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Big Brother Awards : Un prix pour défendre la sphère privée

icone auteur icone calendrier 1 décembre 2006 icone PDF DP 

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Comme
chaque année en novembre, voici les «Big Brother Awards», décernés aux
entreprises, personnes ou institutions s’étant «distinguées par leur
mépris du droit fondamental à la protection de la sphère privée ou par
leur promotion de la surveillance et du contrôle de personnes». Les
trophées sont des blocs de bétons que les lauréats ne sont jamais venus
chercher. Les sponsors, puisqu’ils se désignent ainsi, sont, la Rote
Fabrik
, Sudhaus, la WOZ ou encore UNIA et Comedia avec Le Courrier
comme antenne romande.
Cette année le prix de la catégorie «Etat» a été décerné au Conseil
fédéral pour des mesures de renforcement de la Loi fédérale visant au
maintien de la sûreté intérieure (LMSI, RS 120). Ce projet prévoit,
selon le jury, une atteinte grave aux droits fondamentaux : mise sur
écoute téléphonique, perquisition secrète d’un système informatique,
perquisition secrète et pose de micros cachés dans des appartements,
tout cela sous le couvert d’une «enquête préventive», sans soupçon
concret ni contrôle juridictionnel. Parmi les viennent-ensuite, on
trouve la Banque nationale qui aurait transmis des données de clients à
la société de compensation de Swift qui aurait autorisé à son tour leur
consultation par les fonctionnaires états-uniens… (dossier du Préposé fédéral à la protection des données).
Dans la catégorie «business», le premier prix revient à l’assurance
CSS
. De nombreux collaborateurs ont eu accès à des données sensibles de
leur clientèle normalement réservées au médecin-conseil et contenant
des diagnostics médicaux. En juin 2006, le Préposé fédéral à la
protection des données a ouvert un « établissement des faits dans le
cas CSS
» et l’Office fédéral de la santé publique a même déposé plainte
contre la caisse d’assurances.
Dans la catégorie «Lieu de travail», le bloc de béton a été attribué à
la filiale de Dietikon (ZH) de Media-Markt qui a fait surveiller
systématiquement ses employés dans toutes les surfaces de l’entreprise,
toilettes comprises. Avec le soutien du syndicat UNIA, les employés ont
néanmoins obligé la direction à respecter les directives du Préposé
fédéral à la protection des données.
L’aspect très alémanique des «Big Brother Awards» empêche sa
médiatisation en Suisse romande. Mais pourquoi les organisateurs ne
décerneraient-ils pas chaque année un prix «spécial Suisse romande» ?
Les exemples de violation de la sphère privée ne manquent sûrement pas
chez nous.  
jg


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