Normalement, en sport, une sélection nationale rassemble l’élite des joueurs, ceux qui s’imposent dans leur club tout au long de l’année. Dans le football suisse, les meilleurs, c’est logique, évoluent tous à l’étranger. Les salaires y sont plus élevés, les clubs drainent plus de spectateurs et le prestige des championnats des grands pays est incomparable. Léger bémol toutefois, la quasi-totalité des membres de l’équipe nationale sont en général remplaçant dans leur club, n’y évoluent qu’épisodiquement et n’ont donc guère l’occasion d’acquérir l’expérience et la régularité indispensable. Alex Frei à Dortmund et, dans une certaine mesure, Philippe Senderos à Arsenal sont les plus notables exceptions.
Or deux joueurs suisses sont titulaires dans leur équipe et y disputent quasiment tous les matchs : Fabio Celestini, à Getafe en Espagne, et Blaise N’Kufo, actuel deuxième meilleur buteur du championnat des Pays-Bas à Twente Enschede. Le problème, c’est que Celestini a renoncé à jouer en équipe nationale, car barré en permanence par Johann Vogel, et Blaise N’Kufo s’est brouillé avec le sélectionneur Köbi Kuhn qui voulait le confiner sur le banc des remplaçants…
Le réservoir du football helvétique est-il à ce point rempli de bons joueurs que l’on puisse sans problèmes se passer des rares éléments qui sont titulaires indiscutables dans des championnats d’un niveau infiniment plus élevé que le nôtre ? Poser la question, c’est y répondre.





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