Marcel
Brun, fils d’un médecin zurichois connu, était né en 1928. Il vient de
mourir dans un village d’Allemagne orientale. A 21 ans, il était parti
travailler dans un kibboutz israélien. Il y avait découvert le magazine
allemand Weltbühne, paraissant en RDA, et en devint reporter libre.
C’est alors qu’il adopta le pseudonyme de Jean Villain. Depuis 1961, il
habitait dans cet Etat communiste et resta fidèle à la région après la
réunification. Mais cela ne l’empêchait pas de faire des reportages
dans le monde entier, y compris en Suisse. Il a fait connaître
également la littérature de notre pays dans cette partie de
l’Allemagne. Auteur de plusieurs livres, dont un consacré à une
lointaine parente, Johanna Spyri, la «mère» de l’immortelle Heidi. On
ne manquera pas de citer le recueil de reportages sur la Suisse, édité
à Leipzig en 1969, «printed in the German Democratic Republic», et
illustré par le photographe Jörg Hasler. Il n’existe malheureusement
qu’en allemand, ce qui fait que les Romands n’ont pas connaissance de
ces rappels de l’Helvétie pendant la Guerre froide, y compris lors d’un
«voyage dans le pays des rebelles rauraques». Son titre, Die Schweiz,
Paradise nach dem Südenfall (La Suisse, paradis après la chute).
Villain a aussi collaboré à la presse du Parti suisse du travail.
Ajoutons qu’il venait de terminer son autobiographie Reisen ohne
Rückfahrtkarten (Voyage simple course). Le quotidien bernois Der Bund a
signalé ce décès et avait consacré déjà un long article à Jean Villain
dans son supplément Der kleine Bund du 24 septembre 2005, il y a un
an.





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