Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963
Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant, différent, réformiste depuis 1963

Transports: Le rail, la route et les chiffres

La
Confédération a fait tout juste en matière de politique des transports.
C’est du moins ce qu’elle lit dans la plus récente analyse des coûts,
avantages et financement des trafics ferroviaire et routier.
Interprétations divergentes probables.

«Le contenu du présent rapport n’engage que les auteurs chargés de
l’étude». Ils savent donc à quoi s’en tenir, les experts des bureaux
Infras (Zurich), Ecoplan (Berne et Altdorf) B, S, S. (Bâle) et IRE
(Lugano), tous signataires d’une partie des quelque 650 pages composant
les six rapports récemment diffusés sur les transports terrestres.
Cette «première vue d’ensemble des coûts, avantages et financement des
transports routiers et ferroviaires» a été prise à la double demande de
l’Office fédéral du développement territorial (are) et de l’Office
fédéral des routes (ASTRA), appuyés par l’Office fédéral de la
statistique
, qui présente son premier compte consolidé pour les deux
modes de transports envisagés.

Les bureaux précités n’ont pas trop de souci à se faire, ni pour la
clause de distanciation, ni donc pour la suite de leur carrière de
mandataires. Car la Confédération se félicite du résultat de leurs
études, qui «confirme la politique suisse des transports».

De fait, les experts établissent, par une méthodologie adéquate pour
autant qu’on en puisse juger, un constat plutôt inattendu, en forme de
coïncidence à la fois troublante à première vue et politiquement
opportune pour la suite des discussions. En bref : la route fait aussi
bien que le rail. Le trafic motorisé, tous véhicules confondus, couvre
92% des coûts générés, directs et externes, soit pratiquement la même
proportion que le chemin de fer (93%). On vous l’avait bien dit,
clament les clubs d’automobilistes et les organisations de camionneurs.
Les coûts externes demeurent sous-évalués, soupçonnent les écologistes.
Le Conseil fédéral espère passer entre deux et imposer la troisième –
et dernière – augmentation de la taxe poids lourds prévue pour 2008. Le
débat s’annonce chaud, chiffres contre chiffres, sur fond notamment de
tonnes-kilomètres, de certificats d’émissions, d’arbres couchés, de
sols alpins sensibles, d’accidents de la circulation et, dès la
parution d’un rapport complémentaire attendu pour le printemps
prochain, d’embouteillages en ville.

La question du mode de financement attirera une fois de plus
l’attention des parlementaires. Tandis que les coûts du trafic routier
sont à 91% couverts par les usagers eux-mêmes, via leurs dépenses
courantes et le payement de taxes et d’impôts affectés, les budgets
ferroviaires sont alimentés par la clientèle à raison de 66% et par
l’Etat pour 30%, au titre d’indemnités pour prestations générales.
Restent à la charge de la collectivité : 9% pour la route (5,7
milliards) et 4% pour le rail (400 millions).

Face aux coûts, dont la structure et la couverture n’ont pas fini de
susciter des commentaires, les avantages des transports terrestres font
l’objet de calculs moins discutés. Et pourtant : les contributions au
PIB et à l’emploi apporté par la route et le rail méritent qu’on s’y
arrête, dans la mesure où elles sont, comme prévu, très inégales. En
2001, la création de valeur par les transporteurs eux-mêmes (effets
directs) ou par leurs fournisseurs (effets indirects) ascendait à 46,1
milliards de francs pour le trafic routier et 6,35 milliards pour le
chemin de fer. Le premier représentait 10.6% du PIB et 6,9% de l’emploi
en Suisse, tandis que le second contribuait tout juste à 1,5% du PIB
comme de l’emploi. Ces chiffres et pourcentages confirment l’importance
des transports – et plus largement de la mobilité – dans l’économie
nationale, où ils pèsent plus lourd que nombre de branches
industrielles ou tertiaires

Une trentaine d’années après la fameuse «Conception globale des
transports» et la création du bureau Infras, cette «première vue
d’ensemble» innove moins par la consolidation de coûts et avantages que
par la prise en compte de risques pour l’environnement jusqu’ici non
chiffrés. Information supplémentaire bienvenue, gage d’une crédibilité
accrue dans un domaine où cette qualité fait trop souvent défaut.
   

yj

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Indépendant et différent depuis 1963
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Newsletter gratuite chaque lundi: les articles, le magazine PDF et l'eBook
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9295
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9295 - Merci

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Articles par courriel

Flux RSS

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.
Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).
Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook. Je m'abonne

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus). Je m'abonne

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site. Je m'abonne
Les commentaires sont fermés.

Accueil

Les auteur-e-s

Les articles

Les publications

Le Kiosque

A propos de DP