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Edito : Isoler l’UDC

icone auteur icone calendrier 20 octobre 2006 icone PDF DP 

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Lors
des récentes élections communales en Belgique, la progression
inquiétante du «Vlaams Belang» a connu un coup d’arrêt dans certaines
villes, particulièrement à Anvers, fief des nationalistes xénophobes.
La recette ? Les magistrats locaux se sont refusés à croiser le fer
avec le «Vlaams Belang», privilégiant le contact direct et continu avec
la population et des réalisations concrètes tels qu’investissements et
travaux d’embellissement, visibles par la population.

En Suisse, gouvernement et parlement œuvrent certes sur un terrain
moins immédiatement concret. Et pourtant l’exemple belge pourrait
inspirer les partis. La difficulté des formations politiques
helvétiques et de leurs élus à se mettre d’accord empêche l’émergence
de solutions à des problèmes tels que le financement durable des
assurances sociales, la maîtrise des coûts de la santé ou encore
l’immigration, pour ne prendre que ces exemples.

Ces blocages irritent la population quand ils ne favorisent pas son
désintérêt pour la politique. L’UDC est la seule formation qui tire son
épingle de ce jeu stérile, dénigrant systématiquement ses adversaires
et engrangeant les dividendes d’un mécontentement que par ailleurs elle
attise habilement.

On peut dénoncer l’arrogance et le mépris d’un parti qui use et abuse
de slogans réducteurs, qui manipule les chiffres sans vergogne, et
stigmatise tour à tour l’étranger, le chômeur, le musulman, coupables
de tous les maux du pays. On peut s’indigner des incessantes
provocations de l’un de ses représentants au Conseil fédéral, incapable
de jouer la partition de la collégialité. On peut regretter
l’affaiblissement d’une culture politique faite de tolérance et de
respect de l’adversaire.

Mais toutes ces dénonciations ne suffiront pas. Seule la preuve par
l’acte peut faire pièce au discours démagogique de l’UDC. Le temps est
venu d’ériger un cordon sanitaire autour de ce parti, de lui refuser
tout appui même occasionnel, comme n’ont pas su le faire les
socialistes à propos de la réforme de l’armée et radicaux et
démocrates-chrétiens au sujet de l’asile. Mais surtout ces formations
ont à apporter la preuve qu’elles sont capables de ficeler des
compromis constructifs, d’apporter des solutions aux problèmes qui
préoccupent la population, bref d’occuper le terrain politique qu’elles
abandonnent trop souvent aux vaticinations des nationalistes. Il leur
reste une année pour convaincre, faute de quoi les prochaines élections
fédérales se réduiront à un vain rituel et la pratique démocratique
continuera à se dégrader.   

jd

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