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Edito : Bancassurance : Dix ans d’illusions

icone auteur icone calendrier 23 juin 2006 icone PDF DP 

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En
1997, Credit Suisse s’emparait de la compagnie d’assurance Winterthur,
prélevée sur la masse successorale de Martin Ebner, au prix de 14,2
milliards de francs, payés en échange d’actions surcotées. Moins de dix
ans plus tard, la banque se dessaisit d’une société jamais vraiment
intégrée mais remise en bonne forme, pour la somme de 12,3 milliards,
réalisant un joli bénéfice en capital de 2 milliards.
En moins de dix ans, la combinaison célébrée sous le nom de
bancassurance a fait place à un partage plus réaliste des tâches : à
chacun son métier financier. Dans le même temps, Winterthur a servi de
terrain d’exercice à des managers ambitieux et consultants d’obédiences
diverses, le tout en vue d’une introduction à la bourse à laquelle il a
été brusquement renoncé pour passer à la vente directe et immédiatement
profitable.
Les exigences de la globalisation des marchés et surtout les intérêts
de l’actionnaire principal l’ont emporté sur toute autre considération.
Et tant pis pour la ville dont la compagnie vendue porte le nom depuis
sa création il y a 131 ans. Avec 2 900 personnes occupées, la
Winterthur reste le principal employeur (et le plus gros contribuable)
de la place éponyme depuis l’effondrement de Sulzer. Une place où elle
a récemment investi onze millions dans la rénovation de son bâtiment
principal, où elle verse bon an mal an pour un million et demi de
subsides aux institutions culturelles. Pas de souci en revanche pour
Leonard Fischer, CEO de la Winterthur qui, lui, poursuivra sans doute
son ascendante carrière dans le giron de Credit Suisse.
La vente de la deuxième plus grande société d’assurance helvétique au
troisième plus gros groupe mondial, constitué il y a tout juste 24 ans,
a été négociée et arrêtée en trois mois ; elle devrait prendre plein
effet à la fin de cette année. Accélération des processus de décision
et vitesse d’exécution passent pour l’apanage de l’économie privée,
réputée a priori plus efficace que les pouvoirs publics, dans la mise
en œuvre de projets novateurs comme pour la correction d’erreurs –
celle de la bancassurance en l’occurrence.
De fait, les managers n’ont pas à régler des conflits d’objectifs ni à
effectuer de trop délicates pesées d’intérêt, au contraire des
autorités qui peinent à établir des priorités et plus encore à les
hiérarchiser. Les élus hésitent à choisir parce qu’ils n’osent pas
abandonner – acte impossible en système fédéraliste où les compromis se
font toujours par empilement, jamais par réduction.
Pour son malheur apparent, la politique tire sa dignité du respect de
la loi et des formes, du style et des délais. La démocratie a donc ses
lenteurs et ses détours, toujours préférables aux procédures
expéditives des régimes qui savent mieux trancher que
réfléchir.         yj

Réaction

Un bénéfice ? – (Claude Joseph) – 27.06.2006

Cher DP,
Soit je ne comprend rien à l’économie… soit, il y a une erreur dans les chiffres mentionnés dans l’Edito du 23 juin.
Comment une compagnie, en l’occurence le Crédit Suisse, qui acquiert
une entreprise pour le prix (apparemment surfait , actions surcotées)
de 14.2 milliards et la revend 10 ans plus tard, après l’avoir remise
en forme, pour le prix de 12.3 milliard peut avoir réalisé un bénéfice
de 2 milliards?
Je vous serais reconnaissant d’éclairer ma lanterne.


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