’assaut du pouvoir, défend les intérêts d’une entreprise, Aubade, qui nous abreuve de publicités sexistes invitant les femmes à investir pleinement leur rôle de «repos du guerrier». Aucun rapport? Voire. On ne comprendra jamais rien aux mécanismes du sexisme politico-médiatique si on ne s’intéresse pas au climat symbolique général dans lequel baigne notre société.

  • 4
    Jacques Guyaz says:

    Je m’étonne de la virulence des réactions à mon article. Les mots ont-ils encore un sens? J’en douterais presque. Je ne vois pas en quoi mon papier serait entaché de machisme ou d’anti-féminisme. J’écris que l’erreur de Mme Royal «n’est pas très grave» et je m’en prends ensuite aux «élites françaises». Celles-ci ne sont pas composées que de femmes que je sache. Alors où est le problème

  • 5
    Michèle says:

    Si tu ne vas pas à Lagardère…

    Les différents niveaux d’analyse de la précédente intervenante Romana, et ses doux mélanges sont surprenants. Même les plus machistes n’auraient pas osé associer une candidate au « repos du guerrier » sous prétexte qu’elle vend des sous-vêtements. Les marchands d’armes qui détiennent les médias, vendent eux des cerveaux disponibles à coca-cola… ils font des dégâts plus sournois, plus difficiles à déceler visiblement.

  • Courage M.Guyaz!

    Il est intéressant de voir qu’un simple article de caractère plutôt informatif et rectificatif peux susciter autant de réactions venimeuses. C’est dommage…

Les commentaires sont fermés.