Le
Conseil fédéral et Pascal Couchepin s’étaient donné un devoir ambitieux
: réformer l’AI et assurer son financement. D’où deux lois, l’une sur
les structures de l’assurance, l’autre sur ses ressources.
Le débat s’est déroulé dans un climat détestable, c’est-à-dire un
chantage permanent. Si vous voulez que le peuple accepte la demande de
financement (0,8 point de TVA), il faut prouver que les économies sont
possibles. Celles-ci obtenues, et même anticipées, (les octrois de
rente ayant sensiblement baissé avant l’entrée en vigueur de la
nouvelle loi !) personne ne veut prendre la responsabilité du
financement. Laissons la nouvelle loi déployer ses effets. On verra
plus tard. Débandade générale.
Pendant ce temps, la loi sur l’AI est contestée par référendum. Lancé
par des associations de handicapés, mais pas par les associations
faîtières, soutenu par l’extrême gauche et des sections cantonales du
PS, mais pas par les centrales. S’il aboutit, la loi sera défendue par
le Conseil fédéral et la droite au nom de la lutte contre les «z’abus»
; démasquer les faux handicapés, pour mieux aider les vrais. Musique
connue.
La solution politique serait d’offrir en échange du durcissement de la
loi au moins son financement. Le référendum pourrait être désamorcé si
l’AI, dont l’efficacité dépend plus de son application que des articles
de loi, voyait ses ressources assurées.
Cette contre-offensive propre à renforcer l’institution exigerait
simplement que les groupes politiques mettent à l’ordre du jour la loi
de financement que le Conseil fédéral a adressé au parlement. Mais tous
caponnent. Pascal Couchepin joue les derniers de cordée. Qu’on les
mette tous à l’AI pour invalidité politique.


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