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Edito : L’insécurité sociale

icone auteur icone calendrier 1 décembre 2006 icone PDF DP 

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«La prévoyance professionnelle conjuguée avec l’assurance vieillesse, survivants et invalidité permet à l’assuré de maintenir de manière appropriée son niveau de vie antérieur». Parole de Constitution fédérale. Mais jusqu’à quand cette parole vaudra-t-elle ?

Entre la baisse du taux d’intérêt auquel sont rémunérés les avoirs des assurés et les réductions successives du taux de conversion, les futurs retraités vont voir fondre leurs rentes. Ainsi, avec le taux de conversion fixé à partir de 2011, les salariés qui débutent leur carrière professionnelle doivent s’attendre à une diminution de 30% de leurs rentes par rapport à ceux qui ont pris leur retraite avant 2004.

Cette inégalité de traitement entre générations mine la crédibilité de la sécurité sociale. Déjà une majorité de jeunes doutent de la pérennité de l’AVS. Les incessantes modifications à la baisse des règles de calcul des rentes de la prévoyance professionnelle ne peuvent que renforcer leur méfiance.

Certes, dans un système de capitalisation, le montant de la rente dépend des avoirs accumulés durant la vie active, des intérêts servis sur ces avoirs et de l’espérance de vie de l’assuré. Mais l’opacité qui préside au calcul de ces différents paramètres autorise le doute quant à la pertinence des décisions prises. Ce n’est pas un hasard si, à part l’UDC qui systématiquement appuie la baisse des prestations sociales, seules les compagnies d’assurance ont exprimé leur satisfaction.

Au-delà du débat sur les taux de rémunération et de conversion, le rétablissement de la confiance dans le deuxième pilier exige deux réformes.

Tout d’abord réserver la gestion des avoirs de la prévoyance professionnelle aux seules fondations sans but lucratif. Aujourd’hui les compagnies d’assurance gèrent les cotisations de 1,2 million d’assurés – salariés de petites et moyennes entreprises. Mais le coût élevé et le manque de transparence de cette gestion laissent penser qu’une partie des bénéfices échappe aux assurés.

Ensuite pousser à la concentration des caisses autonomes. Si ces dernières garantissent une gestion plus transparente et un contrôle des assurés, trop nombreuses sont celles dont la taille est trop restreinte pour assurer une gestion efficace des capitaux qui leur sont confiés.

A elles seules, ces deux réformes amélioreraient sensiblement le rendement des avoirs des assurés. De quoi rendre superflues les réductions de rentes préconisées par le Conseil fédéral.

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